LÉSIONS OSSEUSES A DISTANCE
. Chez les jeunes sujets, la coxotuherculose amène des troubles de nutrition et de développement sur tous les os du membre inférieur correspondant.
Dans le voisinage immédiat de la hanche malade, l’os iliaque et le fémur peuvent être le siège de lésions tuber-
culeuses, d’ostéomyélite infectieuse et aussi de troubles
nutritifs particuliers.
11 n'est pas. rare que les ulcérations tuberculeuses du cotyle se prolongent dans la fosse iliaque externe ou vers l’ischion, ou qu’un foyer tuberculeux isolé se développe à quelque distance de l’articulation. De même on peut rencontrer des îlots d’infiltration tuberculeuse ou des cavernes au-dessous du grand trochanter, dans la partie supérieure de la diaphyse; en pratiquant des coupes longitudinales du fémur sur toute sa longueur, on trouve parfois, dans l’épaisseur de la moelle, des points blancs un peu saillants et tranchant par leur teinte sur la coloration grisâtre du tissu médullaire ; ce sont des granulations tuberculeuses disséminées. Il n’y a pas lieu d’insister longuement sur la présence d’un tel semis tuberculeux dans le voisinage du foyer principal. Le même effet se produit fréquemment autour des foyers tuberculeux invétérés, quels que soient le tissu et la région où l’on ait à les étudier.
L’ostéomyélite infectieuse complique assez souvent sous la forme chronique la coxoluberculose suppurée et fistuleuse. La cavité articulaire étant devenue un terrain de culture pour les microbes les plus variés de la suppuration, les extrémités osseuses, déjà ulcérées, semblent se trouver dans des conditions très favorables à l’infection pyogène. Celle-ci se produit effectivement mais d’une manière lente, sans signes cliniques spéciaux. La fosse iliaque d’une part, l’extrémité du fémur d’autre part augmentent d’épaisseur et l’on trouve à l’examen direct une couche épaisse d’os nouveau recouvrant l’os normal. On comprend qu’un acte opératoire, comme la résection ou un curettage, puisse sur des sujets ainsi affectés être parfois suivi d’une poussée aiguë d’ostéomyélite, et même
d’abcès sous-périostiques à distance, bien qu’on ait pris des précautions antiseptiques sévères. Nous en, citerons des exemples à propos du traitement. Quoi qu’il en soit, l’hyperoslose parfois considérable que l’on rencontre sur l’os iliaque ou sur le fémur doit être attribuée à l’infection pyogène beaucoup plus qu’à la tuberculose. Une hyperostose de notable volume est tout à fait exceptionnelle dans l’arthrite tuberculeuse sans abcès. Elle se produit après l’établissement des fistules. On doit en tout cas retenir ce fait que l’ostéomyélite infectieuse vient s’ajouter au processus tuberculeux. Nous aurons à ,avenir sur cette question pour expliquer la persistance des fistules après les résections faites trop tardivement.