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LES MANUSCRITS DU TRÈS ANCIEN GOUTUMIER DE NORMANDIE

La version française du Très ancien Coutumier de Normandie ou plus brièvement le Très ancien Coutumier de Normandie ne s'est conservée en entier que dans le manuscrit 1743 (précédemment F. fr. in-4<*, 2) de la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Trois autres volumes, les manuscrits latin 1426b et français 5959 de la Bibliothèque nationale et le manuscrit 22403 de la collection de sir Thomas Phillipps renferment aussi des fragments d'un abrégé de ce texte.

§ 1. Manuscrit de la Bibliothèque Sainte-Geneviève, n' 1743 (F. fr, in'4% 2)K

Volume de 158 feuillets de vélin de 228 millimètres sur 165 environ, écrits sur deux colonnes. Les réclames, à l'exception de quatre (p. 30, 46, 62, 78)2, et les

1 Marnier, Établissements et Coutumes, IntroductioD, p. xxvj. L. Delisle, Recueil de jugements de l'Echiquier de Normandie au xili^ siècle, 1207-1270. Paris, 1864, p. 252. Ch. Kohler, Catalogue des manuscrits de la Bibliothèque Sainte-Geneviève. Paris, 1893-96, t. II, p. 147.

2 On distingue encore l'extrémité de V du mot cil (p. 14).

chiffres des feuillets ont disparu au siècle dernier, lorsque le manuscrit a été relié de nouveau par les soins d'un bibliothécaire de Sainte-Geneviève. Les cahiers n'étaient vraisemblablement pas signés ^ ; mais les premiers feuillets de chaque cahier étaient cotés de a k d (p. 79-85, 113-119, 129-135, 269-275, 301-307), et ils sont aujourd'hui paginés. Plusieurs cahiers ont été lacérés : il manque en effet un feuillet au début, qui contenait le premier prologue du Grand Coutumier et le commencement de la table des chapitres; un entre les p. 96 et 972; un autre avant la p. 193^; un encore après la p. 256 et probablement deux à la fin ; il y a en outre avant la p. 177 une lacune dont il est impossible de mesurer exactement l'étendue.

Ce manuscrit, qui ne porte ni date ni indication de provenance, est de la fin du xiii^ siècle et probablement contemporain de Philippe le Hardi Il paraît bien être d'origine rouennaise^ et avoir été écrit en même temps

1 Les cahiers se composaient de 8 feuillets, comme l'indiquent la présence de réclames au bas des p. 30, 46, 62, 78, et l'emploi des cotes a, h, c, d, dans de nombreux cahiers.

2 La lacune correspond à la fin du ch. De quereles e des lois par coi eles sont terminées {= LXVI, 4-6) et au commencement du ch. De multre (zir LXVIl, 1-3).

3 Le feuillet arraché contenait les chapitres I à IV du Très ancien Coutumier.

4 II est postérieur à la mort de saint Louis (1270), puisqu'il renferme dans le chapitre De justisement (VI, 7) du Grand Coutumier la leçon : « Et por ce li nobles rois de France Loeis, qui fu après le roi Phelïppe, fist tel establissement en Normendie... » (p. 10, c. 1). Cf. Coututniers de Normandie, t. II, p. clxxxj, n. 3.

5 La substitution de « Roem » à la leçon primitive « Kaam » dans l'article suivant de la traduction des Jugements de l'Echiquier peut être considérée comme un indice à peu près sûr du lieu d'origine : « Se Renaut de Coronillon {sic)... prist... graverie en la terre Saint-Estiene de Roam [corr. Kaam) ». Ms. de Sainte-Geneviève, p. 268, e. 1 (Marnier, Établissements, p. 129). Cf. L. Delisle, Rec. dejug. de l'Echiquier, ip. 40, n» 154.

par deux copistes : récriture des 176 premières pages est en effet d'une autre main que le reste du volume, quoique la justification et la réglure aient toujours les mêmes dimensions et que les enluminures se ressemblent dans tout le manuscrit ; enfin certaines particularités graphiques sont communes à toutes ses parties ^ En tête des chapitres se trouvent des lettrines alternativement bleues et rouges et ornées de dessins de couleur; le commencement des paragraphes est également indiqué par des signes rouges ou bleus et les rubriques sont tracées à l'encre rouge; enfin les feuillets arrachés en tête du Grand Coutumier et du Très ancien Coutumier portaient sans doute des miniatures.

