GÉNÉRAL WILLIAMS JOHNSON
Quelque temps auparavant, le «d.... Français» que Twenty-Sixth venait de baptiser Andy arrivait de France avec Herbert, son camarade d'enfance. Ils avaient passé plusieurs semaines à Custer City, où ils s'étaient d'abord proposé de vivre; mais deux mois de séjour les avaient vite lassés des douceurs de l'existence « custérienne », — c'est-à-dire des interminables parties de poker où chaque enjeu se payait en poudre d'or, — et des rixes quotidiennes qui se terminaient trop souvent par des morts d'homme. Et puis, le printemps allait venir et 1l était temps de s’établir quelque part pour créer un ranch dont
les produits grandiraient en liberté sur la prairie.
Ce n’est pas qu'il y eût manque d'emplacements. Au nord, au sud, à l’est, à l’ouest, tout était à prendre, à l'exception de quelques sites privilégiés, déjà occupés par les grands ranches de bestiaux. Mais les sources étaient rares : et les eaux alcalines dont se contentent les bœufs et les chevaux répugnent à l'Européen, qui ne sait pas encore se borner au thé ou au café américain. Après mainte et mainte chevauchée, après de longues discussions, après même deux ou trois prises de possession, Andy et Herbert choisirent définitivement le Lame Johnny Creck!, au sud des Black Hills? : au nord, la montagne, ses sombres forêts de pins d’où sortait le ruisseau ( du Boiteux » ; au sud, la prairie et ses pâturages à perte de vue. Près d’une source fraîche, on voyait encore les vestiges d’un log-house*, celui des premiers chercheurs d’or du ruisseau; les collines de l’ouest, enfin, protégeraient la future habitation des vents glacés de l'hiver à l’époque des ,