CATARRHE NASAL CHRONIQUE (OZÈNE
Le catarrhe nasal chronique ou coryza chronique peut
succéder à la forme aiguë ou débuter par l’état chronique. La scrofule ou la syphilis sont les causes les plus fré-
quentes de la transformation de l'état aigu en état chronique, ce sont aussi ces deux diathèses et surtout la première qui provoquent d'emblée la forme chronique. Altération de la sécrétion nasale, hypertrophie et ulcération de la muqueuse, tels sont les phénomènes essentiels de cette maladie. Ces sécrétions, beaucoup plus abondantes qu'à l'état normal, forcent le malade à se moucher continuellement; décomposées par l'air, elles exhalent une odeur infecte. La respiration est gênée, bruyante, la bouche doit rester ouverte, le timbre de la voix est nasonné. Le catarrhe ne reste pas limité toujours aux fosses nasales, il s'étend bien souvent au pharynx, à la conjonctive, aux sinus maxillaires, aux amygdales, aux trompes d'Eustache.
Cette maladie, qui trouble profondément l'existence du malade, qui le force souvent à s’isoler, tant est infecte l'odeur qu'il répand, est toujours longue et fort rebelle à toute thérapeutique. Remplir l'indication causale en s'attaquant à la diathèse qui a provoqué et entretient la maladie, telle doit être la première préoccupation du médecin. La scrofule, je l'ai dit, est la cause la plus fréquente du catarrhe chronique ; la syphilis est une causé plus exceptionnelle, dans l’un et l’autre de ces cas, une cure à Creuznach remplit l'indication causale.
Au traitement général par les bains et l’eau saline prise en boisson, on joindra un traitement local. De grandes irrigations seront poussées par l’une des narines, de sorte que le liquide ressorte de l’autre. Ces irrigations seront faites avec de l’eau saline pure ou additionnée d'eau mère, une ou plusieurs fois par jour.
« De toutes les lésions, dit Trousseau, qu'entraine la » scrofule, celles qui affectent les membranes mu-
» queuses sont surtout modifiées par les eaux mères. » Ainsi l’ophtalmie, le coryza et l’ozène cèdent le plus » ordinairement à une cure suffisamment prolongée, » pourvu quelle n'aient pas atteint leur période ex- » trême. »
Une longue expérience a confirmé l’opinion émise, 1l y à bien des années déjà, par l'illustre médecin français.