Y .Y RI ÉTÉS
l«*> petites indispositions apparentes du jeune enfant rien d’assez sérieux pour s'inquiéter tout de suite et qui remettent trop facilement au lendemain la mite d'un médecin, la consultation de nos cliniques, qui, seules, détermineraient la gravité de la maladie et ses conséquences.
Il n'est pis, quoi qu’on dise, fait une assez grande propagande en faveur de la prophylaxie des maladies d’yeux des enfants ; il n’est pas entre encore dans renseignement donné à nos lillettes dans toutes nos écoles res notions élémentaires qui les mettraient en garde plus tard contre toutes res maladies.
A tort, i notre au-, on a relègue comme indigne, comme honteux, tout enseignement donné à des jeunes Hiles sur ce qu elles devront mettre eu pratique le jour où la maternité les grandira, leur imposera certaines obligations qui, bien remplies, auront pour résultat le développemont certain de l’enfant, r’est-a-dire l’assurance du véritable bonheur de la maison.
Combien de jeunes lilles, lors de leur première maternité, sont incapables de donner les soins les plus élémentaires et même ne savent pas
emmailloter leur enfant!
Par exemple, la méthode du docteur Kalt, si bien appliquée à la clinique ophtalmique des (Juinze-Vingts, si peu coûteuse, si simple, si probante par ses résultat- ipresque 200 guérisons sur 200 cas), n’est pas assez vulgarisée, et si, depuis peu de temps, trop peu de temps, le public esl sam de toutes ces questions, si son attention commence à être attirée sur tout cela, combien faudra-t-il encore de temps pour que ce soit entré dans la pratique habituelle de tous, pour que ce soit devenu « une routine • ?
Il faut reconnaître, cependant, que le nombre des enfants du premier âge atteints de maladies tend à décroître, et espérons que le moment est proche où certaines de ces maladies auront complètement disparu, dans
leurs tristes résultats.
Au moment où nous commencions notre école «raille, ces méthodes si simples n’étaient pas encore appliquées et il était entré dans nos calculs une population plus grande que celle que nous réserve l’avenir, que les 18 p. 100 d’aveugles par ophtalmies purulentes seront et sont déjà notablement diminués, et qu’il ne nous restera comme postulants que tous ceux qui seront atteints d’autres maladies dont la curabilité ne sera pas aossi certaine.
Dans les différents rapports que nous avons faits tant au Conseil général de la Seine qu’au Conseil municipal de Paris, nous avons montré l'importance de l'éducation de l’aveugle à l'âge le plus tendre, nous avons montré rombien dans cet enseignement, qui ne peut être qu'individuel, il faut de patience, de volonté. d’elTorts pour obtenir un résultat sérieux ; c'est ce qui nous a déterminés à abaisser à Braille à l’âge de trois ans l admission des enfants qui ne se faisait qu’à partir de sept ans et à créer l'école maternelle qui nous rend de si précieux services.
Dans un livre que sous peu notre professeur de gymnastique de l’école Braille, M. Itécopé. va faire paraître, et dont il a bien voulu nous communiquer le manuscrit, livre des plus curieux comme études faites sur
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l’aveugle, nous avons été tout surpris du rôle si prédominant de la gymnastique dans le premier âge.
M. Récopé nous montre l’enfant à son arrivée à l’école, craintif, n’osant faire un mouvement par peur de l’inconnu (c’est ce qui explique en grande partie l’habitude de l’aveugle de s’immobiliser dans un coin, sur un banc), puis par un entraînement parfaitement rationnel prenant courage, doutant moins de ses forces, prenaut un peu de confiance en luimême, et cette confiance allant toujours s’augmentant jusqu’au point de reproduire des exercices hardis que ceux qui ne les ont pas vu exécuter mettent en doute.
C’est cette confiance qui plus tard engage l’aveugle ù entreprendre toutes choses auxquelles il ne se croyait pas prédestiné, c’est ainsi qu’il se livre à l’étude, qu’il ose affronter les outils et les difficultés d’un métier et qu’il peut enfin se l’assimiler.
