IMMOBILISATION
faces latérales en même temps que la face postérieure du tronc et des membres inférieurs, on est obligé d’ôter le malade de son appareil chaque fois que l’on procède à sa toilette complète. Or cette toilette, que nous voyons, dans bon nombre de cas, faite rarement et d’une manière partielle sinon complètement négligée, doit être répétée quotidiennement avec un soin minutieux. Les manœuvres assez compliquées et même pénibles de l’enlèvement du malade et de sa remise en place dans la gouttière entraînent des mouvements multiples qui peuvent être fort nuisibles, surtout chez les sujets pour lesquels l’immobilisation est le plus urgente.
Enfin, malgré l’emboîtement du tronc et des membres, il arrive souvent que la cuisse du côté malade se dévie dans l’appareil même, quelque soin que l’on prenne pour l’appliquer. Pour cela il suffit que le bassin se porte un peu d’un côté ou de l’autre.
Appareil de Lanneloncjue. — Lannelongue emploie un appareil plus simple que la gouttière de Bonnet et construit d’après un principe différent. Cet appareil se compose essentiellement d’un matelas de crin épais de 8 à 10 centimètres et soutenu par un plan en buis, et de pièces accessoires : une ceinture thoracique bouclée en avant, faite en tissu souple, et un bandage de corps en coutil ou en toile. « A la ceinture s’attachent en arrière deux lacs assez longs pour être fixés aux barreaux de la tête du lit. Le bandage de corps est une bande de toile ou d’un autre tissu résistant, longue de 1 mètre à 1 mètre 20 et large de 15 à 18 centimètres dans son milieu, de 10 à 12 centimètres aux extrémités. Ce bandage présente, à une certaine distance du milieu, une fente verticale incomplète ou boutonnière, assez grande
pour permettre d’y engager une des extrémités du bandage; cette boutonnière occupe la partie antérieure et médiane lorsque l’appareil est placé.
On applique ce bandage directement sur la ceinture ■ précédente, le plein en ari ière ; puis on ramène les deux ."chefs en avant, et on engage l’un d’eux dans la boutonnière. Les ,extrémités de ces chefs sont attachées sur les parties latérales du lit à l’aide de courroies. Ce dernier b'aqdage enserre le corps comme la ceinture précédente autour de laquelle il est placé; on doit le fixer à cette ceinture à l’aide de plusieurs épingles anglaises. La ceinture et le bandage sont alors confondus en une seule pièce. Le but de ces deux ceintures superposées est de former une enveloppe plus complète pour la fixation du thorax. Le bandage de corps porte quatre lacs, tous attachés en arrière sur deux lignes verticales, deux au bord supérieur, deux au bord inférieur. Les lacs supérieurs sont fixés à la tête du lit, les lacs inférieurs aux barreaux du pied du lit. Les deux ceintures sont en définitive tenues par six lacs, deux appartenant à la première ceinture, quatre appartenant à la seconde, c’est-à-dire au bandage de corps. Le but de ces lacs multiples est de mieux fixer ces deux pièces de l’appareil’. »
Nous avons modifié légèrement l’appareil de notre maître Lannelongue, en remplaçant les deux bandages superposés par une brassière baleinée embrassant le thorax et l’abdomen, lacée en arrière, bouclée en avant et fixée supérieurement aux épaules par deux rubans munis de boucles. Aux quatre angles du dos de cette brassière, c’est-à-dire derrière les épaules et de chaque coté du bassin, sont fixées quatre solides courroies en