CAPITULUM LXV
DE JURAMENTIS \
1 . Placita tores vero ponebant in misericordia simplicem populum, quoniam absque precepto justicie genua sua flectebant venientes ad juramenta sua. Gum igitur, genua flectentes, se audissent accusari de afflexione genuum, surgebant ; placitatores vero eos accusabant, quoniam surrexerant ^ absque precepto justicie, et ita clericus justicie eos in pellicula sua scribebat in misericordia.
* Ille qui dux est, scilicet rex Gallie
1 Non accusent. — BB. inaccusent. — Texte français : « Li senechaus fu coreciez, si commenda que li sergent le duc, qui doivent lealment mener le pueple, n'acusent pas les genz deslealment ; » Marnier, p. 47, 1. 8.
2 La rubrique complète de ce chapitre est dans le ms. BB. : De jureors et juramentis. 11 a paru utile de supprimer les mois jureors et, pour éviter de réunir dans un même intitulé des expressions françaises et latines.
3 BB. surre^erunt. — Texte français : « Li pledeeur les acusoient derechief de ce que il s'estoient levé sanz le commandement a la jostice ; » S. G., p. 226, col. 2 ; Marnier, p. 47, 1. 18.
4 Ce membre de phrase se retrouve dans la version française :
« Il soit mis en prison, tant que cil qui est dus Je délivre, ce est li rois de France; » Marnier, p. 47, 1. 11 ; mais l'emploi de l'expression rex Gallie indique une explication ajoutée après coup.
2. De hoc dixit Normannus d'Orgierville, quod ipse tantiim vixerat ut videret ^ ludere in curia domini Régis ad Bernardum Beccantem ^ , sicut pueri ludentes dicunt^ : « Bernarde, surge ; » qui, nisi cito surrexerit, in facie intingetur. Eodem modo scribit clericus in pellicula ; intingit populum simplicem injuste ^ in misericordia.
3. Ad hujusmodi^ occasiones devitandas, [senescallus] jussit placitatores ita injuste judicantes poni in prisionem Régis, donec redderent ei ultimum catallorum suorum quadrantem, etamodo intervicinos suos infidèles haberentur.
1 Vixerat ut videret. — BB.
luderat et viderai. — Texte français : <c De ce dist Normanz d'Ogiervile que il avoit tant vescu que il veoit joer en la cort le roi a Bernart le Beccant ; » Marnier, p. 47, 1. 20.
2 <c Beccant » paraît être de la même famille que les mots « begas, > « begaud, » (E. et A. Duméril, Dictionnaire du patois normand, Caen, 1849, p. 34, col.
1, v» begas), « begard » (G. Métivier, Dictionnaire franco-normand, Londres, 1^10, p. 56, v»
begas), qui ont encore dans le patois normand le sens de maladroit, niais, sot. On trouve ce mot employé comme nom propre dans un article du grand rôle de 1198 :
« De Roberto Beccan V. pro eodem» {MagniBot. Scacc, t. II,
3 BB. dicentes ludunt.
■* Le ms. BB. porte injussit.
5 BB. cujus, — Ce paragraphe commence ainsi en français : « Por eschiver tex acheisons, commanda li senechaus qe li pledeeur...; »
Marnier, p. 48, 1. 3.