‹ Coutumiers de NormandieChapitre 23 sur 248 · LXIV · texte numérisé non relu

LXIV

Bertrans de Verdun. LIX.

Willelmi de Wasquis ou Vas[c]uil.

Berti-annus de Verduno ».

Caillouet-Orgeville. a'.

d'Evreux, c". de Pacy sur Eure, ou Flipou- Orgeville, a*, des Andelys, c". de Fleury sur Andelle.

Saint-André la Marche, a'. d'Evreux.

Tournebu. a*, de Louviers, c". deGaillon.c*. d'Aubevoie.

Cesseville. a*, de Louviers, c"'. du Neubourg, et la Vitotière. a', de Bernay, c". de Beaumont le Roger, c*. de Launay.

Vascœuil. a', des Andelys, c". de Lyons la Forêt.

Verdun, fief à la Vacherie sur Hondouville. a*, et c". de Louviers.

Il n'y a pas à tenir compte de « Pierre de Foliotée », « Uede Le Manc. » et du sergent « Ferrant », personnages de condition inférieure sur lesquels l'attention des copistes ne s'est pas portée. LIX. LXI. LXIV, 1.

2 Les formes françaises des noms de « Guillaume le Fill Jehan, Guillaume Selvain, Guillaume de Saint Jehan, Rogier Suart, Robert de Perci, Giefroi de Noire Eaue » sont la reproduction littérale des types latins. — « Farci » est une faute de transcription, qui doit être corrigée en « Perci », nom de lieu qui se rencontre dans le Calvados et dans la Manche, tandis que Parcy n'existe pas en Normandie.

parvenus plus ou moins défigurés. Quelques-unes de ces altérations proviennent de mauvaises leçons du texte latin, qui a servi de base à la traduction et devait se rapprocher beaucoup du ms. latin 4653 de la Bibl. nat., où on trouve : Guillelmum Patrie pour Guillelmum Patrie ou Patriz, Graveretum de Surrete au lieu de Graverencum de Evreceio^. Mais, à côté de ces déformations dues à la négligence des copistes, il en est d'autres qui paraissent leur avoir été inspirées par le désir de substituer à des noms inconnus soit des dénominations d'un usage courant, soit des noms de familles du pays : on ne saurait en effet s'expliquer autrement que Nicholaum de Veiocis et Guillelmum de Garanvilla soient devenus dans le ms. lat. 4653 Nicholaum de Vicor. ou de Vico^ et Guillelmum de

1 Ms. SG. Ms. lat. 46SS. Ms. lat. 14052. « Guillaume del Païs. Guillelmum Patrie. Willelmo Patris. Garn'. de Surede. Graveretum de Surrete. Gaveriu de Evrech[eio] ».

Les déformations successives du nom de Guillaume Patri s'expliquent aisément par la similitude du mot patrie et de la forme primitive de ce nom « Patrie ».

Un hameau de Saint-Eloi de Fourques (Eure, arr. de Bernay, cant, de Brionne) est appelé le Suret. Ce nom de lieu, qui se rencontre aussi dans le Calvados, a peut-être causé les altérations singulières du nom de Graverend d'Evrecy? V. de Blosseville, Dict. top. du dép. de VEure, p. 212, c. 2. Hippeau, Dictionnaire topographique du département du Calvados. Paris, 1883, p. 273, c. 1.

2 Le nom de famille « de la Rue », en latin de Vico et quelquefois de Rua, se rencontre assez fréquemment au xiii^ siècle dans TEvrecin : c'est ainsi qu'en 1234 Roger et Gilbert de la Rue, fils de Richard de la Rue, vendent une terre à la Putenaye (arr. de Bernay, cant. de Beaumont le Roger, comm. de Romilly. — Titres de la commanderie de Renneville. Arch. nat., S. 4996 b, n» 13), Dans une autre charte, Roger de la Rue s'appelle Rogerus de Vicco (Ibid., n» 22). Peutêtre ces personnages tiraient-ils leur nom du fief de la Rue dans la paroisse du Tilleul en Ouche (arr. de Bernay, cant. de Beaumesnil, com. de Landepéreuse), qui n'est pas très éloignée de la Putenaye ; mais il y a dans le département de l'Eure un trop grand nombre de hameaux et de fiefs ainsi dénommés pour qu'on puisse se prononcer, (de Blosseville, op. cit., p. 186, c. 2. Charpillon et Caresme, Dictionnaire

Garnemille^ ; car les noms ainsi restitués ne sont pas ceux de personnages imaginaires, mais de contemporains qui habitaient la région d'où proviennent les manuscrits remaniés^. Dans un cas le nom de famille primitif a même persisté à côté de la forme nouvelle; c'est ainsi

historique de toutes les communes du département de l'Eure. Les Andelys, 1868-79, t. II, p. 428, c. 1). On peut encore citer Robert de la Rue, qui possédait, avant 1282, une maison et une terre à Corneville sur Risle (arr. et cant. de Pont-Audemer. — Arch. nat., Trésor des chartes, J. 220, Pont-Audemer, n» 2. L. Delisle, Cartulaire normand, p. 258, c. 1, n» 1000) et Nicholaus de Ruella, qui paraît dans un acte passé, en 1229, dans les environs de Boisemont (Eure, arr. et cant. des Andelys. — Titres de la commanderie de Bourgoult. Arch. nat., S. 5192, n» 18).

