PREFACE. XIII
cet effet d'obliger les banquiers à garder eux-mêmes leurs propres réserves au lieu de les mettre à la banque principale; ou encore de faire de l'émission des billets au porteur une attribution exclusive de l'Etat, de façon à ce que les deux crédits, celui de la circulation fiduciaire et celui des opérations de banques, soient encore plus séparés qu'ils ne le sont aujourd'hui. Si on analyse ces projets, on les tiouve bien inefficaces. L'obligation pour les banquiers de garder eux-mêmes leurs réserves ne les empêcherait pas, dans les moments de crise, de recourir à la banque principale par la voie de l'escompte ou autrement. Et comme celle-ci serait privée des ressources que lui fournissent ces mêmes banquiers par les dépôts, elle pourrait d'autant moins les assister. Il n'y aurait rien de changé dans la situation. Quant à mettre dans les mains de l'Etat seul le droit d'émission, si on croit que l'on donnerait ainsi plus d'élasticité et en même temps plus de garantie à la circulation fiduciaire, on se trompe étrangement. 11 n'y a pas d'Etat, quelque solide qu'il soit, qui puisse avec sa seule garantie maintenir à tout moment la circulation au pair, s'il n'a pas de quoi la rembourser en espèces. L'expérience est faite sous ce rapport, et cependant il y a toujours, aux yeux de certaines gens , un mirage dans cette idée que