MANIFESTATIONS DE LA SCROFULE
Dans ses phases initiales, la scrofule s'étale sur la peau et les muqueuses ; ses manifestations restent superficielles, ne présentent aucune gravité et ne laissent après leur guérison aucune trace.
Les éruptions cutanées sont érythémateuses ou exsudatives. |
Parmi les premières, nous signalerons l’engelure, que l’on rencontre si fréquemment pendant l'hiver chez les enfants. Sa persistance après la mauvaise saison, son ulcération, doit la faire regarder comme une manifestation de la scrofule.
Le siége de prédilection des scrofules exsudatives est la tête. On les trouve sur le cuir chevelu, les oreilles, la face. Ces parties sont recouvertes de croûtes au-dessous desquelles on trouve des ulcérations superficielles, laissant suinter un liquide séro-purulent.
La scrofule se manifeste sur les muqueuses aussi fréquemment que sur la peau. La blépharite cihaire est très fréquente. Les bords des paupières deviennent rouges et se tuméfient, la base des cils est chargée de croûtes, peu à peu ceux-ci s'étiolent et tombent. Des orgeolets surviennent et se répètent d’une façon désespérante. La conjonctive bulbaire devient le siége de pustules et de phlyctènes qui envahissent la cornée.
La muqueuse pituitaire est envahie à son tour; le
catarrhe nasal se présente à l’état aigu ou chronique. La muqueuse du nez est épaissie, rouge, exulcérée, chargée de croûtes. Elle laisse suinter en abondance un liquide infect. Le malade, ne pouvant respirer par le nez tient la bouche ouverte. Sa voix est nasonnée.
L’oreille s'enflamme aussi; le pavillon et le conduit auditif externe sont le siége d’éruptions eczémateuses, impétigineuses, furonculaires. qui s'étendent parfois jusqu'à la membrane du tympan et l'oreille interne. La surdité est souvent la conséquence de cette otorrhée.
Les amygdales et la muqueuse pharyngienne sont fréquemment atteintes par la scrofule. L’amygdalite se présente à l’état aigu ou chronique, elle se répète, laissant, après chaque attaque, les amygdales plus engorgées. La muqueuse du pharynx, les piliers du voile du palais, la muqueuse des trompes d'Eustache s’enflamment également. Ces altérations de la gorge nasonnent la voix, gènent la respiration, altèrent l’ouie.
La muqueuse génito-urinaire ne reste pas indemne. Les petites filles sont bien souvent atteintes de vulvite et de vaginite catarrhale. Chez les garçons, on trouve, mais plus rarement, la balanite.
Ce sont là les scrofulides bénignes, mais il en est d'autres dont le caractère est plus grave, qui surviennent à une période plus avancée de la maladie et qui se localisent également sur la peau et les muqueuses. Mais elles atteignent plus profondément ces téguments et laissent après elles des cicatrices apparentes.
On citait autrefois parmi elles le lupus tuberculeux, dont le siège de prédilection est la face et le cou et qui se présente parfois solitaire, d’autres fois par groupes. Sa marche est très lente, 1l arrive peu à peu à son apogée,
puis se flétrit lentement, laissant après lui une cicatrice indélébile. D'autres fois, il s’ulcère, laissant des cicatrices larges et profondes, qui ie les parties sur lesquelles elles siègent.
Le lupus se rencontre aussi sur les muqueuses, telles que la conjonctive, la pituitare, la muqueuse buccale, palatine, pharyngienne. Les tubercules du lupus peuvent envahir la langue et la muqueuse vulvaire chez la femme. On considère aujourd'hui le lupus comme une manifestation de la tuberculose.
Pendant l’évolution de ces deux premières périodes de la scrofule, nous voyons survenir, d’une façon à peu près constante, l’adénite. Les engorgements ganglionnaires débutent habituellement sous la mâchoire inférieure et les parties latérales du cou. Ce sont d'abord de petites tumeurs ovalaires, indolentes, mobiles, isolées les unes des autres. Mais tôt ôu tard elles s'accroissent, se réunissent et forment des masses parfois énormes qui doublent et triplent même le diamètre transverse du cou. Pendant des mois, des années mêmes, elles peuvent rester stationnaires; tôt ou tard les unes se résolvent peu à peu, d’autres suppurent sous l'influence d'un travail inflammatoire ; d’autres arrivent au même résultat et se ramollissent complètement, bien que les phénomènes de l'inflammation ne soient pas appréciables. L'abcès finit par s'ouvrir et laisse écouler un pus séreux mêlé à des grumeaux d’une matière caséeuse. Ces suppurations sont lentes à se tarir, la peau est décollée au loin et quant vient la cicatrisation, elle laisse des traces indélébiles et caractéristiques.