La variante Nicholaum de Vicor', donnée par le ms. lat. 4653 et qui se lirait également Vitot, pourrait aussi faire supposer une autre transformation de ce nom le rattachant à des localités telles que Vitot ou Vitotel (arr. de Louviers, cant. du Neubourg) ; il y a eu en effet un personnage du nom de Nicolas de Vitot, qui est cité entre 1210 et 1246. V. de Blosseville, op. cit., p. 234, c. 1. L. Delisle et L. Passy, Mémoires et Notes de M. Auguste Le Prévost pour servir à l'histoire du département de l'Eure. Evreux, 1862-69, t. III, p. 386-389. Charpillon et Caresme, op. cit., t. II, p. 1002, c. 1.

1 « G. de Gamenville » (ms. lat. 4653) et « Guillaume de Gameville » (SG.) sont très vraisemblablement de mauvaises lectures qu'il faut corriger en Garnenville et Garneville, formes anciennes de Guernanville, village situé entre Breteuil et Neuve-Lire (arr. d'Evreux, cant. de Breteuil). Bien qu'on rencontre quelquefois Gallenvilla, cette paroisse est presque toujours appelée Garnenviîla {Cartulaire de Saint-Evroul, t. II. Bibl. nat., ms. lat. 11056, f. 128 vo, c. 1, n© 1007; 129 v», c. 2, no 1012; 130 r», c. 2, no 1014; 131 v», c. 2, n» 1019) ou Garnevilla et en français Garnenville, Garneville {Ibid., f. 128 r», c. 1 et 2, n»» 1005 et 1006).

Guillaume est un prénom assez fréquent dans la famille de Guernanville au xin» siècle : Guillaume II figure, en 1210, dans l'enquête sur les droits d'usage dans la forêt de Breteuil (Léchaudé d'Anisy, Grands rôles, p. 166, c. 2) et, vers 1220, dans le Registre des fiefs de Philippe- Auguste {Rec. des Hist. de France, t. XXIII, p. 613 k); Guillaume III parait dans des actes de 1239 et de 1218 {Cartul. de Saint-Evroul, t. II, f. 129 ro, c. 1 et 2, n»» 1009 et 1011); un troisième membre de cette famille, Guillaume, fils d'Alexandre, est mentionné en 1249 et en 1256 dans les chartes de l'abbaye de Saint-Evroul, dont il fut un des bienfaiteurs (Ibid., f. 131 ro, c. 2, et v», c. 1, nos 1017 et 1018). L. Delisle et L. Passy, Mémoires et Notes de M. A. Le Prévost, t. II, p. 215 et 216. Charpillon et Caresme, Dict. hist. de VEure, t. II, p. 318.

2 Le ms. lat. 4653, qui renferme une liste retouchée des noms des jurés de l'enquête, a appartenu très anciennement à l'abbaye de Saint- Pierre de Préaux (arr. et canton de Pont-Audemer) ; car on y a ajouté un état des dîmes dues à cette abbaye dans différentes paroisses des environs (f. 93 vo-95 v»). V. L. Delisle, Rec. de jug. de l'Echiquier., p. 250. Coutumiers de Normandie., t. II, p. xxv et xxvj.

que le ms. latin 11032 de la Bibl. nat. porte : Ricardum de Durchet vel de Ru[n]ch^. L'auteur de la version de Sainte-Geneviève a suivi pour cette partie de l'enquête un texte retouché à un point de vue local; mais, s'il rend trop fidèlement Guillelmiim Patrie par « Guillaume del Païs », l'exactitude avec laquelle il traduit les leçons nouvelles, Nicholaum de Vico, Guillelmum de Garnenville, Ricardum de Ru[n]ch., montre que ces derniers noms ne lui étaient pas inconnus comme celui de Graverend d'Évrecy.

La troisième et dernière série ne compte que trois noms : ceux d'un juré de l'enquête, W[illelmum] de Caligneio, de l'un des témoins de la charte de Henri I, R. de sig[illo], et d'un personnage mentionné dans la première partie des Slatuta et Consuetudines, Stephanus de Sancto Lucio. Les changements qu'ont subis ces trois noms sont intéressants à étudier, parce qu'ils paraissent être l'œuvre personnelle du traducteur.

