I. Général du Barail, Mes Souvenirs
mise à contribution lors de la reconstitution de nos forces militaires.
Placé dés le 5 juillet 1871 à Tétat-major du ministre de la guerre, général de Cissey, à la section de statistique, |e commandant Vanson attacha son nom à la création de la Revue militaire de l* Étranger Q) qu'il devait diriger jusqu'en 1880.
Les officiers, et ils sont nombreux encore, qui ont suivi cette précieuse publication alors sans précédent en France, peuvent témoigner de la somme de science et de travail acharné qu'elle a coûté à son directeur et au petit nombre de collaborateurs d'élite qui Tentouraient ; mais aussi quels services n'a-t-elle pas rendus, quels éléments de rénovation puissante et raisonnée n'a-t-elle pas apportés à une époque où une même fièvre de travail animait tous les rangs de l'armée vaincue mais non résignée.
c( Toutes les têtes travaillaient, écrivit plus tard le général Vanson de ces premières années qui suivirent la guerre, l'armée renaissante était pleine d'ardeur, et ses chefs n'avaient qu'à calmer les désirs
trop impatients, des jeunes officiers Les plus
nobles espérances animaient alors l'armée dont les divers éléments se reconstituaient à vue d'œil(^). »
1. « Publication que le ministère n'avoua que plus tard, mais qui a contribué puissamment au relèvement du niveau intellectuel de l'armée française. » (Général du Barail, Mes Souvenirs, t. IIÏ, p. 463.)
2. Deux documents concernant la réorganisation de l'armée en 1874. (Général Vanson, Carnet de la Sahrelache, 4e volume, 1896.)
Il faut lire, dans les Souvenirs du général du Barail, le magnifique hommage rendu par l'ancien ministre de la guerre au commandant Vanson :
« Si je suis arrivé, écrivit-il vingt-trois ans après avoir quitté le ministère, à forcer la docilité des bureaux et à changer les habitudes du public, c'est grâce au concours précieux de collaborateurs, parmi lesquels je dois citer en première ligne deux hommes dont les services et le dévouement m'inspirent, aujourd'hui encore, autant de reconnaissance qu'ils m'inspiraient, jadis, d'admiration. Je désire qu'ils en trouvent dans ce livre le témoignage public. Ils s'appellent le général Saget et le général Vanson ('). y>
Il s'agissait alors en effet, en renonçant aux anciens errements présents à toutes les mémoires, de constituer Tarmée en temps de paix comme elle devait l'être en temps de guerre; la loi du 24 juillet 1873 venait de créer les dix-neuf corps d'armée de la France et de l'Algérie.
(c Le pouvoir législatif, écrit l'ancien ministre
de la guerre C), avait posé les bases de cette grande réforme. Il appartenait au pouvoir exécutif d'en décréter l'application et les bureaux de la guerre n'arrivaient pas à mettre sur pied ces décrets. Les chefs de service, quand je les poussais, l'épée dans les reins.