‹ Coxalgie tuberculeuse et son traitementChapitre 32 sur 69 · EXTENSION CONTINUE · texte numérisé non relu

EXTENSION CONTINUE

tissu de bretelle dans une direction oblique en dehors et en haut pour les épaules, en dehors et en bas pour le bassin. Ces courroies vont passer dans des boucles fixées à la planche qui soutient et encadre le matelas sur lequel est couché le malade. La brassière étant appliquée et les quatre courroies serrées, le malade se trouve fixé sur le matelas par les épaules et par les côtés du bassin, c’està-dire par le tronc tout entier.

L’appareil de Lannelongue, modifié ou non, est complété par des bracelets de cuir ou de coutil, qui sont appliqués aux cuisses au-dessus des genoux, et attachés d’autre part aux côtés du matelas à l’aide de courroies de manière à compléter l'immobilisation.

Convenablement surveillé, il remplit les indications les plus importantes. Le malade est couché, immobilisé d’une manière suffisante et facilement transportable ; trois conditions essentielles, ainsi que nous l’avons vu.

De plus, sa construction est simple et peu dispendieuse, on, peut le faire fabriquer et réparer partout.

11 suffit de détacher les bandages ou, avec notre modification, la brassière, ainsi que les bracelets des cuisses, pour mettre le malade complètement à nu et procéder aux soins de propreté sans imprimer aucun mouvement à la hanche malade. Ces soins par suite sont renouvelés chaque jour sans aucun embarras et au grand avantage du patient.

EXTE.VSION CONTINUE.

A l’immobilisation, il y a grand avantage à ajouter, dès le début de la coxotuberculose, l’action de l’extension continue à l’aide d’un poids.

Le malade étant bien fixé sur l’appareil, la contrexten-

428 traitement LOCAL,

sion est du même coup réalisée d’une manière suffisante. L’extension est appliquée autant que possible exclusivement sur la cuisse. L’emploi des guêtres diverses à l’aide desquelles les tractions sont toujours exercées en grande partie, sinon complètement, sur le cou-de-pied et soi la jambe, est souvent la cause de la distension des ligaments du genou, du relâchement et même parfois d’une sorte de dislocation de cette jointure. L’appareil extenseur doit saisir la cuisse au-dessus des condyles fémoraux. Le plus souvent on le fait avec l’emplâtre de diachylon.

Nous procédons de la manière suivante : deux bandes de diacbylon ayant la forme d’un triangle isocèle d’une longueur égale à celle de la cuisse sont découpées depuis leur base jusqu’au voisinage de leur sommet, en cinq ou six lanières comme des lames d’éventail. On les applique sur la cuisse l'une en dedans, l’autre en dehors, de telle sorte que le sommet du triangle réponde au niveau du genou, et on les fixe de bas en haut par un bandage roulé, en ayant soin de rabattre l’extrémité supérieure dès lanières de diachylon et de. les recouvrir de nouveaux tours de bande. En aucun point le diachylon ne reste exposé à l’air; on empêche ainsi l’emplâtre de rmiciretde causer le développement d’éruptions cutanées.

Aux deux sommets des triangles de diachylon, de chaque côté du genou, on attache par une couture les deux extrémités d’urîe bande de toile dont la partie moyenne embrasse la plante du pied à la manière d’un étrier. Apres avoir recouvert les condyles fémoraux, la jambe et le coude-pied d’une couche d’ouate, ou fixe la bande de toile par-dessus cette ouate à l’aide d’un second bandage roulé. La couche d’ouate a l’avantage de prévenir les écorchures, les escarres même, dont j’ai souvent vu les

EXmSIO.N CONTINUE. ' .12!)

I races au niveau du genou et du cou-de-pied chez les malades qui avaient été soumis à l’extension continue.

Avec cette disposition, que nous trouvons du reste en partie décrite dans le livre de Sayre*, l’extension n’agit que sur la cuisse. La corde qui soutient le poids et passe sur la poulie fixée au pied de la gouttière de Bonnet ou du matelas de Lannelongue, vient s’attacher à la bande en étrier.

D’autres moyens ont été employés. Nous avons remplacé le diachylon par un bracelet de gutta-percha recouvrant la cuisse sur une hauteur d’environ 15 centimètres et moulé inférieurement sur les saillies des condyles fémoraux. Deux forts crochets attachés latéralement au bord inférieur du bracelet servent d’attache à la bande qui descend au-dessous du pied. La gutta-percha s’applique bien sur la peau et glisse peu. On peut du reste chaque jour enlever et remettre en place le bracelet, qui est fendu antérieurement et fixé par quatre ou cinq tours de bande ou de courroie.

M. Cartier, ancien interne de l’Hôpital maritime, applique deux bracelets de peau, l’un au-dessus du genou, l’autre au-dessus du cou-de-pied, et il dispose les lacs extenseurs de manière à répartir l’extension également sur la cuisse et sur la jambe.

II vaut mieux qu’aucune traction ne soit exercée sur la jambe. Aussi n’employons-nous jamais les longues bandes de diachylon appliquées à la fois sur la cuisse et sur la jambe. Les longues guêtres orthopédiques en cuir recouvrant la jambe et la cuisse glissent et se plissent constamment, et sont toujours d’un médiocre usage.

Ces détails, sans grand intérêt pour les personnes ex-

1. L. A. Saïre, Orthopédie Surgery and Diseases of the joints,

2° édition, 1883, p. 277.

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périmentées, nous sont inspirés par la difficulté d’appliquer correctement l’extension sur la cuisse et par la manière défectueuse dont cette extension est généralement pratiquée.

J’ajoute encore que l’appareil, quel qu il soit, exige une surveillance attentive. Les jeunes enfants le salissent fréquemment, ce qui nécessite son renouvellement. On doit s’enquérir chaque jour s’il n’y a pas de blessure de la peau, spécialement au niveau du genou et du cou-depied. En tout cas, l’appareil est enlevé complètement au moins tous les quinze jours.

Le poids qu’il convient d’employer varie avec l’âge et la vigueur du sujet. Chez les jeunes enfants, on commence par 500 grammes et on arrive progressivement en quelques jours à 2 ou 5 kilos. Après dix ans, le poids peut être augmenté jusqu’à 4 et même 5 et 6 kifos, rarement davantage. On a atteint le maximum lorsque l’extension, jusque-là bien supportée, devient incommode et trouble le sommeil.

Lorsque l’extension est appliquée, on doit veiller à ce que le pied conserve sa direction normale. A défaut de cette précaution, nous avons vu la rotation du membre en dehors se prononcer à ce point que le bord externe du pied se trouve appliqué sur le plan du lit. Cette déviation,

ne fois produite, devient au bout de peu de temps fort difficile à corriger. Nous voyons en ce moment deux enfants dont la coxalgie paraît à peu près guérie et chez lesquels larotation du pied en dehors, consécutive à l’extenlon continue mal surveillée, atteint un degré extrême.

Le seul moyen de la corriger sera une ostéotomie

sous-trochantérienne.

Ceci nous amène à examiner brièvement quels sont les effets physiques de l’extension continue sur la hanche.

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