1 Le ms. lat. 4653 n'a conservé que la seconde des formes latines de ce nom défigurée en Ricardum de Susth. La leçon du ms. de Sainte- Geneviève, « Ricliart de Roncei », a beaucoup d'analogie avec celle du ms. lat. 11032, Ricardum de Ru[n\ch\, qui écrite en abrégé ne peut être identifiée avec certitude. Il n'y a pas de Roncey dans l'Eure et le nom de lieu de ce département qui s'en rapproche le plus est Le Roncenay (arr. d'Evreux, cant. de Damville), dont les formes anciennes sont Ronceneium et « Runcenei » (de Blosseville, Dict. top. de l'Eure, p. 183, c. 2) ; mais, si on rencontre au xii» siècle Gérard de Runcenei, ce nom ne paraît pas avoir été porté par la suite (L. Delisle et L. Passy, Mémoires et Notes de M. A. Le Prévost, t. III, p. 35-37). Il semble donc qu'on doive plutôt considérer Roncei comme une forme française soit du Ronchay, village de Luneray (Seine-Inférieure, arr. de Dieppe, cant. de Bacqueville en Gaux), soit plutôt de Ronchois (Seine-Inférieure, arr. de Neufchâtel, cant. d'Aumale), Le seul personnage de ce nom qui soit cité est Johannes de Ronceyo, dominus de Tricon (peut-être Triecoc), qui tenait, en 1272, deux fiefs de la baronnie de Gournay {Rec. des Hist. de France, t. XXIII, p. 756 k, 758 h.). V. Bunel et Tougard, Geographie du département de la Seine-Inférieure. Rouen, 1875-79, arrondissement de Neufchâtel, p. 66 et 77.

Il règne dans les manuscrits latins une certaine incertitude sur la véritable forme du premier de ces noms, qui est écrit tantôt W. de Caligeno pour Caligneio et tantôt G. de Caigneyo. Or la leçon du manuscrit de Sainte- Geneviève, <( Guillaume de Gamai », s'écarte notablement des variantes du texte latin. « Gamai » est sans doute une mauvaise lecture pour Garnai^ et il s*agit ici vraisemblablement de Guerny, village situé sur l'Epte en aval de Gisors, et dont un des seigneurs, au

1 II n'y a guère que deux corrections possibles au point de vue paléographique de cette leçon erronée :

lo Changer « Gamai » en Gaenai pour Gaené et l'identifier avec Gasny (Eure, arr. des Andelys, cant. d'Ecos) ; mais la forme la plus fréquente de ce nom de lieu est Gaani ou Gaagni (L, Delisle, Cartul. normand^ p. 45, c. 2, n» 302; p. 274, c. 1, n» 1051. de Blosseville, op. cit., p. 95, c. 2) et la correction serait alors beaucoup trop importante. Du reste Gasny, prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Ouen, a toujours été une seigneurie ecclésiastique (L. Delisle et L. Passy, Mémoires et Notes de M. A. Le Prévost^ t. II, p. 166-167. Charpillon et Garesme, Dict. hist. de l'Eure^ t. II, p. 260) et l'existence d'une famille portant le nom de cette localité est plus que douteuse : Hubertus de Guaeni ou de Waene, mentionné dans une pancarte sans date de l'abbaye de la Noë {Chartes de la Noë. Bibl. nat., ms. lat. 54641, n» 5), paraît être simplement un habitant de Gasny ; de même Jean de Gaaigni, qui figure parmi les chevaliers de la baillie de Gisors dans le rôle de l'ost de Foix en 1272 {Rec. des Hist. de France, t. XXIII, p. 777 e), n'est peut-être autre que Jean, sire de la Roche-Guyon en Vexin, qu'on rencontre dans les titres de l'abbaye de Saint-Ouen, de 1247 à 1269, et qui prétendait avoir des droits sur les bois du manoir de Gasny (L. Delisle et L. Passy, op. cit., p. 164-165).

2o Corriger « Gamai » en Garnai. C'est le nom d'une paroisse du diocèse de Chartres (Eure-et-Loir, arr. et cant. de Dreux), où l'abbaye de Saint-Jean en Vallée possédait un prieuré {Cartulaire de Saint- Jean en Vallée. Bibl. nat., ms. lat. 11063, f. 49 r», c. 2, et v», c. 1, no xliiij ; 50 ro, c. 1 et 2, n^s xlviij et xlix. L. Merlet, Dictionnaire topographique du département d'Eure-et-Loir. Paris, 1861, p. 78, c. 2). Comme cette bourgade ne faisait pas partie de la Normandie et que, s'il y a eu une famille du même nom, elle est restée obscure (1209. W. de Garné. Cart. de Saint-Jean en Vallée, f. 50 r% c. 2, n» xlviij. 1188-1207. Mïlo de Garneio. E. de Lépinois et L. Merlet, Cartulaire de Notre-Dame de Chartres. Chartres, 1862-65, t. I, p. 217, 240; t. II, p. 24, 32, 40, 290, 296. xive s. Johannes de Gnernay. Ibid., t. III, p. 117), on ne saurait s'arrêter à cette conjecture, il paraît donc plus sûr de voir dans Garnai une forme de Guerny (Eure, arr. des Andelys, cant. de Gisors), qui se disait habituellement « Garni », mais qu'on trouve aussi appelé « Warnei » (de Blosseville, op. cit., p. 105, c. 2) ; il s'agit en eflfet ici d'une correction bien moindre que dans la première hypothèse.

milieu du xiii^ siècle, a porté le prénom de Guillaume ^ L'un des deux témoins de la charte de Henri I, qui sont passés dans la version française, est le vice-chancelier Robert, dont le surnom de sigillo, écrit en abrégé de sig.^j est devenu un nom de lieu, Sigy dans le Pays de Bray^. Cette localité était autrefois le siège d'un prieuré dépendant de l'abbaye de Saint-Ouen et on y trouve aux xii« et xni^ siècles une famille qui en avait pris le nom^.