Le manuscrit de Sainte-Geneviève contient :

|o 1-176. — Texte français du Coutumier de Normandie ou Grand Coutumier avec le second prologue seulement et une table des chapitres incomplète, qui ne comprend que les rubriques des trois derniers chapitres de la quatrième distinction de la première partie : « ... prison. — De terme qui n'est pas soffîsanz. — De garant », et de ceux de la cinquième. Il s'arrête quelques lignes avant la tin du chapitre De brief defieu edeferme^ aux mots : « E autresi créons nos de terres bailliees eaprest e que autretiels enquestes en doivent estre fêtes... » (cxii, 4).

20 177-192. — Version française de la compilation des Assises de Normandie. Il manque les premiers articles jusqu'aux mots : « l'escheete. — Usage, L'ainznez qui a iij. (sic)

1 Tel est notamment l'usage presque exclusif, dans le manuscrit, de la forme e pour la conjonction et.

Le copiste, qui a transcrit la seconde moitié du volume à partir de la p. 177, se distingue par la substitution du v à Vu soit à la fin des mots, soit au milieu quand il y a un^^ coupure (abatv, eskv, ev, fiev, requeneo, ov ; av-cun, brisev-re, costv-me, prov-chiens, vov-droient) et par l'insertion de capitales dans le corps des mots {iGlise).

fiez, un deçà Saine e autre en Gauz e escheeites deçà Saine, veult avoir les ij. fieuz...i » La version se termine à ces mots d'un jugement de l'assise d'Orbec tenue vers 1237 par Jean des Vignes : « tant que li devant diz Jehans prueve que ill i pueit fere sa justice ^ ».

3° P. 493-254. — Texte du Très ancien Coutumier de Normandie. Il débute au milieu de la première phrase du chapitre V : « vivant som pere e sa mere e li done en doere ou une partie ou tout le mariage sa mere... ».

4° P. 2b5 et 256. — Traduction française de l'enquête sur les droits des rois d'Angleterre en Normandie (13 novembre 1205). Elle s'arrête à cet article : « Il distrent de celui qui muert sanz testament que se il jut en son lit par trois jorz...^ ».

5° P. 257-316. — Version française de la quatrième compilation des jugements de l'Echiquier de Normandie^. Les deux premières décisions de l'Echiquier de Pâques 1207 ont disparu et elle commence à ces mots : « ... entre en religion. — Il fu jugié que la fille Rogier Nervei {sic) ait la sesine de ce dont ses pères estoit sesiz...^ ». Cette traduction incomplète finit avec ce jugement de l'Echiquier de Saint-Michel 1246 à Gaen : « Henris d'Argences lessa del tout au prieur de Sainte-Barbe toute la droiture que il avoit el patronage de l'iglise de Baron (coït. Heran) e li prieurs li...6 ».

1 Marnier, op. cit., p. 90. Cf. Léchaudé dAnisy, Grands rôles des Echiquiers de Normandie [Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, t. XV), p. 144, c. 2. Warnkœnig, Franzôsische Staatsund Rechtsgeschichte. Basel, 1846-48, t. II, Urkundenbuch, p. 49.

2 Marnier, op. cit., p. 109. Cf. Léchaudé dAnisy, op. cit., p. 149, c. 2. Warnkœnig, op. cit., p. 68.

3 Teulet, Layettes du Trésor des chartes. Paris, 1863-66, t. I, p. 296, no 785. L. Delisle, Catalogue des actes de Philippe-Auguste. Paris, 1856, p. 220, no 961.

4 L. Delisle, Rec. de Jugements de l'Echiquier, p. 252.

La quatrième compilation de j ugeraents de TEchiquier, qu'on considérait comme une simple traduction de la troisième, doit être regardée comme vme révision complétée de cette dernière depuis que M. L. Auvray en a retrouvé le texte latin dans le ms. 2964 du fonds Ottoboni au Vatican, Cf. L. Auvray, Jugements de l'Echiquier de Normandie du xiii^ siècle (1244-1248} tirés d'unmanuscrit du Vatican (Bibl. de iEcole des chartes. 1888, t. XLIX, p. 637-644).

5 Marnier, op. cit., p. 111. L. Delisle, op. cit., p. 4, n» 5.

6 Marnier, op. cit., p. 201. L. Delisle, p. 176, n» 787. Texte latin : « Haron ». L. Auvray, Jugements de l'Echiquier {op. cit., p. 642).

