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MALADIES DE L'OREILLE

La diathèse scrofuleuse étale fréquemment ses manifestations sur les diverses parties de l'oreille, parfois elles semblent spontanées, aucune cause étrangère à l'état diathésique ne saurait être soupçonnée. Dans d’autres cas, les altérations sont la conséquence d’un refroidissement, d'une fièvre éruptive ; mais qu’on ne s’y trompe pas, le refroidissement ou la fièvre n’a été que la cause déterminante, elle n’a fait que réveiller une diathèse languissante, elle lui imprime le coup de fouet qui la fait entrer en action. Le pavillon de l'oreille peut être le siège de scrofules. Il est alors tuméfié, d’un rouge vineux sombre, déformé, couvert de croûtes et d’une humeur Jjaunâtre caractéristique. Le méat auditif et le conduit peuvent être envahis, le gonflement des parties et la suppuration gênent alors l’ouie. De proche en proche l'inflammation strumeuse peut envahir la membrane du tympan et la détruire. La caisse s’enflamme à son tour, un ou plusieurs osselets se détachent ; le tissu osseux du

conduit auditif, de l'apophyse mastoide et du rocher peuvent se carier.

L’eczéma et les furoncles du pavillon et du conduit se voient souvent chez les scrofuleux. Un des états pathologiques le plus fréquent de l’appareil auditif, c'est l’inflammation chronique de la trompe et de la caisse. Bien que cette affection puisse succèder à l'état aigu, elle se développe le plus souvent d'une façon insidieuse, à l'insu du malade. Des bourdonnements et de la surdité, tels sont les traits caractéristiques de cette affection. Les bourdonnements d’abord légers et passagers, s'accentuent de plus en plus et finissent par devenir permanents; peu à peu la surdité devient plus pénible, plus prononcée et le malade ne suit plus qu'avec difficulté une conversation tenue même à voix très haute. Les variations atmosphériques influencent beaucoup cette inflammation de la trompe et de la caisse. Par les temps froids et humides, les bourdonnements et la surdité sont plus accentués, parce que la muqueuse est plus tuméfiée.

Les bourdonnements et la surdité diminuent et disparaissent même momentanément quand le malade se mouche avec force. Alors le pavillon de la trompe laisse pénétrer une certaine quantité d’air dans la caisse et la pression se rétablit égale sur les deux faces du tympan. Un claquement dans l'oreille avertit le malade de cette modification si favorable à l’ouie.

La marche de cette inflammation est lente et sa durée illimitée.

Cette affection qui a fait perdre à une foule de personnes une partie plus ou moins notable de leur acuité auditive, reconnait le plus souvent pour cause les angines et les amygdalites chroniques dont j'ai parlé tout

à l'heure. Par continuité de tissu, l’inflammation se propage à la trompe d'Eustache, épaissit sa muqueuse, rétrécit ce conduit et s'oppose ainsi au passage de l'air dans la caisse. Peu à peu l'inflammation gagne la caisse elle-même et trouble ses fonctions.

Or ces amygdalites et ces angines chroniques sont le plus souvent une manifestation de la diathèse scrofu- Jeuse. Combattre cette diathèse, telle est l'indication causale qu'il faut tout d’abord songer à remplir. La cure à Creuznach répondra à cette nécessité du traitement. Mais une thérapeutique locale viendra compléter l'action des bains et de l’eau de la source Élise prise en boisson.

L'eau saline pure ou additionnée d’eau mère servira à des gargarismes et à des pulvérisations pharyngiennes.

On aura beaucoup fait quand on aura guéri ou tout au moins amélioré l’état de la gorge. On insufflera de l'air dans les trompes et dans la caisse, on insufflera des vapeurs d'eau chaude; on ne donnera pas à la douche une force d’impulsion trop grande, afin de ne pas augmenter lirritation des tissus. Si la trompe d’Eustache est rétrécie, ce que l’on rencontre quelquefois chez l'adulte, on la dilatera, soit au moyen de cordes à boyau graduées ou de bougies en baleine terminées par un bout olivaire. Ces dilatateurs auront de 2 à 3 millimètres de diamètre. Ce cathétérisme sera fait avec une grande prudence et la bougie restera à demeure quelques secondes d’abord; peu à peu, selon la sensibilité du malade, ce temps sera augmenté. On répétera cette introduction tous les jours ou tous les deux jours, selon qu'elle produira de lirritation.

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