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» Jamais m'exprimer d'une façon positive au sujet du » résultat, J'ai essayé autrefois les « eaux mères » très » concentrées des sources de Creuznach, mélangées à » l'eau chaude, pour un bain par jour. Mais je ne puis » rapporter un seul succès qui me permette de les » recommander et depuis quelques temps j'ai cessé de » recourir à cette méthode. »
Les succès obtenus par les médecins de Creuznach et rapportés par les D Stabel, Prieger et Engelmann ne sauraient se rapporter qu aux inflammations chroniques de la prostate et non à l'hypertrophie de cette glande.
Le traitement de la prostatite chronique se compose de l'usage externe et interne de l’eau saline. Le traitement général constitué par les bains et l’eau de la source Élise prise en boisson, est puissament aidé par un traitement local qui consiste en bains de siège, en fomentations, en applications de compresses et en lavements avec l’eau minérale.
M. le D' Stabel prescrit des bains de siège chauds auxquels 1l fait ajouter un litre d'eau mère. Chaque soir il fait passer un lavement froid dont voici la composition : 100 grammes de décoction de graines de lin, 4 grammes d'eaux mères, à grammes d'iodure de potassium et quelquefois un peu d’opium. Plus tard il substitue l’eau saline à la décoction de graines de lin et augmente peu à peu la proportion d'eau mère.
Les résultats de ce traitement sont des plus favorables.
CYSTITE CHRONIQUE.
Bien des causes peuvent engendrer linflammation chronique de la muqueuse vésicale : le refroidissement,
le cathétérisme mal fait, le séjour de corps étrangers dans la vessie tels que les sondes ou les calculs, la propagation des inflammations : urétrale, prostatique, rectale ; le séjour prolongé dans la vessie d'une urine qui subit la fermentation alcaline. Cette stagnation peut être causée par les rétrécissements de l’urètre, les altérations de la prostate, les tumeurs du bassin. Les diathèses dont nous: avons si souvent parlé : la scrofule, la goutte, le rhumatisme, peuvent spontanément provoquer l'apparition de la cystite, soit par une action directe sur la muqueuse vésicale, soit par une action indirecte en modifiant la composition chimique des urines et en les rendant irritantes. |
L'existence du catarrhe chronique de la vessie se révèle par la présence du pus ou du mueus dans les urines qui deviennent alcalines; par la fréquence inusitée des mictions et par une légère douleur dans la région vésicale.
Le traitement doit avant tout satisfaire à l’indication causale (calculs, sondes à demeure, rétrécissement de l’urètre, maladies de la prostate) ; si cela est nécessaire, il faut évacuer régulièrement l'urine par le cathétérisme. Ces causes organiques étant éliminées, la cure à Creuznach devient rationnelle et peut être utile au malade. Les eaux, en effet, modifieront l'état général, la diathèse, et localement elles exerceront sur l'organe enflammé chroniquement un effet résolutif.
Outre le traitement général que nous avons si souvent indiqué, on employera un traitement local dont voici les règles principales : le malade prendra chaque jour un bain de siége chaud, composé d'eau saline et d’eau mère en proportion variable. La température du bain
oscillera entre 38° et 40° C., elle s’élèvera même plus haut si le malade peut la supporter. Ce bain ne durera pas plus de huit minutes, car il n’a d'autre but que de faire sur la peau une vive impression en congestionnant ses vaisseaux. Si le malade restait au bain plus longtemps, le résultat serait tout autre, on congestionnerait alors les viscères du bassin. Au sortir du bain, le patient sera essuyé rapidement, enveloppé de flanelles chaudes et mis au lit.
Une fois par jour, au moins, on fera le lavage de l’intérieur de la vessie au moyen d’une injection intra-vésicale d’eau saline à laquelle on pourra ajouter, peu à peu, une certaine quantité d’eau mère. Voici comment Henry Thompson recommande de pratiquer ces lavages : une sonde flexible sera introduite dans la vessie, on adapte à l'extrémité de cette sonde, une bouteille en caoutchouc, d'une contenance de 120 gr., munie d'un robinet.
L'eau saline aura une température de 37 à 58° C. Lentement on en injecte le quart, une valeur de 50 gr. environ, il ressort après quelques instants épais et sale ; mais le second quart injecté avec les mêmes précautions ressortira moins chargé; le troisième reviendra plus clair encore et le quatrième sera rejeté clair et limpide. La plupart des malades éprouvent un soulagement considérable quand les injections vésicales sont pratiquées avec les précautions que nous venons d'indiquer.
Ces injections peuvent au besoin se répéter plusieurs fois par jour. Elles ont pour but : 1° d'enlever les dépôts que l'urine laisse dans la vessie ; 2° de modifier la sensibilité de la face interne de cet organe pervertie par l’état phlegmasique; 3° de ranimer la contractilité de la
vessie devenue insuffisante dans certains cas. |
Quand le pouvoir expulsif de la vessie laisse à désirer, quand le muscle vésical a perdu une partie de sa contractilité, on aura recours aux injections froides, dont Civiale à dit tant de bien. Mais on commencera toujours par les injections tièdes, peu à peu on diminuera Îa température de l’eau, en se réglant d’après les effets obtenus. |
NÉPHRITE PARENCHYMATEUSE.