Les engorgements ganglionnaires ne se manifestent pas seulement au cou, on les rencontre dans les mé-
diastins, autour des bronches, dans l’aisselle, au pli de laine, dans le creux poplité, dans le mésentère.
Le tissu cellulaire sous-cutané est aussi le siège de suppurations qui n'ont rien de commun avec l’adénite. On voit se produire à la face et au cou une induration circulaire nettement circonserite que recouvre un tégument violacé; en quelques jours la petite tumeur est molle et fluctuante et l’abcès ne tarde pas à s'ouvrir. En d'autres points du corps, ces tumeurs sont plus volumineuses, mais elles évoluent de la même manière. Rarement ces tumeurs se résorbent, le plus souvent elles suppurent, cette suppuration est longue, et la cicatrisation bien lente à se complèter, laisse des traces ineffacables. Ç
On a comparé ces tuméurs aux gommes syphilitiques et on leur a donné le nom de gommes scrofuleuses.
Dans une période plus avancée, à laquelle certains auteurs donnent le nom de troisième période, les manifestations de la scrofule prennent un caractère plus grave encore. Elles atteignent des organes plus importants et plus profondément situés. Les os et les articulations s’enflamment.
L’ostéite scrofuleuse se développe soit spontanément, soit à la suite du moindre traumatisme. Les phalanges, le sternum, les côtes, le tibia, sont le siège le plus fréquent de ces altérations. Parfois pourtant les os du bassin et de la colonne vertébrale sont atteints eux-mêmes. C’est entre cinq et vingt ans que l’ostéite scrofuleuse est la plus fréquente. F8 es
Les articulations subissent aussi linfluence de la scrofule tertiaire et l’arthrite fongueuse est pour les chirurgiens l'expression la plus franche de la scrofule.
Selon Lebert par ordre de fréquence les articulations atteintes sont : le pied, le genou, la hanche, le coude, le poignet, l'épaule. Chez l'enfant, la tumeur blanche la plus fréquente c'est la coxalgie; chez l'adulte, c'est le genou qui est le plus souvent frappé.
Les gaines tendineuses du poignet et du coude-pied sont parfois aussi le siége d’altérations fongueuses. Cette synovite d'un caractère moins grave que l’arthrite, finit souvent par compromettre aussi les mouvements articulaires.
Si la scrofule continue ses progrès, elle étend ses ravages jusque sur les viscères et l'on voit survenir l’engorgement scrofuleux des mamelles et des testicules, la méningite, la pleurésie, la péritonite scrofuleuse, la dégénérescence graisseuse du foie, la néphrite albumineuse, le catarrhe scrofuleux des bronches et des intestins, la phthisie scrofuleuse, le carreau.
Un certain nombre de pathologistes ont voulu enserrer les manifestations de la scrofule dans des limites qu'ils ont divisées et subdivisées au gré de leurs idées et de leurs doctrines. Pour eux la serofule parcourait quatre périodes. La première se place entre les deux dentitions, elle se caractérise par l'apparition de maladies cutanées ou des muqueuses, avec ou sans engorgements ganglionnaires. Les accidents de la seconde période ressemblent beaucoup à ceux de la première qui les ont du reste précédés, mais ils en diffèrent par leur gravité, leur tenacité. Dans la troisième période surviendraient les abcès froids, les périostites, les ostéites, les caries, les tumeurs blanches. Enfin dans la quatrième période, on verrait survenir les accidents viscéraux de la scrofule.
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Il est des malades chez lesquels la scrofule suit dans ses manifestations le programme que nous venons de. tracer ; mais l'observation clinique nous montre chaque jour que cette diathèse n'évolue pas avec la régularité de la syphilis. Parfois ce sont les accidents de la période tertiaire ou quaternaire qui ouvrent la marche, d'autres fois les accidents de la première période apparaissent à leur heure, puis quelques années plus tard sans que les lésions de la seconde et de la troisième période se soient produites, le malade est emporté par l’une ou l'autre manifestation quaternaire. (
La scrofule est une affection grave ; sa durée, son hérédité, l'importance de ses manifestations, celle des tissus et des organes qu'elle frappe en font une des plus redoutables diathèses que la thérapeutique ait à combattre. Certaines formes de la scrofule sont pourtant bénignes et permettent à ceux qui en sont atteints de parcourir une longue existence. Ces formes bénignes sont les plus communes et l'on peut dire que peu d'enfants y échappent. Je veux parler des eroûtes de lait, des blépharites ciliaires, des conjonctitives pustuleuses, des eczémas et des érythèmes passagers. Le plus souvent les enfants restent sujets à ces phénomènes morbides jusqu à l’âge de la puberté ; les modifications physiques qui surviennent à ce moment et les bonnes conditions hygiéniques suffisent bien souvent à les mettre désormais à l'abri des retours offensifs de la diathèse.
