XL
4° Enfin il transforme le c primitif devant e et i ainsi que le t primitif suivi de e ou de i en hiatus en ch dans les cas où ces sons donnent naissance en français à un ç (s).
L'examen de la version de Sainte-Geneviève à ces divers points de vue permet de constater qu'elle ne présente aucun des caractères typiques du dialecte normand.
D'une part le vocalisme de ce texte, sauf une ou deux formes isolées, est entièrement français. En effet, la confusion des sons an et en^ et la prédominance de la diphtongue oi dans un grand nombre de mots et dans la conjugaison ne peuvent laisser aucun doute à cet égard, surtout quand on rapproche des leçons du ms. de Sainte-Geneviève les formes correspondantes d'Ambroise dans VEstoire de la guerre sainte^, qui, bien que
1 Voici des exemples de cette confusion :
« amander. XXXI. LV, 1. amendé. XIII, 1. LXXXII, 9.
amcheoir. XXXVI, 4. emcheoir. XXXVII, 2.
Angleterre. LXXII, 1. Englelerre. LXXI, 1.
atandra. V, 1. XLIII,2. atendra. LXII. 1.
commanda. LXV, 2. etc. commenda. LX, 3.
contanz. XXIII, 3. XXX, 2. conlenz. LXXVII, 7.
desfandre. LXXVIII, 6. etc. desfendre. LXXVIII, 4. etc.
encian. LXXII, 4. ancien. LXXXVHI, 2.
l'am. LXVIII, 2. l'em, l'en. V, 7. LXXII, 2. etc.
Normandie. LXXVII, 7. Normendie. LXXVII, 7.
presanz. LXXIX, 1. presenz. LXXIX, 4.
puissant. XVI, 3. puissent. XVI, 3.
requenoissanz. XX, 1. requenoissenz. XIX, 3.
serjanz. LXIV, 1. sergenz. LX, 2. etc.
tandra. XI, 2. etc. tendront. XXVIII, 1. tendra. L, 6. tendront. IX, 4. vandra. V, 4. XIV, 2. vendra. XXXII, 3- LXXXW àis.
vandre. V, 5. vendre. LVII, 8. XGI i>.
Ambroise distingue avec soin les sons an et en, qiii ne riment pas ensemble ; cependant il représente le pronom on indistinctement par l'am. Van et l'em comme le ms. de Sainte-Geneviève. G. Paris, VEstoire de la guerre sainte. Introduction, p. xxv et xxxii, n. 3. H. Suchier, Reimpredigt {Bibliotheca Normannica, I). Halle, 1879, p. 69.
2 Ambroise, l'auteur de ce poème, était vraisemblablement un jongleur originaire des environs d'Evreux, qui a écrit sans doute dans sa langue maternelle (G. Paris, op. cit., Introduction, p. x et xij). Les détails circonstanciés qu'il donne sur le combat du 23 juin 1192, oii les moindres incidents relatifs à Roger IV de Tosni sont mentionnés, semblent indiquer qu'il était attaché au service du châtelain de Couches, un des principaux seigneurs de TEvrecin : « Si i ert de Toeni Rogiers od grant plenté de chevaliers » {VEstoire de la guerre sainte, v. 4707-8, 6175-6, 10472 et s.).
d'une date antérieure, appartient à la même région de la Normandie ;
Ms. SG.
« avoirs. LXXXI, 1, 2.
borjois. V, 3. etc. doit, doivent. V, 7. XI, 1. etc.
droiture. XIX, 3. etc.
droiz, droit. XVII, 1. LXIII. etc.
orandroit. XI, 1. LXXXVIII, 2.
escheoite^escheoites. VIII, 3, 4. etc.
foires. XXXVI, 4.
Giefroi. LXVI.
bernois. LVI, 4.
loi. XV, 2. etc.
manoir. IX, 1. menoir. LXXIX, 5.
moi. LXXI, 4.
moitoierie. XX, 1.
noier {nier), noia. LIX. LXXXVI, 1 .
oirs, oir. V, 2. X, 1. etc.
oissi (mi). V, 6. oissues {issues).