‹ CoxotuberculoseChapitre 8 sur 31 · ALTÉRATIONS DE VOISINAGE · texte numérisé non relu

ALTÉRATIONS DE VOISINAGE

Au voisinage de l'articulation malade, les muscles sont profondément altérés, el cela, de deux manières différentes. Sous l'influence dune irritation directe, et aussi sous l'influence de

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PREMIERE LEÇON 3o

phénomènes réflexes incomplètement expliqués, les muscles s'atrophient, diminuent de volume, dès le début de la maladie. Ces troubles de nutrition se produisent surtout près de l'articulation, sur le triceps fémoral, sur les fessiers, mais aussi dans tout le membre, sur les muscles de la cuisse et de la jambe. Ils deviennent de plus en plus accentués, à mesure que la maladie progresse davantage. De plus, autour de la hanche, les muscles qui sont restés longtemps en état de contracture subissent des modiiications autres que l'atrophie simple ; les cloisons s'épaississent, s 'indurent, se rétractent, les fibres subissent la dégénérescence graisseuse et disparaissent en grand nombre. Le corps des muscles se transforme en faisceaux durs, sclérosés, qui se confondent plus ou moins avec les épaississements fibreux environnants. Sur certains points, le tissu musculaire est envahi, puis complètement détruit par les fongosités. L'artère fémorale et ses principales branches restent le plus souvent saines. Quelquefois le voisinage d'un foyer inflammatoire fait que leur paroi s'épaissit, se sclérose et que leur calibre est diminué. C'est là, peut-être, une nouvelle cause de troubles nutritifs qu'il convient d'ajouter à l'influence nerveuse. La veine fémorale est assez souvent, dans la période de cachexie, oblitérée par un caillot qui présente la même origine, et qui subit les mêmes transformations que dans les cas ordinaires de phlegmasia alba dolens.

Les ganglions inguinaux et iliaques sont à peu près constamment altérés. Ceux de la fosse iliaque peuvent même s'engorger isolément, mais c'est un fait exceptionnel. Le plus souvent, leur altération est consécutive à celle des ganglions inguinaux. Alors, la chaîne adénopathique qui commence dans le triangle de Scarpa, remonte plus ou moins haut dans la fosse iliaque, quelquefois jusque vers la colonne vertébrale. La lésion peut consister, d'abord, en un simple gonflement ayant son origine dans l'irritation virulente des réseaux lymphatiques de l'articulation; on n'y trouve pas encore d'éléments tuber-

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culeux ; leur tissu est dur et comme sclérosé. Mais il n'est pas rare de voir l'engorgement prendre de plus grandes proportions. Il ne s'agit plus d'une adénite ordinaire, susceptible de se résoudre ou de suppurer rapidement, comme il arrive à la suite des lymphangites d'origine extérieure , mais bien de la tuberculose des ganglions.

Tous les degrés de l'évolution tuberculeuse, depuis le nodule invisible à l'œil nu jusqu'au ramollissement caséeux et aux gros abcès, se rencontrent. C'est l'infection tuberculeuse, portée de la hanche dans les ganglions, en suivant, selon toute apparence, la voie des lymphatiques. C'est une inoculation du virus à distance. On voit là, pris sur le fait, l'un des processus les plus remarquables suivis par la tuberculose pour envahir un tissu éloigné, et produire au loin de nouveaux foyers d'infection. Il est facile, après cela, d'expliquer la propagation des éléments tuberculeux dans tout l'organisme, à partir d'une manifestation locale, isolée et restreinte. Par le même mécanisme, les ganglions sont successivement infectés, l'un après l'autre. Le chemin des lymphatiques est largement ouvert pour ce transport du virus.

Il est un autre mode de propagation, non moins intéressant, par continuité de tissu, et jusque dans les régions éloignées de La jointure. Sur deux de nos pièces, une chaîne de ganglions volumineux et caséeux est en contact avec le péritoine. Or, sur relie séreuse, au niveau de la fosse iliaque, se trouvenl disséminées un grand nombre de granulations tuberculeuses. Ces granulations sont placées dans la zone péiïlonéalc qui recouvre le caecum, l'origine du côlon ascendant, la terminaison de l'intestin grêle. Dans aucune autre région du péritoine il n'existe de lésions tuberculeuses. Nous sommes donc maintenant en présence d'une tuberculose péritonéale localisée qui avait sa source dans les lésions ganglionnaires delà région. Il s'est fait là autour des ganglions malades, sources de l'élément infectieux, une zone d'inoculation de proche en proche, rappe-

lant ce qui se passe dans la synoviale articulaire. Ces différentes lésions tuberculeuses des ganglions et du péritoine sont de tout point comparables aux résultats d'une cxpérimenta-

Fie. !5. — Exemple frappant d'infection tuberculeuse de proche en proche. Coxotubercul08e de la jointure du côté droit. Ganglions iliaques du même côté très volumineux et caséeux. Le péritoine de la fosse iliaque qui les recouvre, présente quelques granulations tuberculeuses éparses ; on en voit aussi sur le caecum. Le reste du péritoine en est dépourvu. Voir obs. XXIV, p. 207.

tion physiologique ; car on voit la tuberculose s'étendre progressivement aux ganglions de l'aine, de ceux-ci aux ganglions iliaques, et enfin directement au péritoine. Il s'est fait une

série non interrompue d'inoculations successives, par divers mécanismes, depuis la hanche jusqu'au péritoine.

M. Poulet, examinant au point de vue histologiquc les filets nerveux qui se trouvent placés dans les tissus. morbides qui entourent les arthrites, a toujours trouvé des lésions de névrite. avec prolifération abondante des éléments du tissu conjonclif. Ces recherches s'appliquent en particulier à la coxotuberculose. M. Poulet pense que cette névrite donne, beaucoup mieux que l'immobilisation seule, la raison d'être des altérations des tissus autour de la jointure malade.

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