‹ Crimee, Italie, MexiqueChapitre 4 sur 15 · Ibid.f p · texte numérisé non relu

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LETTRES DU GÉNÉRAL VANSON XXVtl

se contentaient de me répondre que c'était là « une chose énorme qui ne pouvait pas s'improviser ».

<c Un matin, perdant patience, je leur télégraphiai de Versailles que je serais au ministère de la guerre à Paris, à 2 heures, pour y délibérer avec eux, et que je n'en sortirais qu'avec les décrets dans ma poche. Ce fut un remue-ménage considérable, car les décrets n'étaient pas prêts. Le colonel Nugues fit appeler le commandant Vanson. Celui-ci lui répondit qu'on pouvait toujours servir au ministre quelques petits projets de décret qui fourniraient un texte à la discussion des grands chefs et qu'on présenterait comme des ébauches à perfectionner. Et il alla les rédiger avant son déjeuner. A 2 heures, j'étais là avec tous mes chefs de service réunis autour de moi. Les décrets, recopiés par un secrétaire d'étatmajor, nous furent lus par le commandant Vanson. Successivement j'interpellai les chefs de service pour leur demander s'ils avaient quelques remarques à faire, quelques réserves à formuler. Aucun d'eux ne fit la moindre observation. Séance tenante, les décrets furent adoptés et envoyés tels quels au Journal officiel.

c( Mes bureaux, ajoute le général du Barail, se consolèrent de l'espèce de viol dont ils venaient d'être victimes, en prétendant que les décrets étaient mal rédigés. C'est bien possible; mais ce qu'il y a de certain, c'est qu'ils ont tenu bon puisqu'ils durent encore. »

Après la publication, en 1896, d^s Souvenirs du général du Barail auxquels nous venons d'emprunter ce récit alerte et si plein d'humour, le général Vanson, alors à la retraite, inséra dans une revue militaire rétrospective (') qu'il dirigeait et dont nous parlerons plus loin, deux documents concernant la réorganisation de r armée en iSj).

Sous ce titre, le général, autorisé par le général du Barail qui l'avait dégagé de tout scrupule relatif au secret professionnel, présentait, avec sa grande modestie coutumiére, comme pièces justificatives des Souvenirs de son ancien chef, deux notes dont la première n'est autre que le texte original du projet de décret que le ministre de la guerre adopta, comme nous venons de le voir, « avec le coup d'œil et la décision d'un véritable cavalier ».

La seconde concerne « la création de l'état-major général dans sa forme et sa mission actuelles, mais sous le nom d' État-major général du ministre qu'il conserva jusqu'en 1890 ».

La création d'un état-major général constitué en organe ministériel d'exécution était en effet devenue une conséquence forcée de la nouvelle organisation, de l'armée. « Cette note, écrit le général Vanson, ne fut point improvisée dans les mêmes conditions que la première; elle ne fut pas non plus admise d'emblée par le ministre, mais il prescrivit d'en faire

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