À côté de ces formes bénignes, 1l en est de graves, qui évoluent lentement, parcourant toutes leurs périodes, persécutant le malade sans relâche jusqu'à la mort. D'autres fois, la marche de la maladie est de temps en temps interrompue par des intervalles de bonne santé,
On espère que le patient va guérir, on le croit même guéri et tout-à-coup des accidents plus graves que jamais surviennent et le malade est emporté.
La gravité de la scrofule, tant au point de vue de l'individu que de l'espèce, explique l'importance que les médecins ont toujours attachée au traitement de cette maladie. Certes la thérapeutique n'a pas toujours raison d'elle, mais nous pouvons dire pourtant sans exagération, que dans la plupart des cas, si le traitement a été sévèrement institué et suivi, si le malade et le médecin ont eu la patience de le poursuivre longtemps, c'est-àdire pendant des années, si une excellente hygiène est associée aux mesures thérapeutiques, le mal sera victorieusement combattu. Je ne dis pas que la diathèse aura disparu, mais J'affirme que ses manifestations ne se produiront pas ou seront tellement réduites que le malade pourra se croire guéri et que cette illusion pourra être partagée par tous ceux qui l'entourent. Mais même dans les cas de scrofule bénigne si le traitement est mal ordonné, s'il est négligemment suivi, si le malade se livre à des excès, si les conditions de régime ou d'hygiène sont défavorables, on voit tout à coup la maladie prendre un élan vigoureux, revêtir des formes graves et parfois mortelles.
Je me résume en disant que la thérapeutique peut, dans la plupart des cas, sinon guérir la scrofule, au moins atténuer cette diathèse au point de ne plus lui permettre de se manifester.
Je n'envisagerai la thérapeutique des affections serofuleuses que dans ses rapports avec le séjour du malade à Creuznach.
Les soins hygiéniques occupent une place si impor-
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tante dans le traitement de la scrofule que Lebert a pu dire avec raison : « Si nous devions choisir entre le trai- » tement médicamenteux seul, sans bonnes conditions » hygiéniques, ou celles-ci sans l'emploi des remèdes » internes, nous déclarons que notre choix se fixerait » sans hésitation sur une bonne hygiène. C’est dire » combien nous y attachons d'importance. »
Les malades trouveront à Creuznach l'air pur et sec que tous les médecins ont conseillé aux scrofuleux. Ils trouveront dans le Val des Salines, autour des bâtiments de graduation, une atmosphère spéciale, imprégnée de principes salins, dont l’action sera si bienfaisante pour leur constitution. Mais, nous objectera-t-on peut-être, n y a-t-il donc pas de serofuleux à Creuznach ? Certes, il y a des scrofuleux dans cette atmosphère dont nous vantons les avantages. Mais l'expérience des siècles a demontré que tel air, qui ne préserve pas les indigènes des scrofules, est utile comme changement à ceux qui viennent de contrées différentes.
Le malade doit vivre à l'air libre et s'y livrer à un exercice modéré. Les belles vallées de la Nahe et de l'Alzens, toutes pleines de richesses et de magnificences naturelles, offrant à chaque pas des souvenirs historiques, solliciteront le malade à les parcourir. Et devant ces panoramas qui réjouiront ses yeux, il oubliera les fatigues que lui impose la prescription médicale, et se livrera avec plaisir à des promenades qu'il n'avait, chez lui, ni le temps, ni la volonté de faire.
Sous tous les rapports, Creuznach répond aux nécessités du régime tonique que les scrofuleux doivent suivre. Les tables des hôtels sont abondamment pourvues des mets les plus délicats et les plus fortifiants, et
leurs caves ne laissent rient à désirer sous le rapport de la qualité des vins d'Allemagne, de France ou d'Espagne.