1 A cette époque Guerny appartenait aux seigneurs de Boury, village situé presqu'en face sur l'autre rive de l'Epte (Oise, arr. de Beauvais, cant. de Chaumont), qui possédaient aussi la plus grande partie de Boisemont près des Andelys. Le plus connu est Jean de Borriz ou de Boury, qui figure dans de nombreux actes de 1197 à 1239 (Titres de l'abbaye du Val. Arch. nat. S. 4175a, n»» 45, 54. Titres de la commanderie de Bourgoult. Àrch. nat., S. 5192, nos 16, 34. S. 5193, no 2) et prit part à l'enquête sur le relief dans le Vexin français en 1235 {Registre E. de Philippe- Auguste. Arch. nat. JJ. 26, f. xiiij^x. xj ro). Jean de Boury avait eu d'Alice de Guerny quatre fils, Jean, Guillaume, Gautier et Gui [Titres du prieuré de Saint Germain de Boury. l^e liasse, no 1. Arch. de Seine-et-Oise, Fonds de Saint-Martin de Pantoise. Titres de l'abbaye du Val, S. 4175a, no 37); mais trois d'entre eux moururent avant lui et ce fut son second fils, Guillaume, qui recueillit sa succession en 1241. {Cartul. du Trésor^ Arch. de l'Eure, H. 1410, p. 187. Titres du prieuré de Saint-Germain de Boury ^ n» 2), Peut-être Guillaume de Boury, qui est mort entre 1269 et 1271 {Olim. éd. Beugnot. Paris, 1839, t. I, p. 290, xiii), a-t-il porté parfois, surtout du vivant de son père, le nom de Guerny? Ces deux paroisses voisines et dépendant de la même seigneurie ont pu en effet être prises l'une pour l'autre comme dans cette charte relative à Guillaume de Boury : « en sa grange de Garni qui est appellee la grange de Boury » {CartuL du Trésor^ p. 188). V. Charpillon et Caresme, Dict. fiist. de l'Eure. t. II, p. 319.

2 « R. de Sigi ». LXXI, 5, Le ms. lat. 4653 porte « de Sigri R. ».

3 Seine-Inférieure, arr. de Neufchâtel en Bray, cant. d'Argueil.

4 Sigy relevait des sires de la Ferté, une des branches de la maison de Gournay (D. Gurney, The record of the House of Gournay. London, 1848, p. 27 et 33. Potin de la Mairie, Recherches historiques sur les possessions des sires normands de Gournay, t. I, p. 151-153. Bunel et Tougard, Géographie du dép. de la Seine-Inférieure, arr. de Neufchâtel, p. 54) ; mais il y avait à côté d'eux une famille, de moindre importance,

ui tirait son nomade cette localité. On trouve mentionnés, en 1180, ans les rôles de l'Échiquier, Richard de Sigy (Magni rotuli Scaccarii Normanniae, ed. Th. Stapleton. Londini, 1840-44, t. I, p. 75), en janvier 1246 et mai 1248, Martin et Ouen de Sigy (Cartulaire 1 du prieuré de Sigy (Arch. de la Seine-Inférieure. H, Fonds de Saint-Ouen., 34), f. 12 ro, a. xxxj, et 5 ro, a. j. Cartul. II {Ibid., 33), fo 24 r», et 14 r").

Les transformations du nom de Siephanus de Sancto Luca ^ ne sont pas moins curieuses : devenu Stephanus de Sancto Lucio dans les manuscrits des Statuia et Consuetudines, il est appelé dans celui de Sainte-Geneviève « Estiene de Seint Lucin » ou plutôt de Saint-Lucien et cette modification, légère à première vue, a pour conséquence de transporter ce personnage de l'Evrecin dans le Pays de Bray; Saint-Lucien fait en effet partie de cette région comme Sigy, dont il est peu éloigné. La famille des sires de Saint-Lucien compte de nombreux représentants au xii^ et au xiii« siècle, mais aucun de ceux qui sont connus ne porte le prénom d'Etienne

La comparaison des formes françaises et latines des noms propres confirme ainsi les résultats fournis par l'analyse linguistique de la version de Sainte-Geneviève, qui, d'après sa langue, doit avoir vu le jour sur la lisière orientale de la Normandie. Le traducteur s'est en effet

1 Le personnage cité dans la première partie des Statuta et Consuetudines (LXIV, 1) est certainement Siephanus de Sancto Luca^ seigneur de Saint-Luc (Eure, arr. et cant. d'Evreux, — Cartulaire I du chapitre d'Evreux. Arch. de l'Eure. G., 122, p. 55, n» 118); mais, à côté du nom primitif de Sancto Luca, il a existé une forme de Sancto LuciOf qui figure dans tous les manuscrits latins et a donné naissance aux transcriptions françaises « Saint Luz » et « Saint Lux », qu'on rencontre dans des aveux du xv^ siècle (L. Delisle et L. Passy, Me'moires et Notes de M. A. Le Prévost, t. III, p. 142).

