‹ Crédit et les banques d'émissionChapitre 27 sur 29 · LES AVANCES A L'ÉTAT · texte numérisé non relu

LES AVANCES A L'ÉTAT

était pas venue en aide. Grâce aux avances que celle-ci leur a faites, les travaux ont continué, et non-seulement on y a gagné de n'avoir point eu de chômage, d'avoir pu maintenir l'activité industrielle qui était si nécessaire, le crédit général lui-même en a profité. Les titres qu'auraient émis à grand'peine les Compagnies et en en avilissant les prix, ont été écartés momentanément du marché ; ils n'ont point fait concurrence à la rente, celle-ci a pu attendre ainsi des cours plus élevés ; et lorsque notre indemnité a été payée , nos emprunts à peu près placés , alors le marché s'est rouvert aux valeurs industrielles, on les a vendues à de meilleures conditions et la Banque a été remboursée de ses avances. Je le répète, tout le monde y a gagné.

Il faut se défier, en économie financière comme en politique, des principes trop absolus. Les banques d'émission sont créées pour le commerce, c'est incontestable , mais elles ont pour mission aussi de soutenir le crédit. Or, tout se tient dans un pays, et s'il arrivait que le crédit de l'Etat et celui des grandes entreprises fût en souffrance, le commerce lui-même ne serait pas très-prospère, et le papier qu'il met en circulation perdrait de sa solidité.

La grande objection qu'on fait lorsqu'il s'agit d'engager les ressources des banques d'émission ailleurs que dans l'escompte du papier de commerce, c'est que les valeurs qu'on leur donne en échange n'ont pas d'échéance ûxe^ et ne sont pas réalisables sans apporter quelque trouble sur le marché.

Cette objection peut être valable pour le papier qui est la représentation directe des billets au porteur et des dépôts -, celui-là doit être à court terme et facilement réalisable , car c'est avec le recouvrement qu'on en fait, que les banques d'émission peuvent remplir leurs engagements ; mais elles n'ont pas de ressources que dans les billets au porteur et dans les dépôts, elles ont aussi un capital social et une réserve . Quel inconvénient y a-t-il à ce que ces derniers fonds soient engagés ailleurs que dans des effets de commerce ? On n'en a pas besoin pour rembourser les billets et les dépôts ; il suffit que les valeurs par lesquelles ils sont représentés soient très-solides et qu'on puisse en faire usage à un moment donné. C'est une garantie supplémentaire ajoutée à celle qui résulte du fonds de roulement, et il y aurait grand dommage à ce que l'Etat et les grandes entreprises ne trouvassent pas de crédit auprès du principal établissement financier du pays.

Page 1