‹ Cow-boy [microforme]Chapitre 72 sur 99 · Division municipale · texte numérisé non relu

Division municipale

218 COW-nOY

— Oh! oui, le p'tit imparfait! même qu'il avait grandement le mal des États.

— Tout juste. Eh ben, il est débarqué tout faraud, avec sa blonde qu'il a accosiée là-bas, à Chicago : paraît que c'est chaud!

— Vous ne dites pas ça!

Parmi ces innocents propos, ces jours furent si heureux qu'ils n'ont jamais eu d'histoire Jusqu'au moment où les deux jeunes gens partirent avec le père Leclerc, pour une grande chasse en pleine forêt vierge, à cent milles plus loin au nord, au lac Nominingue |

LE NOMININGUE

Nominingue ! Nominingue ! Forêts vierges aux senteurs sauvages, rivières mystérieuses qui fuient à travers les savanes en chaniant l'hymne des bois, grands lacs que parfois sillonnent en silence les canots d’écorce ! Nominingue, Nominingue, qui dira, qui chantera la splendeur de ta création ?

Mais tu es trop près de Dieu, tu es trop loin de l’homme, au fond des grands bois francs, pour bien redire ici ce charme irrésistible d’une solidité que n’a pas gâté la main humaine avec ce que nous appelons la civilisation.

Et pour s’y rendre, à travers la forêt, c’est

une voie lumineuse que ce chemin Chapleau où l’on s’avance entre les hautes murailles de merisiers, d'épinettes et de pins Douglas, les yeux ravis par cette végétation luxuriante, les oreilles attentives au gränd concert de ce qui vit de la forêt, dans la forêt!

D'innombrables daims qui vous regardent au passage, et, surpris, jettent un souflle bruyant en frappant du pied le sol sonore; les renards, qui ne marchent pas, mais qui volent, si rapides sont leurs sauts; les chats sauvages, plus farouches encore..." Et puis, R-bas, là-bas, bien loin, voguant sur la brise du Petit Nominingue!, c'est la cloche des Pères missionnaires, une prière vers le Créateur, ou bien le silence, le silence de toute cette nature sauvage, qui est encore une envolée vers Dieu. Ensuite, les coups sourds du pic, demandant aux arbres morts sa provision de vers. Les perdrix s’enlèvent lourdement, et, sur les lacs, le huard ulule ses plaintes fantastiques, tandis que les canards se laissent aller à la dérive, dans un doux farniente.

. Comme ils chantent sans lasser jamais ceux qui savent les comprendre, ces ruisseaux des bois, si limpides, si cachés, si purs ! Qu'il fait

ail . PAU : ke PH F}

Hi

mi

HU

-kl

D: Pa |!

k 4 #11 ‘OEM ‘4

ù FA

Page 1