2 Saint-Lucien. Seine-Inf., arr. de Neufchâtel en Bray, cant. d'Argueil.

3 Les membres de cette famille mentionnés dans les actes de l'époque sont, en 1184, Guillaume de Saint-Lucien {Cartul. I de Sigy, f. 13 r», a. xxxviiij. Cartul. II, f. 26 v»); en 1208, Herbert de Saint-Lucien, Enguerran de Saint-Lucien, chevalier, son neveu, et le fils de ce dernier, Manessier [Titres de l'abbaye de VIsle-Dieu. Arch. de l'Eure, H. 389,

1. Reg. des fiefs de Philippe- Auguste. Rec. des Hist. de France, t. XXIII, p. 689 g) ; en septembre 1271 et en 1272, Guillaume de Saint- Lucien, chevalier, [Cartul. I de Sigy, f. 14 vo, a. xlvj. Cartul. II, f. 29 ro. Rôle de Vost de Foix. Rec. des Hist. de France, t. XXIII, p. 745 f) et, en juillet 1364, Jean de Saint-Lucien [Cartul. II de Sigy, f. 45 vo, b. xlix). V. Bunel et Tougard, Géographie du dép. de la Seine- Inférieure, arr. de Neufchâtel, p. 53.

approprié les transformations de noms qu'il a trouvées déjà opérées dans son exemplaire latin et dont l'objet était de substituer aux noms de lieu primitifs situés dans les environs de Caen, comme Vieux et Grain ville, des localités appartenant à la Haute-Normandie telles que Guernanville. D'autre part, les modifications qu'il a apportées de son chef à l'original semblent avoir été également inspirées par des préoccupations locales analogues à celles qui avaient présidé au premier remaniement de la liste des jurés ; car le nom de Guillaume de Caligny disparaît pour faire encore place à celui d'un habitant de l'Évrecin. L'introduction dans la version de Sainte- Geneviève de paroisses du Pays de Bray, comme Sigy et Saint-Lucien, oblige enfin à lui assigner pour patrie la région comprise entre Rouen, la Seine et l'Epte, c'est-àdire à peu près le Vexin normand et le Pays de Bray^ Les erreurs commises par l'auteur de cette version dans la transcription des noms de personne appartenant à la Basse-Normandie^, l'omission de l'évêque de Coutances, Algar, dans la charte de Henri P, ainsi que la traduction peu précise qu'il donne du passage de

1 II y aurait peut-être à tirer argument de la manière dont le traducteur a rendu ce passage :

« Mes dedanz xv. jorz sera leur Infra xv. dies pertotam patriam, pes seue aval le pais, veillent ou velint nolint, pax eorum eritnota. nevueillent. XXXVI, 5. (Ms. Ottoboni) ».

S'il avait pris ici, l'expression « a val » dans son sens étymologique et non dans une acception vague, ce serait un indice qu'il habitait la partie supérieure de la vallée de la Seine.

2 Le nom de Graverend d'Évrecy est ainsi devenu méconnaissable dans lems. de Sainte-Geneviève : « Garn. desurede ». p. 227, c. 2.

3 Dans les mss. lat. 4653, 11032 et 18368 de la Bibl. nat., Algar, évéque de Coutances, figure à la fin de l'énumération des prélats de Normandie mentionnés en tête de la charte de Henri I. LXXI, 2.

l'enquête sur la pêche du craspois dans le Bessin^ montrent qu'il était absolument étranger aux usages de cette partie de la province. La substitution du nom de Guillaume Le Maréchal^ à celui de l'ancien sénéchal de Normandie, Guillaume Filz Raoul, prouve encore que c'est bien dans les limites indiquées plus haut qu'il faut placer le lieu d'origine du texte français des Statuia et Consiietudines Normannie; car cette région était assez rapprochée des possessions continentales des comtes de Pembroke ^ pour quei le souvenir du plus illustre d'entre eux, de Guillaume I le Maréchal, y fût resté vivant.

1 « L'am doit savoir que de toz les barons de Normandie il n'i a fors Tevesque de Baieux e le conte de Cestre qui aent engins a prandre craspois, mes cil les ont au Port l'evesque e par la ville le conte ». LXVIII, 2.

La traduction très littérale de ce paragraphe trahit un certain embarras chez l'auteur de la version de Sainte-Geneviève et l'emploi qu'il fait de l'expression générale « engins » pour rendre le terme de pèche d'origine noroise valseta (Mss. vaseta, wauseta) montre qu'il en ignorait la signification. Il a également supprimé quelques lignes plus loin les mots lingua Dacorum^ qui n'avaient plus aucun sens pour lui. LXX.