Ce manuscrit se trouvait en 1643 au prieuré de Saint- Lô de Rouen ^ dont il porte encore les armoiries gravées sur une feuille collée à l'intérieur de l'un des plats ^ ; il était devenu un siècle plus tard la propriété des chanoines de Sainte-Geneviève^. Il a été successivement coté dans cette bibliothèque : N. 29, E. 1, F. 486, puis F. fr. in-4% 2; il porte aujourd'hui le n*^ 1743.

Reliure en basane au chiffre de Sainte-Geneviève avec le titre « Livre du droit ».

§ 2. Manuscrits contenant des fragments du Très ancien Coutumier.

1° Manuscrit latin 1426b de la Bibliothèque nationale"^.

Volume de 154 feuillets de vélin de 162 millimètres sur 116 écrits à longues lignes, plus 4 feuillets blancs à la fin, en tout 158. Il a conservé toutes les réclames sauf trois ^ ; mais les signatures ont disparu et le foliotage est moderne. Il est orné de lettrines alternativement rouges et bleues avec des dessins noirs ou rouges ; les signes des paragraphes sont aussi tantôt bleus, tantôt rouges.

1 P. 1. « Ex libris S. Laudi Bothomagensis, 1643 ». P, 78, c. 1. « S* Lo »

2 Les armes de ce prieuré étaient « D'or à un léopard de gueules et un chef endenté d'azur, chargé de 3 fleurs de lys et de 2 demies d'or ». Bibl, nat., ^rmormZp^nem^, Normandie, généralité de Rouen, p. 181.

3 P. 1, « 41. Ex Bibliothecâ S^^ Genovefœ Parisiensis, 1753 ». Cette mention se retrouve plus loin, p. 41.

4 Catalogus codicum manuscriptoriim Bihliothecae Regix. Paris, 1744, t. IV, Appendix, p, 500, cl.

5 Les cahiers se composent de 8 feuillets, les réclames étant au bas des ff. 14 \o, 22 vo, 30 vo, 46 v», 54 vo, 62 v», 70 v», 78 v», 86 v», 94 v», 102 vo, 110 v», 120 vo (10 ff.), 128 vo, 136 v», 144 v». Les cahiers 1, 5 et 9 n'en portent pas.

Ce manuscrit a été terminé vers 1403^; les derniers feuillets seuls (156-158) sont plus récents. Il a été copié simultanément par plusieurs scribes : les feuillets 1-6 (calendrier) et 32-38 sont en effet d'une main différente et d'une autre encre que le reste du volume; néanmoins l'unité d'exécution est attestée par l'identité de justification, la ressemblance des réclames et surtout des détails d'ornementation, qui se retrouvent dans le calendrier comme dans toutes les autres parties^. Ce manuscrit a été vraisemblablement transcrit à Caen, puisqu'il contient dans le même cahier que la table du Coutumier deux enquêtes sur les droits perçus dans le port de Caen et renferme aussi un calendrier et des petites heures à l'usage du diocèse de Bayeux.

Le manuscrit latin 1426b contient :

F. 1-6, — Calendrier à l'usage du diocèse de Bayeux 3. 20 F. 7 ro.38 — Petites heures du même diocèse 4.

1 Le dernier article transcrit dans ce volume est une ordonnance rendue à l'Echiquier de la Saint-Michel 1403 à Rouen (f. 149 r»). Cf. L. Delisle (Bull, de la Soc. des Antiquaires de Normandie y t. IL 1862-63, p. 315 n.).

2 Les réclames sont entourées d'un encadrement à la plume dont les motifs sont souvent les mêmes ; il suffit de comparer les réclames : « intercède » (f. 14 V») et « mariage « (f. 62 v«>). — « per gloriosam » (f. 22 v») et « [serejment de v. hommes » (f. 128 vo). — « te erubesco » (f. 30 v») et « tenu par foy » (f. 70 v»). De plus toutes les lettrines rouges du manuscrit sont ornées de dessins à l'encre noire.

3 Ce calendrier, qui fait corps avec le reste du volume, porte ces mentions caractéristiques :

« xvij. Kal. Jun. Sancti Regooberti episcopi et confessons » (16 mai). « X. KaL Aug. Sanctorum Ravenni et Rasiphi » (23 juillet). « Kal. Aug. Sancti Exuperii episcopi » (1 août).

