LE SÉDUCTEUR ET SA VICTIME
— Vous vouliez me parler? reprit Rodolphe sans s’asseoir.
— Oui, répondit Adrienne, vous parler... mais je ne sais plus...
Elle passait avec égarement ses mains sur son front.
— Remettez-vous donc, dit Rodolphe, qui prit un siège. Ce n’est pas sans émotion que moi-même je vous revois. Au moment d’entrer, j’hésitais encore, et c’est pourquoi j’arrive aussi tard. Mais je suis .venu-, puisque vous aviez besoin de moi. En quoi puis-je vous être utile?
La froideur avec laquelle Rodolphe prononça ces paroles, rendit à Adrienne un peu de sang-froid. Elle lui dit ses conventions avec M. de Corbière.
— Savez-vous s’il a tenu sa promesse? demanda-t-elle, s’il a fait des recherches et s’il a quelque espoir de retrouver mon... notre enfant?
— Je ne sais pas, répondit. Rodolphe avec embarras.
— Vous ne vous en êtes donc jamais inquiété?
— Mes nouveaux liens ne me font-ils pas un devoir d’oublier le passé?
— D’oublier vos anciennes affections, d’oublier vos anciens engagements, tout aussi sacrés cependant que ceux que s r ous venez de contracter.
— Des reproches! En vérité, à quoi bon maintenant?
Mais Àdrienne poursuivit : .
— Quels nouveaux liens peuvent vous faire un devoir d’oublier que vous avez donné le jour à une pauvre créature qui, toute sa vie, souffrira de votre abandon! Vous n’avez donc rien làl Votre conscience est-elle tranquille? Quand vous voyez dans la rue des petits enfants qui souffrent, vous ne souffrez donc pas, vous? Vous ne pensez donc pas que votre enfant a peut-être froid, qu’il est à jeun, qu’il pleure, qu’il vous appelle,
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