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TRAITEMENT DES ANKYLOSES DANS LA C0X0TUBERCUL0SE

Lorsque la guérison spontanée s'est effectuée dans une mauvaise position, et qu'en même temps la santé générale est rétablie depuis longtemps, on peut être appelé à faire la correction de l'attitude en vue de rendre au membre le fonctionnement nécessaire à la station et à la marche.

Chez un sujet guéri avec une ankylose angulaire très prononcée par exemple, on peut opérer le redressement; mais les difficultés à vaincre et les procédés d'exécution varieront selon les cas. Si l'on est en présence d'une ankylose fibreuse dont la résistance n'est pas trop grande, on pourra recourir au redressement simple. Le malade étant endormi, le chirurgien assisté par des aides qui maintiennent le bassin fait le redressement brusque, comme dans la méthode de Bonnet, puis il applique un appareil d'immobilisation comme la gouttière ou un appareil inamovible.

Le résultat de cette intervention est généralement favorable. Yerneuil a exprimé la crainte que le traumatisme chirurgical porté sur le terrain dangereux de l'arthrite, ne soit de nature à réveiller le processus pathologique dont on a obtenu avec grand'peine la rétrocession. Sans doute, il y a une part de vérité dans cette appréhension. Mais elle ne doit pas être exagérée, et l'importance du résultat à obtenir l'emporte, en général, dans le calcul des indications. On doit redresser les ankyloses de la hanche surtout quand un redressement simple le permet.

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En général, les cas sont plus complexes et plus difficiles : l'ankylose est très serrée, compliquée de déformations articulaires ; la soudure est osseuse : l'intervention doit prendre un caractère plus sérieux; on a le choix entre trois méthodes principales : la rupture de l'ankylose, c'est-à-dire du col fémoral, l'ostéotomie, la résection.

1° La rupture du col fémoral dans l'ankylose osseuse ou fibro-osseuse serrée, pratiquée anciennement par Nélaton et Desprès père, est une bonne opération. C'est à elle qu'on doit recourir en premier lieu. Sur 20 cas (statistiques de Campenon et de Xussbaum réunies), on trouve 12 résultats favorables, 9 fois une diminution notable de l'attitude vicieuse, •"> fuis un résultat nul. Dans aucun de ces cas il ne s'est produit de complication. C'est, en somme, une méthode qui a pour avantage d'être inoffensive et d'être souvent efficace. Ce serait assez pour la recommander, si pour quelques chirurgiens elle n'avait pas pour défaut une simplicité par trop grande, qui fait qu'on lui préfère des méthodes plus opératoires, l'ostéotomie ou la résection.

2° L' ostéotomie du col fémoral, faite en Amérique en 1826, fut pratiquée en France pour la première fois par Maisonneuve en 1847. Elle comporte deux procédés : 1° l'ostéotomie Linéaire ou simple section du fémur, soit au niveau du grand trochanter (Rhéa Barton, 1826), soit à la partie moyenne du col A.dams, 18G9j, soit enfin au-dessous des lrochanters(Gant, 1872; 2" l'ostéotomie cunéenne, dans laquelle on enlève un fragment osseux en forme de coin, de telle sorte que le redressement une fois effectué, les surfaces de section s'adaptent plus cxactcnienl. Ce coin peut d'ailleurs être pris sur un point variable de l'os (Kearny Rodgers, Volkmann, etc.).

Grâce au pansement antiseptique, cette intervention grave est devenue plus inoffensivc que jadis. Une statistique de i»i cas 'Campenon) mentionne S morts; soit 10,8 pour 100, dont 3 par pyohémic, 1 par choc, 1 par épuisement; sur les

41 guérisons, 17 n'ont présenté aucun accident; les autres ont été compliquées de suppuration (9 cas), de séquestres (4 cas), d'hémorrhagie (4 cas), d'érysipèle. En résumé, un grand nombre de guérisons ont été chèrement achetées. Mais plusieurs de ces faits appartiennent aux anciennes méthodes de pansement. Une nouvelle statistique de Yolkmann montre 12 succès sur 12 opérations ; de même une de Davy, 15 succès sur 15 opérations. Ce sont là des résultats d'autant plus remarquables qu'au point de vue fonctionnel le but a été atteint d'une manière satisfaisante.

3° La résection a été faite beaucoup moins souvent pour remédier aux ankyloses de la hanche. On a proposé tantôt la résection de la tète, tantôt la résection sous-trochantérienne. Cette méthode a donné un certain nombre de très heureux succès (Kiister, Israël, Studensky, Mordhorst), mais elle comporte des revers qui ne permettent pas de porter sur elle un jugement favorable.

A ne tenir compte que des résultats et de la sécurité, c'est à l'ostéoclasie, c'est-à-dire au redressement forcé, qu'il faut donner la préférence. S'il échoue, on pourra recourir à l'ostéotomie, qui, grâce aux perfectionnements actuels, est devenue une opération presque inoftensive.

Quelle que soit la méthode adoptée, il est de rigueur, après l'acte opératoire, de placer le membre dans une bonne attitude, et de l'y maintenir, soit en l'immobilisant, soit à l'aide de l'extension continue.

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