« iij. Non. Sept. Translatio Sancti Regnoberti episcopi » (3 septembre). « viij. Kal. Nov. S. Lupi episcopi » (25 octobre).

4 La litanie des saints insérée dans ce livre d'heures renferme les invocations suivantes, qui se rapportent plus spécialement au diocèse de Bayeux : « Sancte Ravenne. — Sancte Rasiphe... Sancte Exuperii.-— Sancte Regnoberte. Sancte Lupe. — Sancte Vigor. — Sancte Reverenti. — • Sancte Gerebolde n (f. 22 r»).

s*' F. 39 ro-40 r^. — Version française de l'enquête de 1205 sur les droits des rois d'Angleterre en Normandie.

40 F. 40 ro-41 r<*. — Enquêtes sur les droits perçus dans le port de Gaen au xiiie siècle :

« Guillebert le Filz Gaut[ier], W. de Hamars, W. Goubert, Laurens Anzere... jurez distrent que chascune nef qui vient au port de Gaen... »

a Will[aume] le Filz Richart, Durant Dupin, Richard Trop Petit... jurèrent et distrent que le prevost de Gaen peut et doit fere sa justice... 1 ».

50 p. 42 ro-131 r».— Texte du Grand Goutumier avec les deux prologues et la table des chapitres. Il porte cet intitulé : « Icy commenche le livre de dirait et des usages de Normendie. Premièrement », et se termine à ces mots du ch. De loy apparissant : « Et si doit l'en savoir que quant l'en fet une essoigne tuit cil qui firent celles devant doivent estre présent ». (cxxiv, 8).

6« F. 131 r<'-134 v<^. — « La chartre aus Normans ». Version française de la Charte aux Normands. (Vincennes, juillet 1315)2.

70 F. 134 vo-135 v*^. — « La chartre du roy comme les despens furent abatus en cas d'héritage ». Texte français de l'ordonnance de Gharles IV sur les dépens. (Paris, janvier 1325)3.

2p F. 135 vo-136 ro. — a II avieut souvent que nous commectons les causes et commandons que l'en procède en aucunes d'icelles simplement et de plain et sans ressort ne figure de jugement... ». Traduction française du début de la décrétale de Glément V sur la procédure sommaire

1 Marnier, Établissements^ p. 85 et 86. — Aiibert ou plutôt Hubert Anzere et Raoul L'Abbé, qui sont mentionnés dans la seconde enquête, figurent dans des actes de 1229, de 1242 et de 1248 (L. Delisle, Cartutaire normand {Mém. de la Soc. des Antiquaires de Normandie, t, XVI), p. 58, c. 1, no 369, et p. 79, c. 2, n» 476. Cartul. 4 de Bretteville-le-Rabel, n» 6 (Arch. nat., S. 5016a, 13). Cf. Consuetudo in prefectura Cadomi (Léchaudé dAnisy, Grands rôles, p. 194, o. 2).

2 Ordonnances des roys de France, t. 1, p. 587, c. 2. Le ms. lat. 1426b porte par erreur : « le xij^ jour du moys de mars, l'an mil ccc. et xiiij. » (f. 134 yo). La plupart des exemplaires de cette traduction sont datés du 19 mars 1315. Cf. Ordonnances, t. I, p. 594, c. l.

3 Ce texte est attribué ici à Louis X et daté du mois de janvier « l'an de grâce mil ccc. et xiiij. ». Ordonnances, t. I, p. 784. Boutaric, Actes du Parlement de Paris. Paris, 1863-67, t. II, p. 596, c. 2, n» 7668.

4 C. 2. Saepe, Clament., V, 11.

9"^ F. 136 ro-137 v^. — Mandement de Louis X au bailli de Gotenlin (Paris, 20 décembre 1314), suivi d'une sentence de ce baillidonnée en l'assise deGoutances, le lundi 28janvierl315 1.

10« F. 137 ^^-140 v». ~ Version française de l'ordonnance de saint Louis sur la réformation des mœurs. (Paris, décembre 1254)2.

llo F. 140 vo-142 yo. — Arrêts de règlement ou ordonnances de l'Echiquier rendus dans les sessions de la Saint-Michel 1312 et de la Saint-Michel 1330 à Rouen.

