II. — TRAITEMENT MEDICAL
La parlie médicale du traitement est de la plus haute importance ; car si la coxotuberculose est une maladie infectieuse à foyer limité tout d'abord, elle tend sans cesse à s'étendre. Selon que la constitution du sujet se maintient bonne ou faiblit, la maladie reste localisée ou gagne du terrain, et les soins chirurgicaux deviennent secondaires en présence de la santé générale qui décline et s'altère plus profondément chaque jour. Il servirait fort peu de concentrer toute son attention pour donner au membre une bonne attitude, si le malade devait succomber prochainement à la tuberculose généralisée. On doit donc considérer l'état général avec la plus grande sollicitude.
L'indication à remplir est unique, il faut empêcher la débililation du malade par une réparation incessante de l'état constitutionnel.
La première et l'une des principales ressources est l'hygiène. Le petit sujet privé de la marche, condamné par le traitement chirurgical à un repos prolongé, ne doit pas pour cela être relégué dans une chambre dont il ne sortira plus. Au contraire, ses appareils de contention et d'extension seront disposés de manière qu'il soit facile de le changer de pièce. Il assistera aux repas des autres; on le transportera surtout dehors et il passera autant que possible ses journées au grand air. Un temps froid, s'il est sec, ne doit pas être un prétexte pour ne pas le faire sortir. Même dans notre climat parisien les jeunes sujets peuvent être promenés à l'air une bonne partie de l'hiver. L'enfant qui reste couché dans l'atmosphère restreinte du meilleur appartement, perd l'appétit, ses couleurs et ses forces. Le grand air est pour lui un excitant utile de toutes les fonctions nutritives, de la peau, du système digestif. Le système nerveux
devient plus calme, le sommeil meilleur. C'est pour le malade une grande distraction qui lui conserve son entrain et sa bonne humeur; et dans ces conditions, si la santé générale ne présente pas une apparence prospère, du moins elle se maintient bonne.
Le régime doit être soigné, les fonctions digestives étant en général peu troublées. La nourriture sera surtout animale et excitante. On donnera des viandes fraîches et salées, du poisson, des œufs, du bourre, quelquefois de la viande crue avec ou sans alcool. Le malade boira du vin, de la bière. On supprimera les sucreries, les friandises qui diminuent l'appétit et qui ne forment qu'un régime débilitant.
La médication proprement dite tire ses ressources des préparations toniques et reconstituantes : du quinquina, du fer, de l'huile de foie de morue, de l'arsenic, du phosphate de chaux. On évitera de diminuer l'appétit par des doses trop fortes de ces médicaments. L'huile de foie de morue sera donnée plutôt en hiver, on la supprimera momentanément durant les chaleurs de l'été, ou s'il survient des troubles gastriques, de la diarrhée, etc. En tout cas, on ne comptera pas exclusivement sur l'efficacité d'un médicament quelconque, et rien ne devra détourner des précautions hygiéniques qui constituent le fond du traitement médical.
La question de choix du climat et du séjour des malades dans une slation maritime ou thermale n'est pas sans importance, et réclame une appréciation. La tuberculose étant effectuée mais locale, et privant par le siège qu'elle occupe le sujet du bénéfice de la marche, il en résulte que les climats rigoureux où le vent règne d'une manière soutenue , contraignent les malades à vivre dans un espace confiné et non en plein air, avec les avantages du soleil. A ce point de vue, le séjour dans un climat tiède ou chaud, à hiver doux, est incontestablement préférable, et le midi de la France offre à cet égard d'excellentes conditions atmosphériques.
l'J4 TRAITEMENT MÉDICAL
Il y a encore le choix du bord de la mer et des contrées non maritimes où l'on trouve à la fois une bonne exposition et une protection contre les vents aigres et froids. Or, il est pour moi très avéré que les malades, particulièrement les enfants, se trouvent on ne peut mieux de leur séjour non loin de la mer ; à l'exception de ceux, et le nombre en est minime, dont le système nerveux est surexcité outre mesure par l'air marin, les enfants de tous les âges en retirent les meilleurs effets. L'état général se remonte promplement, l'appétit y trouve une excitation plus grande, les forces se relèvent, le moral lui-même est moins affecté. En quelques semaines la transformation est parfois surprenante ; mais il ne saurait être question d'un pareil climat pour les sujets en proie en même temps à la tuberculose pulmonaire avec des accidents fébriles.
Ce sont des considérations de même ordre qui doivent décider le choix des localités thermales. Les eaux chlorurées sodiques sont particulièrement indiquées. On conseillera les stations de Bourbonne, d'Uriage, de Bourbon-l'Archambaull, de Salins (Jura) et, par-dessus tout, les eaux puissantes de Balies-de- Béarn, qui réunissent toutes les conditions requises pour l'habitation durant les deux tiers de l'année. Selon les circonstances, on complétera la cure par une médication ferrugineuse ou arsenicale dans les stations recommandées dans ce but.
OBSERVATIONS DE COXOTUBERCULOSE