2 « Nos en avons maintes foiz oi Multociens inter dominum Roplet entre l'arcevesque de Roem e thomagensem archiepiscopum et Guillaume le Maréchal. LVII, 2. Willelmum senescallum inde audi-

vimus questionem. (Ms. Ottoboni) ».

3 Les châteaux de Longueville, de Moulineaux et d'Orbec formaient trois centres autour desquels se groupaient les possessions continentales des comtes de Pembroke (Arch. nat., Trésor des chartes, J. 399, n» 5. L. Delisle, Cartul. normand, p. 14, no 74. Reg. des fiefs de Philippe-Auguste. Rec. des Hist. de France, p. 708 d). Ces vastes domaines leur étaient échus en grande partie par suite du mariage de Guillaume I le Maréchal avec Isabelle, fille de Richard de Clare ou de Clères (Stapleton, Observations on the Great rolls of the Exchequer of Normandy. Magni rot. Scacc. Normannie, t. II, p. cxxxvij et s. L. Delisle, op. cit., p. 14, n. 1). Guillaume I mourut le 14 mai 1219 et son fils aîné, Guillaume II, abandonna à son frère, Richard le Maréchal, tous ses droits sur les terres situées en Normandie ; ce dernier fit à ce titre hommage à Philippe-Auguste au mois de juin 1220 (Arch. nat., Trésor des chartes^ J. 622, no 8. Reg. E. de Philippe- Auguste, JJ. 26. f. iic xix v», c. 1 et 2. L. Delisle, op. cit., p. 43, no 285; p. 44, no 286). Richard le Maréchal a résidé presque constamment en France de 1220 à 1231, époque à laquelle il succéda à son frère Guillaume II, décédé le 6 avril 1231, comme comte de Pembroke et de Striguil ; il mourut lui-même peu après, le 16 avril 1234. V. Dictionary of national biography. edited by Sydney Lee. Londres, 1893. Vol. XXXVl, p. 223-231.

Une traduction aussi littérale que celle du manuscrit de Sainte-Geneviève ne laisse guère deviner la personnalité de son auteur. La connaissance approfondie du latin dont il fait preuve dans son travail et l'emploi de quelques mots savants conviennent plutôt à un clerc qu'à un laïque ^ L'exactitude avec laquelle est reproduit l'original latin dénote un esprit cultivé et possédant certaines notions juridiques; car les contre-sens y sont rares En même temps le caractère littéraire de l'œuvre et la préférence donnée au dialecte de l'Ile-de- France ne permettent pas de l'attribuer à un simple praticien. L'hypothèse la plus probable est donc que la version de Sainte-Geneviève a eu pour auteur un clerc attaché à l'administration royale^, qui était originaire de la partie de la Normandie limitrophe de l'Ile-de- France et de la Picardie ou tout au moins qui y avait longtemps séjourné.

1 « Tant comme li orfelins est Quamdiu vero pupillus in suben la subjection... d'aucun. VII, 4. jectione... alicujus fuerit.

Il est tenuz, . . a respondre ou par Tenetur ille. . . respondere per se soi ou par procurateur. LXXXII, 7. vel per procuratorem. P. II, X, 7 »,

2 V. p. XXXIII, n. 2.

3 On pourrait peut-être invoquer à l'appui de cette conjecture l'emploi de l'expression « ostel le roi » comme équivalent des mots latins curia régis dans cette phrase : a il doit envoler les parties a l'ostel le roi » (LXXVII, 1).

Ce terme est employé de même concurremment avec celui de « cort le roi » dans la traduction des jugements de l'Echiquier pour rendre les mots curia domini régis :

« 1218. Li requenoissenz en sera E il est einssi requeneu, l'iglise fez en l'ostel le roi par xij. cheva- suivra sa droiture en la cort le liers prouchains de la chose. roi. (SG., p. 272, c. 1. Marnicr,

p. 134, no 94).

1225. Se il en est convaincuz en E la demande doit estre jugie l'ostel le roi. avenantment par la cort le roi.

(SG., p. 282, c. 1. Marnier, p. 149, no 142) ».

Cf. L. Delisle, Rec. de jugements de l'Echiquier, p. 58, no 230, et 97, no 380.

§ 4. La date de la version de Sainte-Geneviève.

La version de Sainte-Geneviève, comme la plupart des œuvres de ce genre, ne renferme aucune indication qui puisse servir à en fixer l'âge et il faut, pour y arriver, tenir compte de la composition du manuscrit.