Cette forme commune du mal de Bright peut être causée par le refroidissement, les excès alcooliques, les exanthèmes fébriles, la cachexie palustre, la” goutte et le rhumatisme. Quel est le mode d'action de ces causes diverses? Nous croyons que leur influence nocive a d'abord pour effet l’altération moléculaire de l’albbumine du sang, que cette albumine ainsi modifiée, acquiert la propriété endosmotique, qu'elle ne possède point dans l'état physiologique, elle s’élimine alors avec l'urine et peu à peu, sous l'influence de cette sécrétion pathologique, le tissu rénal s’altère. Le professeur Semmola résume dans la proposition suivante, la théorie générale de l’albuminurie. « L’albuminurie dépend d’un vice de » nutrition, qui consiste en une modification de l’albu- » mine du sang, par défaut de respiration cutanée. »
Voici les deux expériences fondamentales de la théorie de Semmola :
On recueille une petite quantité de sang empruntée à un homme robuste, atteint d'albuminurie à frigore, et on l'injecte dans la jugulaire d'un chien; et pendant deux heures, l'urine de celui-ci est albumineuse. Quand l’homme est eomplètement guéri, la même expérience
est reprise, dans les mêmes conditions, et l'urine du chien ne devient pas albumineuse. Semmola en conclut, avec raison, que l’albumine contenue dans le sang de la première expérience était dans un état moléculaire qui la rendait impropre à l'assimilation, et que l’albumine contenue dans le sang de l’homme guéri était CRISE ment assimilable.
Dans un autre genre d'expériences, Semmola badigeonne entièrement des chiens, au moyen d’un enduit imperméable, et ces animaux deviennent albuminuriques. Le sérum de ces chiens est injecté dans la jugulaire d’autres chiens, ils ne peuvent assimiler l'albumine qu'il contient et deviennent temporairement albuminuriques. Or, le sérum de chiens bien portants, injecté à d’autres chiens, ne produit jamais l’albuminurie.
Au point de vue anatomique, la néphrite albumineuse a été divisée par Frerichs, en trois périodes. La période congestive, constituée par une fluxion active du rein et par une accumulation abondante de corpuscules Iymphoïdes dans les interstices intertubulaires et autour des capsules de Malpighi. — La seconde période formative ou néoplasique est caractérisée par la formation d’éléments nouveaux. — Les cellules épithéliales augmentent en volume et prolifèrent. — Les éléments conjonctifs intertubulaires s’hypertrophient et s’hyperplasient. — La troisième période ou régressive est caractérisée par la dégénérescence graisseuse des cellules épithéliales et l'atrophie du rein.
Dans le traitement de la néphrite parenchymateuse, la cure par les eaux de Creuznach ne saurait trouver une indication utile dans toutes les périodes de la maladie. Dans la phase congestive du début, le malade peut trou-
ver chez lui et par les moyens ordinaires de la thérapeutique, une guérison assurée. Dans la période de
dégénérescence graisseuse ou atrophique, la troisième
dans l’ordre d'évolution de la maladie, aucune médicaüon n'est utile; prolonger la vie du malade et adouar ses souffrances, tel est alors le rôle du médecin. C’est la phase intermédiaire qui présente le plus haut intérêt thérapeutique, alors la guérison est encore possible. Elle ne l’est plus dès que les cylindres granulo-graisseux du stade atrophique apparaissent dans l'urine.
Le traitement doit s'inspirer des idées de Semmola
sur la genèse de l’albuminurie ; il doit avoir pour but de rétablir l’état moléculaire normal de l’albuimine afin
de lui enlever cette filtrabilité pathologique qu’elle a
acquise. Or les recherches expérimentales faites dans ces dernières années ont démontré 1° que l'intégrité de l'état moléculare et de l'assimilation de l’albumine est subordonnée à l'intégrité des fonctions de la peau; 2° l'absence de chlorure de sodium dans l'alimentation fait passer l’albumine dans l'urine.
Ainsi donc rétablir, activer les fonctions de la peau et augmenter la quantité de chlorure de sodium contenue dans le sang, tel doit être l'objectif du traitement. |
. Pour rétablir et activer les fonctions de la peau on se
sert dans la pratique ordinaire de la sudation artificielle provoquée, soit par les bains de vapeur au lit ou à l'étuve, soit par l'étuve sèche avec ablutions froides consécutives, soit enfin par les bains très chauds suivis de l'enveloppement dans des couvertures de laine. L'eau saline de Creuznach additionnée d'eau mère en quantité aussi considérable que de besoin, aura évidem-
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