Quand nous disons un métier, le mot n’est pas entièrement vrai. C’est une portion, une fraction large d’un métier qu'il peut apprendre, mais toujours un métier incomplet, sauf dans quelques cas que nous allons examiner.
Mais, au préalable, il faut bannir de notre idée qu’un père de famille aveugle pourra subvenir, sauf dans quelques cas particuliers, très rares, que nous trouverons plus loin, aux besoins d’une femme et de plusieurs enfants.
Déjà les hommes complets, qui jouissent de toutes leurs facultés, qui sont en possession de tous leurs sens, ont bien delà peine à joindre, comme on dit, « les deux bouts » en exerçant des professions manuelles des plus lucratives. Les maladies, les chômages, les charges régulières du loyer sont autant de facteurs qui viennent se mettre à la traverse dans tous leurs efforts.
A plus forte raison pourun père de famille aveugle, qui fatalement ne peut exercer que des métiers très simples, peu rémunérateurs par euxmêmes, la prétention qu’on peut avoir de le rendre chef de famille complet ne peut plus se soutenir.
Il faut donc se contenter d’enlever à sa famille la charge qui lui est personnelle, bien heureux encore si nous pouvons atteindre ce résultat. Tout le reste ne peut être qu’illusion généreuse, mais illusion.
C’est cette étude, fruit de longues observations, qui nous a entraîné à la création de ces ateliers départementaux pour les ouvriers estropiés ou infirmes qui nous ont donné en si peu de temps de si magnifiques résultats dont le département de la Seine peut s’enorgueillir et sur lesquels nous reviendrons plus loin.
Instruction de l’aveugle.
Conformément à la loi, l’aveugle doit être instruit.
Ce sera facile s’il est jeune : son toucher est sensible et il apprendra vite à se rendre compte de tout ce qu’on lui enseignera, tout ce qu’on lui fera toucher; ses yeux seront au bout de ses doigts.
Mais, s’il est âgé, cela devient bien difficile, le toucher n’est plus aussi sensible et si, avant l’accident qui l’a privé de ses yeux, il a exercé un mé-
variétés.
tier manuel un peu dur, <011 épiderme est devenu presque insensible, sauf •u\ objets très durs, très rugueux.
" ! 1 une li mit. dans le n.imliri des métiers qu'il pourra ex.-rcei et la presque impossibilité de lui apprendre à lire en Braille.
Si, pris jeune, ileel si ses facultés développées le rendent
presque un savant, il pourra devenir professeur.
Professeur de quoi ?
Ou d’enseignement primaire, et le nombre de places de professeurs est forcément très limité.
Ou il enseignera la musique.
A qui?
Ce ne peut être à des élèves voyants puisqu’il ne peut lire que la musique écrite en Braille que son élève voyant ne lira pas; de même, il ne pourra pu reetiflei lu m mvaisea attitudes que prendra son élève voyant : donc il ne pourra encore enseigner qua des aveugles, kmploi encore des plus restreints.
Kl s’il est bon instrumentiste, s’il est habile sur le piano, sur l’orgue il pourra être organiste.
Mais on ne crée pas tous les jours des églises, des chapelles pour v
placer des organistes aveugles.
S'il sait un autre instrument, il ne pourra faire partie d un orchestre de voyants, puisque sa musique sera écrite dans une forme spéciale, qu’il
UT*P*Bi '• » mouvements dn bâton du chef d’orchestre, saisir
dans ses mouvements les nuances qui doivent être observées, etc.
Ouant aux enseignements artistiques, ils lui sont absolument interdits.
'01I.1 les quelques métiers intellectuels à l'aide desquels il peut aider utilement sa famille, il peut n'être pas une charge pour elle, et combien le nombre de places est restreint!
Mt'liers manuels.
I.e premier qui s’impose à l'attention, c’est faccord des pianos.
Lt, en effet, l'aveugle peut gagner sa vie; mais le nombre des accordeurs est déjà bien grand, et il aura bien du mal à y trouver une petite
place.