120 F. 142 v'^-143 ro. — « La justice aux barons et aux chevaliers de Nor[mendie] qui tiennent par baronnie...^ »

13« F. 143 r» et v». — Ordonnance de l'Echiquier de la session de la Saint-Michel 1317 à Rouen.

14» F. 143 vo-145 ro. — Extraits d'une compilation de jurisprudence :

« Deuls frères furent, dont l'un vendi son héritage a j. homme. . . Aucun proudomme va a son héritage... Se aucun demande aucune rente. . . Se aucun proudomme tient aucun héritage d'un autre. . . Se aucun proudomme a ij. filx. . . Trois frères sont, li ainsné se marie. . . Se aucun homme achate a j. autre en j. marchié. . . ».

i^" F. 145 vo-147 v*'. — Extraits en français de jugements de l'Echiquier du xiii" siècle 4.

16« F. 147 vo-148 r^. — « Ge sont les drois des meffés tauxés selon coustume ».

17» F. 148 ro. — « Une femme fa mariée et se départi de son mary, le mary morut... »

18« F. 148 r^etyo. — Jugement de l'Echiquier de Pâques 1296 à Rouen. « Nicolaus Ogeri dédit partem hereditatis... ».

1 Ce mandement contient la traduction française de deux arrêts du Parlement de la Pentecôte 1280 et de l'Epiphanie 1295 (Olim, t. II, p. 162, xxvij).

2 Ordonnances^ t. I, p. 67, c. 2. Il y a des lacunes dans cette version.

3 Léchaudé d'Anisy, Grands rôles, p. 192, c. 2.

4 Ces jugements sont attribués à « l'Eschiquier de Pasques tenu a Roen l'an mil ce. et xvj. », tandis qu'ils appartiennent à des sessions de diverses dates, notamment de 1221 et de 1238 (L.Delisle, Rec. de jugements de V Echiquier, p. 76, 78, 145, nos 302, 307, 653).

19" F. 148 v<'-149 r*'. — « Nul bas justicier ne peut lever amende greignour de xviij s. j. d., excepté en trois cas... ».

20° F. 149 ro-lbl v^. — « Ordrenances faites et publiés en l'Escbiquier de Normendie tenu a Roen au terme Saint Michiel l'an mil cccc. et trois sur les drois des seaux des juges ordinaires de la duchié de Normendie ».

21° F. 156 yo. — « Ce sont les festes qui ont esté commandées estre gardées par les ordonnances de l'Escbiquier de Normendie en toutes les bailliz {sic) et vicontés dudit pays ».

22° F. 157 ro. — « Droiz et despens de mallefaçons de corps tauxez selon la coustume ».

23*^ F. 157 yo. — « Vecy comme l'en peult savoir quel m[ar]cbié de pain l'en peult et doit avoir ».

24'' F. 158 r». — « Respit ne cbiet point a celui qui porte doUeance... ».

Ce volume, qui paraît avoir passé par beaucoup de mains ^ a été acquis en dernier lieu par Bigot et est entré, avec les autres manuscrits de cette collection (n^ 398)^, à la Bibliothèque du roi, où il a porté successivement les cotes R. 10391 et 1426b (Fonds latin).

Reliure en veau plein à petits fers au chiffre de Louis - Philippe avec le titre de (c Liber precum ».

2° Manuscrit français 5959 de la Bibliothèque nationale^.

Volume de 114 feuillets de parchemin, dont 1 feuillet de garde, de 228 millimètres sur 170, écrits à longues

1 On trouve sur les derniers feuillets du manuscrit les signatures suivantes : xye s. « Arundel » (f. 158 r»). — xvi® s. « Pierre Alorge ». 1599. « L. Drieulx ». (f. 151 v«>;, dont la première et la troisième sont sans doute celles d'anciens possesseurs du volume.

2 F. 1 ro. « Ms. de M^s Bigot, 398 ». Cf. Bihliotheca Bigotiana. Parisiis, 1706. Pars V, Catalogus codicum manuscriptorum, p. 27.

3 L. Delisie, Inventaire des manuscrits français de la Bibliothèque nationale, t. II, p. 41.

lignes et foliotés récemment. Toutes les réclames sont conservées 1 ; mais il ne subsiste que les signatures du premier cahier (f. 5 r^), du deuxième (ff. 10-13), du huitième (f. 61 r^) et du onzième (ff. 83-85).

