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GOÎTRE

L'hypertrophie du corps thyroïde, mieux connue sous le nom de goitre, se présente sous la forme endémique et sporadique. Si l’étiologie de cette affection est obscure, la plupart des pathologistes n’en ont pourtant pas moins constaté que les constitutions sur lesquelles le goitre se développe présente souvent l'empreinte de la diathèse scrofuleuse. Les médecins de Creuznach parmi lesquels je citerai surtout Prieger et Rôehrig, m'ont assuré avoir obtenu des succès remarquables de l'emploi des eaux salines dans le traitement des goitres datant déjà de plusieurs années. Le professeur Rôebrig m'a dit avoir obtenu de grandes améliorations dans des cas de goitres exophtalmiques. |

La composition iodo-bromurée des eaux de Creuznach explique ces succès que la thérapeutique ordinaire a souvent obtenus par l'emploi des iodures et des bromures à l'intérieur et en applications locales.

ADÉNITE.

Presque toujours, chez les scrofuleux, on constate un développement insolite des glandes lymphatiques du cou, des aînes, des aisselles, des bronches et du mésentère. Ces glandes peuvent être atteintes toutes ensemble ou isolément. Les ganglions sous-maxillaires et ceux du cou sont les plus fréquemment atteints. Les glandes malades atteignent un volume qui varie de celui d'une noisette à celui d’un gros œuf de poule. L’altération qui

constitue l’adénite chronique n’est pas toujours la même, c’est souvent une hyperplasie simple, c’est-à-direune multiplication des éléments cellulaires normaux. Les lésions peuvent envahir le réseau conjonctif ambiant, c’est alors que l’on voit les ganglions former des tumeurs isolées, ou des cordons monoliformes ou bien encore des masses fusionnées. Cette altération est réparable, et l’on voit, dans certains cas, les ganglions reprendre leur volume normal. Mais souvent aussi un processus inflammatoire survient et aboutit tantôt à la suppuration avec décollement de la peau et formation de trajets fistuleux, tantôt à la caséification totale ou partielle de la glande.

Les eaux de Creuznach prises en bains, en boisson et appliquées en compresses sur les parties malades, exercent une action curative sur cette manifestation de la scrofule. Même, quand les glandes sont enflammées et que la suppuration a commencé, on peut en obtenir la résolution.

« C'est là, dit Trousseau, un fait que l'expérience a » démontré : à savoir, que les tumeurs glanduleuses en » voie de suppuration, s’'améliorent plus sensiblement » et plus vite sous l’influence des eaux de Creuznach, » que les tumeurs de même nature non encore suppu- » rantes, mais ayant atteint un volume considérable. »

Dans certains cas, la guérison se fait par secousses, pendant des semaines entières le volume des glandes semble le même, puis tout à coup il diminue brusquement, puis reste de nouveau stationnaire et ainsi de suite jusqu'à la guérison. Il arrive dans des cas invétérés que lon n'obtient aucune amélioration pendant la cure, mais le malade n’en obtient pas moins plus tard les résultats qu'il espérait.

Dans les cas invétérés et rebelles, on frotte la partie affectée avec un onguent préparé à l’eau mère, on applique des compresses trempées dans un mélange d’eau saline et d’eau mère. S'il y a formation de pus et que l’on ne puisse empêcher l’abcés de s'ouvrir, 1lest préférable de le ponctionner, d’évacuer le pus; on évitera ainsi des cicatrices difformes.

Quelquefois les malades arrivent en pleine suppuration à Creuznach, présentant des ulcères fongueux, des décollements de la peau, des trajets fistuleux. On calme l'excès d’inflammation par des émollients, on détruit les fongosités qui empêchent la cicatrisation des ulcères, on favorise le recollement des bords amincis, la cicatrisation des trajets fistuleux par des injections; parfois, par des incisions convenables, on convertit les fistules en plaies régulières.

« Sous l'influence des eaux de Creuznach, dit Trous- » seau, le pus change de caractère, les lèvres de la plaie » deviennent plus fraîches, l'aréole qui les entoure perd » cet aspect livide si souvent caractéristique; on dirait » un abcès ordinaire et non plus une dégénérescence » scrofuleuse. »

On voit souvent dans la première enfance les ganglions mésentériques gonfler et dureir, le ventre est enflé et tendu, les digestions se font mal, la diarrhée survient, l'enfant maigrit et ressemble à un petit vieillard. Si la fièvre hectique n'existe pas encore, la guérison qui n'aura pas été obtenue par les remèdes les plus vantés, s’obtiendra facilement par l'usage des eaux de Creuznach. Dans les formes éréthiques on emploiera l’eau saline pure sans addition d’eau mère. Mais dans les formes torpides l’eau mère hâtera la guérison. « On est

» surpris de voir, dit Engelmann, quelle quantité d'eaux » mères supportent ces petits êtres pour que la peau » reprenne son énergie et que les glandes affectées » reviennent à l’état normal. »

L'eau de la source Élise sera donnée en boisson; quelquefois on la remplace par l'huile de foie de morue.

J'ai eu l'occasion de voir à Creuznach un très grand nombre d’adénites scrofuleuses ; quand ces glandes sont simplement engorgées, la guérison est rapide, mais quand leur tuméfaction est due à une infiltration tubereuleuse, les choses ne se passent plus aussi simplement. Il faut alors des cures prolongées et répétées pour ramener les ganglions à leur état normal. Mes honorables confrères de Creuznach m'ont fait voir plusieurs de ces cas rebelles, qui avaient résisté à tous les médicaments internes, à tous les onguents, aux bains de mer, aux eaux sulfureuses, aux eaux ferrugineuses et qui ont guéri sous l'influence des eaux salines et de la Mutterlauge. Sans doute il avait fallu du temps et de la patience, mais enfin le résultat était atteint.

VS

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