THÉRAPEUTIQUE
Dans la plupart des cas, l'affection cutanée est l’expression d'un état diathésique, aussi faut-il combiner le traitement externe au traitement interne. Le malade prendra les bains et boira l’eau de la source Élise ou de la source Oranien.
Les bains d'eau saline simple ne suffisent pas à la cure de ces affections chroniques ; il faut toujours Îles fortifier d’une certaine quantité d'eau mère. Les trois premiers bains ne seront composés que d’eau saline pure, au quatrième bain on ajoute un litre d'eau mère et chaque jour on augmente cette quantité d’un litre jusqu’à ce que le malade éprouve à la peau une certaine démangeaison qui se produit dans le bain ou immédiatement après. On cesse d'augmenter successivement la force de ce bain, qui est devenu 1rritant, et quand la peau s’est acclimatée, quand le prurit a disparu, on augmente de nouveau journellement la quantité d’eau mère. Cette dose va toujours croissant jusquà ce que ‘les phénomènes morbides commencent à s’'amender et l’on continue l'usage des bains jusqu'à la guérison ou jusqu'à la satiété. Règle générale on ne dépasse pas la dose de 10 à 15 litres de mutterlauge, mais si le cas est rebelle on monte jusquà 25 litres et Engelmann et Prieger pères, ne craignirent pas, dans des cas exceptionnels à la vérité, d'aller jusquà 50 et 60 litres d’eau mère pour une baignoire contenant 200 litres d’eau saline. |
Pendant toute la durée de la cure le malade boira deux fois par jour l’eau de la source Élise, la quantité
qu'il en ingérera sera naturellement en rapport avec la puissance des voies digestives.
Selon l'irritation de la peau et l'irritabilité de l'organisme, on fixera la force, la durée et la température du bain. Quand le malade est nerveux, irritable, on le sou-
met à des bains plus frais, moins longs et moins chargés
d'eaux mères que ceux que l’on administre à des patients doués d’une constitution flasque et torpide.
Dans les cas rebelles, et ce sont précisément ceux-là qu'on envoie à Creuznach, on ajoute au traitement général, l'emploi local, topique, des eaux salines additionnées d’une quantité de mutterlauge plus ou moins considérable. On les emploie sous forme de bains locaux, de compresses, de fomentations, de lotions, d'enveloppements. « Nous avons recours à ces applications locales, » dit Prieger, dans les cas d’eczéma, d’herpès, de pru- » rigo, de croûte de lait, de favus, de couperose, de » mentagre, de lupus, et ces topiques peuvent souvent » revendiquer pour eux une bonne part dans la guérison » des éruptions tenaces. »
Si la cure thermale semble impuissante à guérir l'affection cutanée, ou si elle l’améliore avec trop de lenteur, on corrobore son action par l'emploi d’autres remèdes : les bois sudorifiques, la tisane de Zittman, le Rob Laffecteur, l'iodure de potassium.
Les affections cutanées rebelles seront soumises à un
traitement énergique et un régime sévère sera imposé aux malades. Ils s’'abstiendront de mets épicés, fermentés, irritants. La tempérance poussée parfois jusqu’à l’abstinence est d’un puissant secours dans la cure de ces affections rebelles.
Les maladies cutanées des enfants et des jeunes gens
guérissent plus aisément que celles des personnes âgées. Les éruptions humides sont moins rebelles que les éruptions sèches.
Ceux qui sont atteints d’affections cutanées rebelles et anciennes ne doivent pas s'attendre à une guérison rapide par les eaux de Creuznach ; mais par un traitement régulier et soutenu, ils obtiendront après avoir passé plusieurs saisons dans cette localité, une guérison qui ne se démentira plus.
Je ne puis terminer ce chapitre relatif aux maladies de la peau, sans parler de l'établissement que M. le D' Schultz a élevé à Creuznach et qu'il consacre exclusivement aux personnes atteintes d'affections cutanées.
Les malades peuvent loger dans l'institut de M. Schultz; ils peuvent, quand ils le désirent, y prendre seulement des consultations et subir le traitement prescrit.
Cet établissement est très fréquenté tant par les étrangers que par les personnes de Creuznach et des localités voisines. Le D' Schultz jouit d’une grande réputation et les succès qu'il obtient chaque année dans le traitement des maladies de la peau les plus rebelles et les plus invétérées, expliquent la vogue dont son institut hospitalier jouit à Juste titre.