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MALADIES DU TESTICULE

La blennorrhagie urétrale, arrivée du deuxième au quatrième septenaire de son évolution, envahit quelquefois les éléments du testicule, et l’on voit se développer, en règle générale, l'épididymite, exceptionnellement l’orchite ou didymite. Dans l'immense majorité des cas, les inflammations des divers éléments de l'appareil sécréteur du sperme passent à la résolution. Ce n’est que

chez des individus atteints tout particulièrement de la diathèse scrofuleuse, que La maladie passe à l'état chronique. Si elle résiste aux moyens ordinaires de traitement, une cure à Creuznach sera prescrite.

J'ai plusieurs fois obtenu la résolution complète d’épididymites chroniques, durant depuis des mois, par l'emploi de bains de siège chauds, auxquels on ajoutait successivement jusqu'à deux litres d’eau-mère. Le traitement n'a pas duré deux mois. Les malades prenaient à la vérité l'iodure de potassium à l’intérieur, mais avant qu'ils ne fussent soumis à l'emploi du bain deux fois par Jour, l'iodure de potassium, pris aux mêmes doses, était resté sans résultats.

Le sarcocèle syphilitique coïncide quelquefois avec des éruptions secondaires tardives, souvent avec des accidents de transition et, dans un certain nombre de cas, avec des accidents tertiaires. La maladie caractérisée par une infiltration plastique de la tunique albuginée et des éléments de la glande, semble se concentrer dans la plupart des cas sur le testicule lui-même, qui prend un volume considérable ; c’est une tumeur homogène, dure, résistante, piriforme et peu sensible à la pression. Souvent la tunique vaginale est le siège d’un épanchement de sérosité, mais peu volumineux. La marche du sarcocèle syphilitique est le plus souvent indolente et chronique ; sion ne fait aucun traitement, sa durée est 1llimitée. Il importe d’arrèter la marche de cette maladie; car les éléments néoplasiques qui infiltrent la glande atrophieraient par compression les canalicules spermatiques

et provoqueraient ainsi la stérilité et même l'impuissance du malade. |

La cure à Creuznach répond dans ce cas à une double imdication. Modifier l'état diathésique et provoquer la résorption de la néoplasie testiculaire.

La tuberculose se manifeste dans les testicules comme dans les autres organes de l’économie; c'est plutôt dans l’épididyme que dans le parenchyme testiculaire lui-même que cette maladie se développe et si on cherche à préciser davantage le siège de prédilection des tubercules, c’est surtout dans la tête de l’épididyme que la maladie se montre de préférence. L'évolution de la matière tuberculeuse suit ici la même marche que partout ailleurs, elle se présente d'abord à l'état eru, plus tard, elle se ramollit.

La symptomatologie répond elairement à cette double période de la tuberculose. D'abord on sent dans le testicule où l'épididyme une ou plusieurs petites tumeurs dures et bosselées, peu à peu, ces nodosités augmentent en volume et se ramollissent. L’inflammation gagne le scrotum et la peau qui se perfore laisse couler à l'extérieur une matière caséeuse, mélangée à du pus. Ces ouvertures ne présentent aucune tendance à se fermer, la peau qui les entoure est violacée, amincie, décollée, des trajets fistuleux s’établissent de divers côtés. Cette affection peut marcher assez rapidement vers la guérison, lorsqu'il ne se produit qu'un seul tubercule, mais bien souvent il s'en développe plusieurs et alors la maladie dure indéfiniment.

C'est surtout chez les jeunes gens qu'on rencontre la tuberculose testiculaire. On la rencontre aussi chez les hommes de cinquante ans.

Si les tubercules du testicule coïncident avec la tuberculose d'autres organes, la situation du malade est grave et sa vie bien compromise. Mais si l’altération se limite au testicule, tout peut encore être sauvé. J'ai guéri dans ma clientèle plusieurs cas de tuberculose testiculaire, développée chez des jeunes gens. J'ai revu ces malades bien des années après leur guérison, elle ne s'était point démentie et leur état général était des plus satisfaisant. Mais depuis que j'ai fait une étude particulière des eaux de Creuznach, je me suis servi de ce précieux moyen et j'en ai retiré, dans un cas déjà fort ancien de tuberculose des deux testicules, des résultats très remarquables. En trois mois, sous l'influence de l'huile de foie de morue à l'intérieur et de lemploi journalier de bains de siège chauds, additionnés d'eau mère, j'ai vu les testicules tuberculeux diminuer de volume, se ramollir, la suppuration se tarir, et les ulcères ainsi que les trajets fistuleux se cicatriser. Jai vu à Creuznach, dans la clientèle de M. le D’ Hessel, un cas identique; en moins de deux mois la guérison fut obtenue.

La eure à Creuznach sera donc conseillée dans le cas de tuberculose limitée aux testicules, quand cette affection restera rebelle à l'emploi des moyens habituellement employés contre elle.

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