Le régime du scrofuleux sera tonique, car c'est là l’idée qui doit dominer tout le traitement : tonifier la constitution pour contrebalancer les effets d'une maladie essentiellement débilitante. | __ Les aliments seront choisis parmi les plus toniques :
les viandes noires, les œufs, le lait, le poisson, les bons
légumes de la saison, les fruits mürs, la bière et le vin. Certains médecins sont animés, contre quelques aliments, de préjugés vraiment féroces, et les défendent à leurs patients. J'estime qu'il faut laisser un peu de latitude au malade dans le choix de ses aliments et ne pas repousser systématiquement toutes les fantaisies de son estomac.
Ce que le malade mange, 1l le doit manger avec plaisir, voilà un principe qu'il ne faut pas perdre de vue.
Après les soins hygiéniques se place le traitement médical.
Ce traitement, nous l'avons dit déjà, consiste dans l'emploi des eaux salines en bains et en boissons.
Il n'est pas de diathèse contre les manifestations de laquelle les eaux de Creuznach agissent avec plus de puissance que sur la scrofule. On peut dire qu’elles sont
le véritable spécifique de cette cruelle maladie. Jai
été frappé de leurs effets curatifs dans les cas les plus invétérés et les plus rebelles à tous les autres modes de traitement. Je veux citer, à l'appui de l'opinion que J'émets 1c1, celle de médecins célèbres, aussi désintéressés, dans leur appréciation, que je le suis moi-même.
« Les eaux chlorurées sodiques, dit Durand-Fardel, » constituent la médication spéciale de la scrofule. »
« S'il est hors de doute, dit le D' Wetter, que les » sources salines contenant des principes d'iode, exer- » cent en général des effets radicaux sur toutes les » maladies du système lymphatique et une grande partie » de celles du système veineux, on doit surtout attendre, » des sources de Creuznach, des résultats très efficaces, » qui s'étendent même sur les formes de maladies les » plus opiniâtres et les plus invétérées, produites par » cette diathèse. »
Le célèbre Kopp appelait les bains de Creuznach mêlés à l’eau mère « un des premiers remèdes et des plus » efficaces pour toutes sortes d’affections scrofuleuses » » et, il ajoute : « J'en ai vu des effets incroyables. » Le » professeur Fuchs, parlant de ces eaux, dit : « Dans » toutes les formes de la scrofule, il n'y a pas de remède » qui soit d'une aussi grande efficacité que les eaux » de Creuznach. »
Le professeur Trousseau émet sur ces eaux ce Jugement : « Creuznach jouit, en Allemagne, d'une réputation » méritée pour le traitement des affections scrofuleuses, » les malades y affluent et l'expérience s'appuie sur un » si grand nombre de cas, qu’elle est inattaquable. »
Il y a bien longtemps déjà que ces appréciations si éminemment favorables à l’action des eaux de Creuznach sur la scrofule, ont été émises. Mais les années en s’écoulant n'ont fait qu'ajouter à la réputation de ces sources, devenue universelle. C’est de tous les points du monde que les patients viennent chercher à Creuznach leur guérison ou leur amélioration. J'ai pendant plusieurs années, eu l’occasion d'étudier, dans cette localité, les résultats des cures que tant de malheureux viennent y faire et, joignant mon témoignage à ceux que j'ai rap-
portés déjà, je déclare ne rien connaître de plus actif dans le traitement des manifestations de la scrofule que les eaux de Creuznach. Toutes les formes de scrofule peuvent être soumises à ce mode de traitement. Le scrofuleux torpide, au visage boursouflé, aux lèvres bouffies, au nez épâté, à la corpulence massive, qui ne s’acquitte qu'avec lenteur de ses fonctions physiques et intellectuelles, trouvera sa guérison à Creuznach comme le scrofuleux éréthique, à la peau fine et transparente, aux formes sveltes, à la stature élégante, aux traits réguliers et fins du visage, au développement intellectuel précoce, aux facultés brillantes, au tempérament ardent.
Ce n'est pas seulement la scrofule en puissance d'action qu'il faut combattre par les eaux de Creuznach ; cette thérapeutique n’est pas seulement curative, elle peut être prophylactique, préventive en s'adressant à ces cas où la scrofule n’est encore qu'imminente, où elle n'existe qu'à l’état virtuel.
Le tempérament lymphatique qui touche de si près à la scrofule a bien des degrés et s’il ne constitue pas un état morbide, au moins peut-il être considéré comme une tendance vicieuse de l'organisme; c'est, dit Durand Fardel le premier degré de la scrofule. Dans les cas d'antécédents héréditaires, dans les familles où les aînés sont devenus scrofuleux, la cure à Creuznach est indiquée à titre de médication préventive.