La date du second des traités compris dans les Statuta et Consuetiidines Normannie, qui remonte à 1220, donne bien une limite extrême; mais on doit encore faire descendre cette limite jusqu'en 1248. La version française des Statuta et Consuetudines se trouve en effet intercalée dans le manuscrit de Sainte -Geneviève entre les traductions du recueil des Assises et de la quatrième compilation des jugements de l'Échiquier. Or ces trois textes sont du même auteur : ils ont en effet des similitudes de graphie qui seraient inexplicables autrement S* ils ofirent les mêmes caractères phonétiques en

IV. les exemples cités plus haut, p. xxxiv, n. 2; p. xxxv, n. 1 et 2; p. XXXVI, n. 1, 3 et 4; p. xxxvii, n. 2, 3 et 4; p. xxxvm, n. 1.

2 On constate en effet dans les traductions des Assises et de l'Échiquier, comme dans la version de Sainte-Geneviève, la prédominance de la diphtongue oi provenant de ë et de ï latins accentués et la transformation de c et de A primitifs en ch devant a ou e, ie, dérivés de a et en ç (s) devant e et i :

«borjois.A.,p.l03,n»46.E., p.433,n«91. avoir. A., p. 90, n» 2. E., p. 145, nM30.

doit. A., p. 95, n« 15. E., p. 111, n» 3. devoit. A., p. 92, n° 7. E., p. 112, n" 4.

droit. A., p. 108, n" 68. E.,p. IIP, n° 30. disoit. A., p. 93, n- 10. E., p. 115, nM 5.

foi. E., p. 114, n* 13. disoient. E., p. 112. n» 5.

foiz. E., p. 164, n" 197. estoit. A., p. 92, n» 7. E., p. 111, nM.

loi. A., p. 93, n° 10. E., p. 135, n» 95. metoit. E., p. 113, n» 8,

moi. A., p. 94, n° 12. pooit. A., p. 101, n" 41. E., p. 112, n» 5.

oirs, oir. A., p. 95, n" 16,17. E., p. 123,n"'46. pooient. A. , p. 102, n« 44. E., p. 128, n'68.

roi. A., p. 93, n"' 9, 10. E., p. 116, n»21. savoir. A., p. 101, n»40. E., p. 119, n" 32.

voie. A., p. 99, n« 32. E., p. 142, nM21. seroit, seroient. A.,p.96,n»19;107, n-ei.

voisins. E., p. 153, n» 159. tenoit. A., p. 91, n»6. E., p. 111, n" 2.

tenoient. E., p. 128, n» 68.

voloit. A., p. 104, n° 53. voloient. E., p. 167, n" 208.

faisant bien entendu la part des habitudes de langage du scribe ^ ; ils présentent enfin certaines particularités dialectales 2 et des expressions caractéristiques, qui

achata. A., p.lOO, n»34. E., p. 117, n*24. apelicier. E., p. 199, n» 340. champion, champions. A.| p. 96, n* 19. ce. A., p. 97, n° 22. E., p. 119, n» 31.

E., p. 143, n" 123. cil. A., p. 91, n»'5, 6. E., p. 112, n«3.

chans. E., p. 179, n» 259. celui. A., p. 91, n" G.

chascuns, chascun. A., p. 106, n° 59. depecier. A., p. 92, n° 8. depeciee. E.,

chatel. A.,p. 103, n»51. E., p. 134, n»92. justice. A., p. 91, n" 6. E. p. 127, n» 62. chevaliers. A., p. 97, n" 22. E., p. 142, merci. A., p. 93, n» 9. E., p. 114,n°12.

n" 120. ocirre, ocis. E.,p. 140, n"115;169, n»217.

chief. E., p. 127, n» 63. quitence, quitance. E., p. 157, n" 175;

eschange. E., p. 124, n" 52. 184, n' 279.

ma rchié . A . , p . 92, n« 8 . E. , p. 148, n° 1 40 . reçeu . A . , p . 1 03, n» 46 . E . , p . 1 70, n* 219 . mareschaus, maréchal. E.,p. 169, n''215; redevences. E., p. 198, n» 334. 180, n" 263. tierce. A., p. 105, n''55. E.,p.ll5,n°16»).

porchacent. E., p. 160, n''181.

1 Toutefois l'emploi de la diphtongue oi n'est pas aussi général dans les versions des Assises et de l'Echiquier que dans le texte français des Statuta et Consuetudines et on rencontre çà et là quelques formes en ei : « Aubigès {Albigeois), E., p. 120, n» 38. deforceit. E., p. 117, n* 24.

eissues, essues. E., p. 153, n° 159 : 182, n- 274.

eschaeites. A., p. 94, n'il.escheeites.es- eschaeir. A., p. 94, n" 12. cheete. A., p. 90, n- 1,2, 3, 4; 94, n" 11; 95, nM4;101,n» 38. E., p. 178, n" 257; 180, n» 264.

Treismonz. E., p. 198, n* 339. receit. E., p. 139, n" 110 ».

