‹ Crédulités; comédie en trois actesChapitre 39 sur 89 · ACTE DEUXIÈME Gl · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME Gl

NKVOLY.

Tu veux que j'aille à Jérusalem ?

MADAME XEVOLY.

Oui.

A pied?

MADAME NEVOLY.

Oui.

XEVOEY.

Pieds uus?

M A l ) A iM E X E V O L Y .

Oui.

NEVOLY.

Elle dil oui. vSais-tu où est placée Jérusislem :'

MADAME NEVOLY.

C'est en terre sainte.

XEVOLY.

Où est-ce la terre sainte? En France? En Amérique ? En Pologne ?

MADAME Ni; VOL Y.

Je ne sais pas. C'est en Icrre sainte, c'est où lu dois aller,

xi: VUE Y.

Bien... bien... Pour aller à Jérusalem, à j ied, le plus direct est de sortir par la porte de Vincennes, c'est pas ici la porte de Vincennes. Je traverse le bois, je franchis la Marne à Charenton et me voici hors de la banlieue. Après je n'ai plus qu'à aller

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devant moi. Je coupe en biais la chaiiij)iif,Mie pouilleuse, je vois Troyes en passant, Cliaunionl, Vesoul, Belforl et je rentre eu Suisse par Bàle. Li Forêt Noire esta côté. Je la traverse, 150 kilonièlres sous bois, [mis le Wurtemberg, puis la Bavière à nioins que je ne prenne par la Souabe pour rejoindre le DanuLe à Balisbonne. Jai le choix. Non ! je franchis les Alpes rhétiques, je tombe dans le Tyrol, le seul endroit gai de l'itinéraire! On y chante et on y danse. Après je traverse la Carinthie, la Croatie, la Bosnie, la Bulgarie, la Roumélie : 8000 kilomètres, la moitié du chemin. J'atteins Constantinople. Je te fais remarquer que tu me fais traverser les Balkans dans un moment difficile. Néanmoins je me tais. Je passe le Bosphore sans rien dire. J'entre en x\sie Mineure. Je coupe le Khodavin d'Itliar, l'Anatoiie. Enfin, j'entre en Syrie. Mes pieds nus foulent la fameuse roule de Danas et j'entre à Jérusalem. Salut ! Entre la vallée de la Seine et la vallée de Josaphat j'aurai fait 6000 kilomètres pieds nus. Je te demande la permission ne m'asseoir.

MADAME \EVULY.

Chjrles î

NEVOLY.

Charles! Voilà tout ce que tu trouves à répondre à mou raid. Si Charles a chaud, tant pis, si Charles a froiJ, tant pis, s'il attrape une bonne fluxion de poitrine, tant pis! c'est un vœu! si les voleurs le dévalisent, tant pis. S'il a faim, s'il a soif; s'il tombe épuisé de fatigue, s'il s^égare dans les forets, s'il tombe du huit d'une roche, lanl pis toujours. Il peu-

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