Dans la clientèle combien trouvera-t-il de gens qui ne voudront pas s'adresser à lui malgré ses capacités et malgré leur bon cœur, tant le prém»- contre les infirmes est em ore grand, tant l’aspèi 1 de celte infirmiU présente à ceux qui ne sont pas familiarisés avec elle une sorte de douleur, et de tristesse insurmontables !
Puis, lorsqu’on fait accorder un piano, il faut non seulement disposer l. s cordes, mais encore modifier, ou réparer tous les petits défauts, tous 1 •“» tout < e qui est de la construction infime du pian..
P»« l’aveugle ne connaît pas ni ne pont voir. Il faut donc, dans ce cas, avoir recours à deux personnes : l'accordeur et l’ouvrier voyant facteur.
MaL-ré i..uie5 ces difficultés, le métier d'accordeur est un des meilleurs métiers que puisse faire l’aveugle.
*ivn nHLASiimopierr. — xil.
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La brosserie. — Ici toutes les difficultés se multiplient.
Si les brosses ne sont pas plaquées au dehors, si le plan de la coupe des soies est parallèle au plan du bois de la brosse (exemple, brosse à parquet), l’aveugle ne pourra pas faire complètement les premières parce qu’il ne peut ni préparer son placage, ni le poser, ni le vernir; il ne saura donc que poser les soies, soit à la ficelle, soit au fil de cuivre, si c’est une brosse fine. Et si la coupe de la soie est parallèle au bois de la brosse, il pourra, avec un peu d’habitude, rogner ses soies avec le couteau allemand, sorte de cisaille analogue au couteau de boulanger. Bien que ce couteau présente un certain danger, l’aveugle toujours prudent ne se blessera que très rarement.
Mais si le bois a un galbe quelconque, si petit soit-il, l’aveugle ne peut plus égaliser sa soie avec les ciseaux, puisque ces courbes ne peuvent être suivies qu’avec l’œil.
En fait, ce que nous disions au début, à savoir : que l’aveugle ne peut apprendre qu’une partie d’un métier, se confirme.
Si c’est un balai, les choses se compliquent encore puisque les soies sont coupées suivanl deux plans courbes, l’un dans le sens de la longueur du balai et l’autre dans le sens de la largeur. C’est ordinairement le travail qu’on donne à l’ouvrier voyant habile, car de cette coupe dépend beaucoup l’aspect marchand du balai.
S’il s’agit de balais ou de brosses dont les soies sont fixées à la poix l’aveugle ne peut y parvenir, parce que, d’une part, la poix brûlante l’atteint aux doigts et que pendant le temps qu’il met pour porter son loquet (pinceau de soies qui remplit chaque trou du bois du balai), depuis le bain de poix jusqu’au trou du bois, la poix s’est refroidie et ne prend plus dans le balai.
Nous avons essayé vingt fois de faire exécuter ce travail par un aveugle même réputé habile et nous n’avons eu que des insuccès.
Il ne reste donc comme travail complet pour l’aveugle que la brosserie commune, dite à la ficelle, dont les prix de façon sont très bas et qui ne deviennent rémunérateurs que dans un atelier spécial comme à Braille, où il n’est tenu à l’aveugle aucun cas des bénéfices, frais accessoires, etc.
Ces quelques explications doivent suffire pour faire toucher du doigt les difficultés d’un apprentissage d’abord et d’une exécution complète ensuite.
Vannerie. — La matière première de la vannerie, c’est l’osier, qui, avant d’être employé, nécessite un séjour plus ou moins long dans des bacs sous l’eau afin que l’osier, bien pénétré d’humidité, puisse se tordre dans tous les sens sans se briser. Première opération qui nécessite un matériel quj ne peut tenir dans un logement habité par une famille pauvre.
11 faut encore laisser de côté la vannerie fine qui exige des dispositions, des dessins, des formes compliquées pour lesquels la vue est le principal des outils.
Il reste donc la grosse vannerie qui demande d’abord une somme d’efforts musculaires que tous les aveugles ne peuvent donner; ce sera donc le lot des mieux constitués.
Le montage d’un panier ne peut se faire à l’aide de calibres, de moules ou autres moyens de contrôle qui puissent guider l’aveugle pendant toute