L'action si puissante, si spécifique des eaux de Creuznach sur le Iymphatisme et la scrofule, n’est pas difficile à expliquer. À la vérité, la nature de la scrofule ne nous est pas bien connue encore, mais ce que nous savons d’une façon certaine, c'est que toutes les causes capables d'engendrer cette diathèse, soit pendant la vie intra
utérine, soit pendant l'enfance, soit à l’âge adulte, sont toutes d'un caractère déprimant. Ce que nous savons encore, c’est que toutes les manifestations de la scrofule, c'est que toutes les lésions de tissus qu'elle provoque sont caractérisées par un amoindrissement de l’activité vitale, des désordres profonds de la nutrition et une tendance régressive des éléments anatomiques. Il résulte évidemment de ces connaissances que toutes les actions hygiéniques et thérapeutiques qui stimuleront les fonctions organiques, qui stimuleront la nutrition des tissus exerceront sur la diathèse scrofuleuse une influence favorable.
Or, si nous nous rappelons l'étude que nous avons faite des principes minéralisateurs renfermés dans les eaux de la source Élise et de la source Oranien, que les malades boivent en grande quantité ; si l’on se souvient de leur richesse en chlorures de sodium, de calcium, de potassium, si lou songe qu’elles renferment en outre des iodures, des bromures, du carbonate de chaux, du fer, principes pour la plupart excitateurs et stimulants de la nutrition, on comprendra l’action de ces eaux. Nous disions précédemment qu'elles sont admirablement appropriées à tous ces cas où l'organisme manque de vitalité, où la nutrition est languissante, où toutes les fonctions s'accomplissent difficilement, dans tous les cas où 1l faut stimuler la puissance de l'absorption. Le lymphatisme et la scrofule ne sont-t-ils pas des types de cette déchéance de la vitalité et de la nutrition ?
Les bains d’eau saline à laquelle on ajoute l’eau mère, exercent de leur côté une influence stimulante sur la peau, 1ls en réverllent la vitalité, y provoquent un mouvement fluxionnaire qui décongestionne les organes
internes. L’excitation des nerfs cutanés se propage jusqu’à la moelle et revient par action réflexe arracher à leur torpeur les organes internes et toutes les fonctions de l'économie. |
Cest ce relèvement organique, c'est ce réveil de toutes les fonctions, c'est cette vitalité qui renaît au sein de tous les tissus, qui enraye le dépôt de la matière scrofuleuse dans les glandes lymphatiques, dans la peau, dans les muqueuses, les viscères... puis la fait doucement disparaitre par une absorption dont l'énergie se rallume peu à peu.
Je résumerai ce chapitre en disant: le Iymphatisme, la scrofule, la tuberculose sont les périodes successives à travers lesquelles évoluent les organismes qu'une déchéance héréditaire ou acquise a frappés.
Notre conduite médicale est donc toute tracée: 1l faut modifier le lymphatisme pour prévenir la scrofule et il faut modifier le terrain serofuleux pour prévenir la tuberculose et la phthisie.
Une expérience de soixante années a démontré la haute valeur thérapeutique des eaux de Creuznach sur le lymphatisme et la serofule.
Il ne faudrait pas croire que les eaux de Creuznach n'aient d'efficacité que sur les manifestations du lymphatisme et de la scrofule ; partout où le médecin devra relever la vitalité, toutes les fois quil cherchera à faire résorber les dépôts morbides, quel que soit l'organe ou le tissu qui en soit infiltré, 11 aura recours aux eaux de Creuznach. |
‘Je passerai en revue les principales maladies dans lesquelles une longue expérience a démontré la valeur de ce traitement.
L'ARTHRITIS.
Nous comprenons sous ce titre : la goutte, la gravelle, le rhumatisme. Ces affections constitutionnelles reconnaissent le plus souvent pour cause l'excès de l'apport sur l'usure, un manque d'équilibre entre l'assimilation et la dépense organique, une combustion incomplète des matières azotées introduites dans l’économie par lalimentation. |
Ces matières azotées après avoir servi à la nutrition des tissus, doivent être éliminées sous une forme déterminée. Cette forme, cest l'urée, qui représente un certain degré d’oxydation des matières azotées. Quand par suite d’un état constitutionnel, ce degré d’oxydation normal n'est pas atteint, il se produit de l'acide urique qui s’accumule dans le sang, en proportion sensible et y constitue une matière étrangère qui doit être éliminée. Parfois elle s'éimine tout naturellement par les reins et la gravelle se produit, mais bien souvent l'acide urique se porte vers les articulations et la goutte survient.