TRAITEMENT DES ABCÈS TUBERCDLEUX
raie ont le plus de chance de se résorber spontanément.
Dès que la collection a pris un certain -volume, celui d’une mandarine, d’une orange ou du poing, et surtout dès qu’il tend à devenir superficiel, on doit modifier sa marche par un traitement actif.
Nous ne nous arrêterons pas à la ponction simple, qui n’est qu’un palliatif comparable à la compression et aussi inefficace. La ponction doit être suivie d’une injection. Deux liquides se partagent actuellement la faveur générale comme agents modificateurs, l’iodoforme en solution dans l’éther à 5, à 10 pour 100, en suspension dans la glycérine dans les mêmes proportions, ou le naphtol camphré. Ce n’est pas le lieu de discuter ici les avantages et les inconvénients de chacun de ces liquides.
Actuellement nous procédons de la manière suivante. Nous nous servons de l’appareil de Potain, avec une disposition particulière. Deux flacons gradués contiennent 1 un une solution saturée d’acide borique, l’autre du naphtol camphré ou de la glycérine iodoformée. Chacun de ces flacons est muni d’un bouchon de l’appareil de Potain avec ajutage à double tubulure et du tube en caoutchouc garni de bouts métalliques qui relie le flacon au trocart.
La peau étant aseptisée par un savonnage et un lavage avec la solution de sublimé au millième, nous pratiquons la ponction de l’abcès avec le plus gros trocart de la'série de Potain. Ce trocart est celui qui nous paraît convenir le mieux par son diamètre. L’abcès est vidé sans aspiration ; une pression modérée sui' la poche favorise févacuation. Ensuite on injecte un peu de solution boriquée de manière à tendre modérément la poche. Ce liquide est ensuite évacué avec des restes de grumeaux ou de liquide puriforme. L’injection boriquée est répétée quatre, cinq fois
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et davantage, jusqu’à ce qu’elle ressorte à peu près limpide. La poche étant évacuée une dernière ibis, on y injecte une quantité de naphtol camphré variant de 25 grammes à 50 grammes, selon la capacité de l’abcès. Le trocart est ensuite retiré et l’orifice de la ponction fermé à l’aide du collodion et d’un léger flocon d’ouate, remplaçant la baudruche autrefois employée.
Nous ne pratiquons pas l’aspiration pour vider l’abcès; elle est au moins inutile. Si le liquide ne s’écoule pas, c’est qu’un grumeau bouche la canule du trocart. On remédie à ce contretemps soit en introduisant la sonde mousse dans la canule, soit en injectant brusquement une petite quantité de solution boriquée.
Les injections boriquées ont pour effet de favoriser mécaniquement l’évacuation la plus complète possible du contenu de l’abcès, c’est-à-dire d’enlever tous les produits liquides et solides peu susceptibles de résorption. L’injection du naphtol camphré ou d’un liquide iodoformé a seule une action modificatrice.
On renouvelle cette ponction suivie d’injection, d’après le même procédé tous les 10 jours, tous les 15 jours, tous les 20 jours, selon la rapidité plus ou moins grande de la reproduction de l’abcès. Nous n’hésitons pas à refaire 3, 4, 5, 6 fois cette injection médicamenteuse, que nous considérons comme une sorte de pansement de l’abcès plutôt que comme un acte opératoire.
Les quatre cinquièmes au moins des abcès tuberculeux guérissent par ce procédé sans laisser de fistule, dans une période de temps qui varie entre un et quatre ou cinq mois.
11 n’est pas très rare qu’un abcès, superficiellement situé, s'ouvre spontanément par l’orifice qui marque le du trocart. Lorsque le fait se produit, on profite de la cir-