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I. Carnet de la Sabretache, t. !«*, p. i

tache », et ce petit groupe est devenu une grande société (') composée de plus de mille membres, tous animés du même esprit de dévouement à l'œuvre commune, le « Musée historique de Tàrmée », et pénétrés du sentiment de la grandeur et de la haute portée morale de cette fondation.

' Comment un aussi brillant et rapide essor put-il être obtenu? C'est ici qu'on trouve, plus profondé encore, 1 action ou ce qu'on pourrait appeler la marque personnelle du général Vanson : à cette société, pour qu'elle pût grandir, il fallait un lien, un organe; toujours sur la brèche, le général créa le Carnet de la Sabretache et lui donna la belle devise de Colonel-Général-Infanterie i . *

Prasterîti fides exemplumcjue futuri,

qui eût pu être la sienne propre.

Pendant six années, il lui consacra sans compter son temps et ses peines, le meilleur de lui-même. Mais aussi quel encouragement lorsque les plus hauts patronages vinrent honorer la « Sabretache » ; avec quelle fierté il saluait dans le Carnet et inscrivait sur les contrôles de la société les noms illustres du général duc d'Aumale, du maréchal Canrobert, du général Mellinet « le glorieux balafré », pour ne <jter que les plus grands, et .celui du doyen de la

r. Présidée, après la mort de. Meissonnier, par M. Edouard Détaille.

Diqitized bv

« Sabretacîié », lé centenaire SoufBot,* qui personnifiait parmi nous la brillante figure des incomparables officiers de cavalerie légère du premier Empire.

Une tâche cruelle était cependant trop souvent réservée au général Vanson et il s'en acquittait avec une sobre et véritable éloquence; il savait trouver dans son cœur de soldat des paroles d'adieu dignes de tels hommes, ' lorsque la hibrt venait nous les prendre.

Pendant six années, avons-nous dit, à lui seul, rien qu'a l'aide de sa documentation puissante, sans autres auxiliaires que quelques membres dévoués de la « Sabretache », ouvriers de la première heure, il rédigea le Carnet, en corrigea lui-même les épreuves, et l'amena du premier coup à un degrë de perfection qui ne sera point surpassé. ,

Mais le Musée grandissait, chaque jour apportant sa pierre à l'édifice, et le général était visiblement heureux d'en constater les progrès dans ses « Notes du Musée » revenant périodiquement dans le Carnet, notes dont l'objet était autant de faire connaître les dons faits journellement que d'exciter l'émulatîon des donateurs. Grâce à ces incessants et laborieux efforts il était devenu « la grande salle d'honneur de l'armée ».

Mais un moment arriva où son directeur ne consentit plus à lui imposer de rival dans sa jalouse sollicitude. Partisan convaincu de l'unité d'impulsion,

le général avait vu un avantage réel à joindre à la direction du Musée celle du Carnet, qui eh était en quelque sorte l'organe de publicité; mais cette double tâche était devenue trop lourde « pour ses vieilles épaules », et il dut, à la fin de 1898, se dégager du travail absorbant de la publication d'une revue pour se consacrer exclusivement au Musée dont il avait la charge officielle, jointe à la présidence de la commission des Archives de la guerre.

Moins de trois ans après devait se terminer cette carrière qui, du premier au dernier jour, fut un modèle des plus hautes vertus militaires et un admirable exemple d'unité dans toute une vie de travail et d'honneur : dans la nuit du 16 au 17 juin 1900, le général Vanson s'éteignit après avoir encore travaillé tout le jour.

« Quiconque l'a vu à l'œuvre, répéterons-nous après le Carnet de la SabretacheQ) qu'il avait fondé et qui, grâce à l'impulsion reçue du général, lui survivra en gardant pieusement le précieux dépôt de ses enseignements et de ses traditions; quiconque l'a vu à l'œuvre, dans cette besogne de rédaction xjue d'autres auraient pu trouver ingrate, mais dont

I. Tome Vlir, 1900, p. 321. En reproduisant ces lignes, nous sommes heureux de nous associer, dans cet hommage attendri rendu à la mémoire de notre vénéré général, au brillant collaborateur qu'il s'était choisi et qui fut son successeur immédiat dans la direction du Carnet, notre ami le capitaine P. M.

son zèle ardent pour les choses de l'armée, dont son patriotisme intelligent et savant lui faisait désirer la tâche exclusive, pourra témoigner du labeur scrupur leux, de la constante préoccupation du bien, du souci d'intéresser et d'instruire, enfin de la foi inaltérable dans les destinées de notre pays, avec lesquels il poursuivait sans relâche son travail obscur et impersonnel. La vie recluse qu'il a menée treize ans dans son entresol de l'avenue de la Motte-Piquet n'a pas moins appartenu à l'armée que ses longs et éminents services ; et son oeuvre de plume ne le cède pas, pour la pureté et la noblesse, à son œuvre d'épée. »

Commandant P. Boppe.

Lettres de campagnes

CRIMÉE — ITALIE — MEXIQUE t854-1867

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