SCENE PREMIERE
LA LORRAINE , seule.
La pluie et l'ouragan ont passé dans mon cœur;
Mon mari ... le tonnerre . . . Ah ! tout ça me fait peur !
Pourvu qu'à Saint-Pétrin , ce billet de ma plume ,
N'aille pas , cette nuit, faire gaguer un rhume.
Que dis-je ! ce n'est rien; il aurait mieux , hélas!
S'il osait jusqu'ici ce soir porter ses pas. . .
Une danse l'attend . . . Qu'enlends-je? . . . Ah ! je frissonne!
Je crains que mon mari. . . C'est le coucou qui sonne.
( On entend sonner minuit; elle compte les sons sur ses doigts. )
Cher mitron, ne vient pas! . . . Pour mieux l'rn empêcher, J'ai fait dire au portier, qu'il aille se coucher.
( Elle regarde à la fc être. )
Dans sa loge, en effet, il n'est plus de lumière. . . IJeut-être , il rôde en bas , trempé sous la gouttière , Ou bien , comme un voleur , il court dans le trajet . . . Ah ! puisse la patrouille arrêter mon objet!
•S'il pouvait, en chemin, rencontrer quoique belle, Quoique vierge égarée. . . Ah! qu'il soit infidèle, Je le lui passerai. . . Le trait me sciait doux!
( Avec âme. )
Comme je l'aimerai s'il manque au rendez-vous! M. ùs hélas! à la fois, et je tremble et j'espère...
( Avec dépit. )
Dieux! que c'est embêtant d'être femme adultère!
Dans l'escalier. . . j'entends. . . O ciel! quelqu'un accourt)
Je reconnais son pas , et si cher , et si lourd! . . .
{Courant vers la porte avec ejjroi. )
Ne viens pas! ne viens pas!. . . Ah! te voilà, cher ange!