Ce volume porte la date de 1392^; mais les ff. 109 v« à 113 r° renferment des additions un peu postérieures de différentes mains. Il est assez soigné : les rubriques sont tracées à l'encre rouge et au commencement des chapitres et de quelques paragraphes se trouvent des lettres alternativement bleues et or avec des dessins rouges ou bleu foncé ; les premières lettres d'un certain nombre de pages sont ornées de têtes d'hommes ou de femmes dessinées à la plume; enfin le premier feuillet du Coutumier porte des guirlandes de feuillage et une lettrine avec une petite miniature représentant un personnage assis qui feuillette un livre placé sur un pupitre (f. 2 r^).

Le manuscrit français 5959 contient :

jo ] yo Qi Notes de comput en français.

20 F. 2 ro-105 r^. — Texte du Grand Goutumier avec la table des chapitres et les deux prologues. Il s'arrête à ces mots du chapitre De loy apparissant : « Et si doit l'en savoir que quant l'en fait une essoine tuit cil qui firent celles devant doivent estre presens ». (cxxiv, 8).

3° F. 106 ro-109 v^. — Version française de la Charte aux Normands. (Vincennes, juillet 1315)3.

ï Les cahiers, sauf un, sont de 8 feuillets ; car les réclames se trouvent au bas des fF. 9 v», 17 v», 25 v», 33 v», 41 v», 49 vo, 57 v», 65 v», 73 v», 81 vo, 89 v», 97 v»; les deux derniers cahiers (13^ et Me) n'ont pas de réclames.

2 « Ce coustumier fu acompli l'an de grâce mil trois cens quatre vins et douze » (f. 110 vo).

^ 3 Cette traduction porte la date du « xix« jour du mois de mars en l'an de grâce mil ccc. et xiiij. » (f. 109 v").

4" F. 109 v^. — « Le roy nostre sire par ses lettres données a Paris soubz son seel eu mois dejanviermiliij<^. et x. ordonna et establi que les despens cherroieut en causes de patronage d'église sur celui qui encherra. . . t>.

F. 109 yo. — « Il est jugié et rendu par arrest d'Esehiquier que pour vuides parolles que l'en offre prouver vers homme saisi d'eritage. . . ».

6o F. 110 ro, 1 12 yo-l 1 3 r». — Formules de lettres de présentation aux bénéfices et de procuration pour présenter à un bénéfice i.

70 F. 111 « Lajusticeasbarons. — La justice as barons et as chevaliers de Normendie qui tiennent par baronnie et par membre de hauberc. . . et nulle justice ilz n'ont plus en Normendie, si comme dient les clers de l'Eschiquier par les roules de l'Eschiquier, ja soit ce que les seigneurs dient que ilz en ont plus 2 ».

go F. 111 yo. — « L'ordenance du vuy dément d'églises » rendue à l'Echiquier de la Saint-Michel 1330 à Rouen.

90 F. 112 r^. — « Jugié a esté et declairié par la souveraine court de Parlement que tout malfaiteur qui se met en maison d'omosne pour sen mesfait. . . ».

10° « En l'Eschiquier de la Saint Michiel tenu à Rouen par monseigneur Henry de Marie il fut adjugié par arrest que aucun deffendeur n'est tenu faire serement. ». Analyse de trois arrêts rendus à une session de l'Echiquier présidée par Henri de Marie 3.

1 Quatre de ces formules « pour présenter a ung bénéfice » sont adressées « A très révérend pere en Dieu monseigneur l'archevesque de Rouen... » et la cinquième, la « lettre d'autorité pour présenter a bénéfice », mentionne l'archevêque de Rouen. L'une de ces formules suppose que la présentation s'applique à une église « eu doienné de Paveilli », aujourd'hui Pavilly, près de Rouen (f. 110 r»).

2 Le Grant Coustumier de Normendie, éd. de 1534, P. II, f. xxv v», c. 2. Cf. Léchaudé d'Anisy, Grands rôles, p. 192, c. 2.

3 Les lacunes que présente la série des registres de l'Echiquier ne permettent pas de retrouver la date de cette session. Henri de Marie présida l'Echiquier de la Saint-Michel 1407 et de Pâques 1408. Comme il était déjà quatrième président au Parlement en 1393, il a pu être envoyé à Rouen avant 1407 ; dans tous les cas cette mission se place avant 1413, époque où il est devenu chancelier. Voy. F. Aubert, Le Parlement de Paris de Philippe-le-Bel à Charles VU. Son organisation. Paris, 1887, p. 96, 106, 113, n. 5.

