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REDRESSEMENT ET IMMOBILISATION

gravité très différente. Dans l'une, l'articulation est seulement iixée temporairement ou définitivement dans une attitude vicieuse ; la contracture d'abord, puis la rétraction, la déformation des surfaces et les adhérences sont les éléments de cette fixité. Dans l'autre, il s'ajoute un ou plusieurs abcès froids. Cette dernière éventualité sera examinée plus tard. Pour le moment, nous envisageons l'affection, en ce qui concerne l'attitude et les effets qu'elle entraîne. Les indications sont pressantes, et on peut les formuler ainsi :

1° Corriger l'attitude et maintenir le membre dans la position la plus favorable à un bon fonctionnement.

2° Combattre la compression des surfaces articulaires provoquée par la contracture, les rétractions, etc.

En vue d'obtenir ces effets, deux grandes méthodes reposant sur des principes différents sont en présence :

a) Le redressement suivi de l'immobilisation de la hanche dans une bonne position, à l'aide d'appareils de contention divers ;

b) L'extension continue.

A. — Méthode du redressement et de l'immobilisation ù Vaide d'appareils de contention.

Le redressement comprend deux modes de procéder. Dans l'un, le membre est redressé brusquement en une seule séance, puis immobilisé dans un appareil ; dans l'autre, le redressement lent et progressif est fait avec les mains ou à l'aide de machines.

1° Redressement brusque. — C'est à Bonnet (de Lyon) qu'appartient le mérite d'avoir bien établi les règles du redressement brusque ; il a de plus imaginé un moyen commode et efficace d'assurer la contention. L'application de la méthode se fait en deux temps : le redressement, la contention.

Le redressement s'exécute en général sous le chloroforme ; l'anesthésie est poussée jusqu'à la résolution complète du système musculaire. Dans cet état, la part de résistance qui revient à la contracture est annihilée ; il reste à vaincre celle qui dépend de la rétraction fibreuse des muscles, des aponévroses, de la capsule articulaire, d'adhérences ou de changements de forme survenus dans les os. Cette résistance, on le prévoit, est faible dans les cas encore récents où il y a peu de lésions de voisinage, où l'attitude fixe est exclusivement sous l'influence de l'action des muscles. Plus tard, elle peut être considérable ; on ne la surmontera que par un grand déploiement de force ; et comme le point d'appui se prend sur le squelette , on devra craindre une solution de continuité des os. Certains ménagements seront donc d'une pratique prudente, et parfois on se contentera d'un résultat immédiat imparfait, plutôt quecb s'exposer à un accident, sauf à revenir dans la suite à de nouvelles tentatives.

Pour procéder au redressement, le chirurgien fait préalablement immobiliser le bassin par des mains vigoureuses. Deux ou trois aides sont nécessaires, et encore le but est-il parfois difficilement atteint. Aussi Bonnet, Langenbeck, Bùhring avaient-ils imaginé des machines, des étaux, pour remplacer les aides ; mais ces machines, qui sont d'une application assez difficile, qui compliquent l'arsenal chirurgical ne sont pas entrées dans l'usage. Le bassin étant fixé, le chirurgien imprime au fémur des mouvements successifs en différents sens, adduction, abduction, flexion, extension, en leur donnant progressivement plus d'étendue. Les mouvements de flexion et d'extension sont ceux sur lesquels il convient d'insister le plus tout d'abord. Des craquements, des ruptures fibreuses s'entendent, se sentent à la main. On doit modérer la force déployée ; il faut éviter avec soin les échappées, les violences qui pourraient dépasser le but, et rompre un fémur aminci et friable. Peu à peu, après des essais, des efforts répé-

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