‹ CreuznachChapitre 18 sur 103 · FR QUES · texte numérisé non relu

FR QUES

Un ami de François, Hartmouth de Cromberg la défendait. Le brave chevalier savait que tout était perdu, mais au milieu de ce désastre, 1l restait encore quelque chose à sauver : l'honneur. Et il accepta le combat.

Quand un héraut d'armes, vint au nom des princes alliés le sommer de rendre le château, Hartmouth, brave comme son épée, répondit qu'il fallait le prendre. Léonidas aux Thermopyles, n'avait pas été plus digne.

L’artillerie des princes alliés était très puissante et en quelques jours la forteresse démantelée, trouée de tous côtés, fut prise d'assaut, livrée au pillage et saccagée.

Plus de vingt ans passèrent sur ces évènements ; dépouillée de ses biens et de sa fortune, la famille de François se perdait peu à peu dans l'obscurité, et les ruines de l’Ebernburg pendaient lamentables au flanc de la montagne. Mais un jour vint où Charles-Quint, prêt à descendre du trône, se rappela de Sikingen, cet ami des mauvais jours ; 1l se souvint qu'il lui devait la couronne impériale et, dans un mouvement de tardive reconnaissance, 1l ordonna que Landsthul, Ebernburg et Hohenburg seraient rendus aux fils de son compagnon d'armes.

Mais avec François avait disparu toute l'importance et toute la grandeur de ce château sur lequel l'Allemagne avait longtemps fixé les yeux, comme les marins regardent le phare sauveur dans une nuit orageuse.

On reconstruisit des tours puissantes et d’épaisses murailles. Corps sans âme, François n’était plus.

En 1689, les Français occupèrent l'Ebernburg et le transformèrent en un grand dépôt d'armes. Puis, fidèles à leurs habitudes, ils détruisirent la forteresse au moment de la quitter. Un siècle encore se passa, le sque-

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