Ce manuscrit a été probablement exécuté dans le diocèse de Rouent II a appartenu au xv® siècle à un personnage nommé des Haies, qui devait habiter Evreux^. Il est entré plus tard dans la collection d'Antoine Faure (n^ 35) ^ et est arrivé avec les manuscrits de cet amateur à la Bibliothèque du roi, où il a reçu les numéros 10390 et 5959 (Fonds français).

Reliure en maroquin plein avec petits fers au chiffre de Louis XIV.

30 Manuscrit de Sir Thomas Phillipps, n° ^2403^.

Volume de 209 feuillets de parchemin de 132 millimètres sur 95, écrits à longues lignes et non chiffrés. Il n'est pas enluminé et ne porte ni réclames, ni signatures. L'écriture est de la fin du xv° siècle.

1 L'écriture de trois des formules de lettres pour « présenter a ung bénéfice )> adressées à l'archevêque de Rouen (f, 112 v» et 113 r») est de peu de temps postérieure à celle du Coutumier et de la Charte aux Normands ; il est donc permis de supposer que ce manuscrit n'a pas été déplacé immédiatement après sa transcription et qu'il est de provenance rouennaise.

2 On lit les vers suivants sur le feuillet de garde de la fin (f. 113 r») :

« Qui trouvera ce coustumier, Et il ara, je vous diray,

Se des Haies l'avoit adirey, Ung pot de vin bien mesurey

Apporte ley sans delaier Du meilleur qui soit au Mouton... j

Il s'agit ici vraisemblablement de l'ancienne auberge d'Evreux du Mouton couronné.

3 F. Aro. « Des mss. de M. A. Faure, 35 ». — « 35. Coustume de Normandie, en 1392, 4° ». Catalogue des manuscrits de feu M. Faur (Bibl. nat., ms. lat. 17174, f. 51 vo).

Antoine Faure, prévôt et chancelier de Reims, mort en 1689, avait légué la plupart de ses manuscrits à un chanoine de Reims, Léonard de Jayac, qui les céda en 1705 à la Bibliothèque du roi. L. Delisle, Le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale. Paris, 1868-1881, 1. 1, p. 304 et 320 ; t. III, p. 369.

4 Catalogus librorum manuscriptorum in bibliotheca D. Thomœ Phillipps Bart. 1837, p. 417, H. Omont, Manuscrits relatifs à l'Histoire de France conservés dans la bibliothèque de Sir Thomas Phillipps à Cheltenham {Bibl. de l'Ecole des chartes, 1889, t. L, p. 200).

Le manuscrit de Sir Thomas Phillipps renferme :

10 — Calendrier à l'usage du diocèse d'Evreuxi.

20 — Petites heures du diocèse de Rouen 2.

30 — Texte du Grand Goutumier avec la table des chapitres et les deux prologues. Il finit à ces mots du chapitre De loy apparissant : a Quant l'en fait une essoine tous ceulx qui firent celle de devant se doivent estre presens. Explicit ». (cxxiv, 8).

40 — « Enss. les chappitres de la Chartres aux Normans ». Texte français de la Charte aux Normands précédé d'une table des chapitres 3.

Ce volume, qui provient vraisemblablement de la partie du diocèse d'Evreux limitrophe de la Seine-Inférieure, se trouvait à Rouen à la fin du xvi® siècle^. On ignore ce qu'il est devenu depuis jusqu'en mai 1870, où il aété acheté par Sir Thomas Phillipps en vente publique à Londres *

Reliure du xviii® siècle en basane.

1 Ce calendrier mentionne deux fêtes de saint Taurin à la date du 11 août et du 5 septembre (Invention du corps de saint Taurin).

2 Ces heures renferment une oraison à saint Romain et dans la Litanie des saints des invocations à saint Philibert, à sainte Austreberte [sancte Philherte, sancta Austreherta) et aux archevêques de Rouen {sancte Romane, sancte Audoene, sancte Mellone).

3 Cette table commence et se termine ainsi : « Premièrement. De la monnoye. I. De monneage. II. ... De marché de boursse. XXIII. ».

4 Un possesseur du manuscrit a noté sur le calendrier au mois d'août la « réduction de Norm[endie] » et dans le mois d'octobre la « prinse de Rouen. 1562 ».

5 Catalogue of Sotheby mss. May 1870, n» 44.

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