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MALADIES DE L'UTÉRUS, DE SON COL ET DE SES ANNEXES

J'ai rencontré à Creuznach un nombre très considérable de dames venues de toutes les parties de l'Europe,

quelques-unes même de l'Amérique et de l'Inde pour chercher la guérison dans ses sources bienfaisantes. fl m'a paru qu'à chaque saison ce sont les femmes qui constituent la principale clientèle de Creuznach. Les gynécologistes allemands ont du reste adopté cette station comme une des plus merveilleusement appropriées au traitement des affections chroniques de l'utérus et de ses annexes.

La plupart de ces maladies, qui se développent en dehors de l'état puerpéral et même quelques-unes de celles qui se produisent pendant cette période, sont chroniques d'emblée ou tendent à le devenir. Or cette chronicité nait souvent ou est entretenue dans les organes génitaux de la femme, comme dans tous les autres appareils de l’économie, par une diathèse ou une altération des éléments constitutifs du sang.

Au nombre de ces diathèses je citerai : la scrofule, la syphilis, l'herpétis, le cancer, la goutte, le rhumatisme, la tuberculose.

Après les diathèses, la cause la plus efficace de la chronicité des maladies de la matrice et de ses annexes, c'est la déglobulisation du sang. C’est la chlorose, l’anémie.

Les femmes à constitution faible, à tempérament lymphatique sont plus exposées que les autres au développementet à la prolongation des maladies dela matrice par le manque de réaction qui les caractérise.

« En résumé, dit le D' Tillot, dans les affections » chroniques de l’utérus, la lésion est à l'utérus, et la » maladie est dans l’organisme. »

Nous ne saurions cependant admettre, avec M. Tillot, que les lésions utérines ne soient que l'expression d’un

état général, 1l y a là une exagération manifeste. La position, la structure et les fonctions de cet organe le prédisposent au développement et à la chronicité des maladies qui l'atteignent. Mais cette réserve faite, nous reconnaissons bien volontiers le rôle considérable que les diathèses jouent dans la pathologie utérine. Si considérable que Courty a pu dire « il n’est pour ainsi dire pas de maladie utérine, surtout chronique, qui ne subisse plus ou moins l'influence d’une diathèse, si même elle n’en relève directement. On peut n'en pas excepter même, d'une manière absolue, les déviations et les déplacements de cet organe. Ainsi en supposant que la fluxion, la congestion, l'inflammation chronique, l'hypertrophie puissent exister indépendamment d’un état diathésique, il n’en est pas moins certain que ces états morbides peuvent en recevoir l'influence. Quant aux engorgements, à la leucorrhée, aux granulations, aux ulcères... ils relèvent toujours presque tous d'une diathèse ou d’un état général mauvais. »

Dans bien des cas les diathèses ne sont pas la cause dé terminante de la maladie utérine, c’est l'inflammation qui apparait tout d'abord. Elle est provoquée par des accouchements simples ou laborieux, des avortements, des excès de coiït, de grandes fatigues, des opérations pratiquées sur les organes génitaux. L'état aigu peut passer à la résolution ou à la suppuration et tout rentre dans l'ordre, mais s'il existe une diathèse, l’état chronique survient et l'inflammation n'est bientôt plus qu'un élément secondaire entretenu par l’état diathésique dont il porte l'empreinte dans toutes ses manifestations. Sans lui la maladie n'existerait plus et on ne peut la guérir qu'en s'attaquant à lui et en le modifiant profondément.

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C'est sur cet état général de l'organisme que les eaux de Creuznach exerceront leurs effets modificateurs et leur action résolutive ramènera vers l’état normal les tissus altérés par l'inflammation chronique.

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