‹ Coxalgie tuberculeuse et son traitementChapitre 52 sur 69 · DÉSARTICULATION DE LA HANCHE · texte numérisé non relu

DÉSARTICULATION DE LA HANCHE

Lorsqu’après une résection on n’a pas obtenu une amélioration permettant d’espérer la guérison, lorsque la suppuration continue à menacer l’état général par son abondance, ou bien encore lorsqu’une ostéomyélite infectieuse est venue compliquer l’état pathologique du fémur, on ne doit pas toujours renoncer à sauver la vie du malade, la désarticulation de la hanche reste comme l’ultima ratio du traitement opératoire. On peut y recourir chez les enfants surtout, dont la résistance surmonte les chocs opératoires les plus graves et dont l’état général est presque toujours susceptible de se réparer, dès qu’on a supprimé la cause qui l’altérait, soit, dans le cas de la coxalgie, la suppuration.

En présence de quelques malades dont la vie était manifestement menacée par la multiplicité persistante des fistules, nous nous sommes décidé à désarticuler la hanche déjà réséquée depuis fort longtemps.

Un enfant de 10. ans, réséqué par Cazin depuis plus de trois ans et demi, albuminurique depuis plus d’un an, continuant à suppurer abondamnient, et déclinant d’une

manière manifeste, a subi la désarticulation de la hanche quelque temps après une visite à Berck du professeur Verneuil, qui nous a encouragé à mettre notre projet à exécution.

Nous avons suivi le procédé à raquette, mais la partie verticale de l’incision, manche de la raquette, a été placée sur le côté externe de la hanche dans l’incision ancienne de la résection. L’artère et la veine fémorales ont été liées immédiatement après l’incision oblique de la peau, autour de la partie interne de la cuisse. Dès que les parties molles ont été coupées jusqu’au fémur, celuici s’est laissé décoller de bas en haut, laissant une longue gaine de périoste susceptible de reproduire-de l’os dans la suite. La plaie n’a pas été réunie.

Cette désarticulation a été faite le 12 décembre 1892. Malgré la gravité extrême de l’état général au moment de l’opération, malgré des vomissements persistants, le choc opératoire n’a pas été violent. L’amélioration était déjà sensible au bout de six semaines. Après trois mois, la cicatrisation de la plaie opératoire est complète sauf une fistule répondant au cotyle. 11 n’est pas douteux dès maintenant que la lésion locale ne se répare, mais il reste à savoir si l’altération des reins, néphrite par suppuration, est susceptible de réparation ou plus exactement s il reste dans les reins assez de parties saines ou réparables pour les fonctions normales. C’est le seul obslacle possible à la guérison, et il n est pas démontré qu’il soit absolu. Nous savons en effet que l’albuminurie, produite par la suppuration, peut cesser avec sa cause, malgré des altérations rénales indéniables.

Nous avons plus récemment pratiqué cinq fois la désarticulation de la hanche dans les mêmes conditions : résection ancienne, suppuration abondante, albuminurie.

DESARTICULATION.

Un des malades a succombé, les quatre autres sont en voie de guérison. Ce qui fait en somme cinq succès sur six cas.

Fig. 17. — Coxotuberoulose compliquée d’albuminurie par suppuration ancienne. Guérison après la désarticulation de la hanche par le procédé en raquette postérieure.

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