Mais ce sont là des faits isolés qui ne sauraient prévaloir sur l'immense majorité des leçons en oi et qui doivent être attribués à l'action du dialecte normand sur les copistes de la seconde partie du ms. de Sainte- Geneviève (Assises. Très ancien Coutumier. Echiquier). C'est en effet le texte des Assises, le premier transcrit, qui contient le plus d'exemples (quinze) de la variante « eschaeite, escheeite, escheete » tandis qu'on en relève deux seulement dans la traduction de l'Echiquier contre douze de la forme « escheoite » et aucun dans la version des Statuta et Consuetudines ; de même, si les Assises donnent '< eschaeir », l'Echiquier n'a que la leçon « escheoir « (p. 136, n» 102) ; enfin les termes « Aubigès » et « Treismonz », comme tous les noms de lieu, ont subi davantage l'influence de la prononciation locale.

Le mot « Franche » (E., p. 169, n» 215) est la seule exception au traitement français du c qu'offrent les versions des Assises et de l'Echiquier, mais c'est" aussi sans doute une erreur de transcription; car la forme « France » figure exclusivement dans le reste du manuscrit (T. A. C, LXIV, 2. LXXIII, 1. LXXYII, 7. E., p. 122, n» 43; 180, no 263; 181, n. 269).

Ces méprises se comprennent d'autant mieux que le ms, de Sainte- Geneviève a été exécuté à Rouen, où le dialecte normand était encore très vivace à cette époque.

2 On retrouve également dans les traductions des Assises et de l'Echiquier le pluriel en -iaus : « bordiaus ». (E., p, 169, n» 219). « mesiaus ». (E., p. 119, no 31). « porciaus ». (E., p. 157, n» 175), — ainsi que le changement de Va protonique en e :

* quenoistre. E., p. 159, n* 180. quenoist. A., p. 99, n» 31. E., p. 189, n" 300. quenoissence. E., p. 167, n' 209.

requenoist. A., p. 101, n" 39. E., p. 114, n» 9. requenoissoit. A., p. 107, n» 61, requenoistra. E., p, 175, n» 241. requenoissanz, requenoissenz. requenoissant, requenoissent. A., p. 99, n« 31. E,, p. 123, n" 48. etc. requenoissence. E.,p.l32,n''84 »♦

achèvent d'attester leur communauté d'originel La traduction française de la quatrième compilation des jugements de l'Echiquier s'arrête, il est vrai, dans le manuscrit de Sainte-Geneviève à la fin de la session de la Saint-Michel 1246, à Caen, par suite de la disparition du dernier feuillet du volume; mais la rédaction latine de cette compilation, qui nous est parvenue dans le ms. Ottoboni 2964, se continue jusqu'à la session de Pâques 1248, à Rouen L'auteur de ces trois versions, si, comme il y a lieu de le croire, elles sont toutes de sa main, n'a donc pu commencer son travail que dans les derniers mois de l'année 1248 au plus tôt. Il est probable qu'il l'a terminé avant l'époque où la Summa de legibus in curia laicali commença à se répandre dans toute la Normandie, c'est-à-dire avant la fin du règne de saint Louis On est donc autorisé à placer entre

Les variantes « conoissoient, conneuz » (E., p. 419, n» 31; 192, no 312) font exception; mais elles s'expliquent également par l'influence du milieu.

L'emploi du pronom de la 3« personne lui pour le féminin est encore une particularité dialectale : « L'abeesse de Mostierviler atome... en lieu de lui » (E., p. 157, no 173).

1 La présence dans la traduction de l'Échiquier de l'expression « ostel le roi » (E., p. 131, n» 94; 149, n» 142) comme équivalent de curia régis, du terme savant « procurateur » (E., p. 152, n» 156), ainsi que l'emploi des périphrases « cil qui demande » (E., p. 125, n° 55; 130, n» 73), « cil qui tient » (E., p. 124, n» 51; 129, n» 73), qui se rencontrent également dans la version des Statuta et Consuetudines^ sont aussi des arguments en faveur de l'imité d'origine des trois traductions. V. p. xxxii, n. 2.

2 Le texte latin de la quatrième compilation des jugements de l'Echiquier s'est conservé en entier dans le ms, Ottoboni 2964 puisqu'il y précède immédiatement la première partie des Statuta et Consueludines; il contient huit articles de plus que la traduction française (L. Auvray, Jugements de VEchiquier [Bibl. de l'Ecole des chartes, t. XLIX, p. 642-643). Or dans Ig ms. Ottoboni, dont l'écriture est de même grosseur que celle du ms. de Sainte-Geneviève, ces huit articles occupent environ un feuillet; il devait en être de même dans le ms. de Sainte-Geneviève, dont le dernier feuillet a été déchiré.

3 La rédaction primitive de la Summa de legibus in curia laicali a, été terminée avant 1258. V. Coutumiers de Normandie, t. II, p. cxc-cxciv.

1248 et 1270 1 ce premier essai de traduction en langue vulgaire des plus anciens monuments du droit normand.

1 La substitution des termes très généraux : « de pèlerinage d'outre mer » à l'expression latine : de peregrinalione in Jérusalem, dans le ch. De delaiemenz (XLIII, 3) correspond à une époque oii les croisades n'étaient plus exclusivement dirigées vers la Terre Sainte, et l'expédition de saint Louis en Egypte (1248) a peut-être eu quelque influence sur la traduction de ce passage.

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