‹ Crimes de L'amourChapitre 57 sur 60 · VJ · texte numérisé non relu

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LES GRIMES DE h * AMOUR

dances, que je crus tout aussitôt voir en lui un garnement qui venait me proposer un mauvais coup. Mais comme moi, Zéphirin-Polycarpe-Bradacier, qui ai l’honneur de vous parler ici, je suis le plus honnête des saltimbanques qui aient jamais honoré cette noble corporation, je .le remis vertement à sa place. Alors il prit un air de saintenitouche, me disant que je me trompais étrangement sur ses intentions; qu’il venait simplement pour me rendre service; et là-dessus, il se retira. Croyez-moi, monsieur le juge, cet homme sentait le bagne d’une iiene; c’est là qu'il faut chercher le criminel. 1

— Assez, malheureux, dit le juge, n’accusez personne du crime épouvantable que vous avez commis.

Pendant que Bradacier protestait avec énergie contre celte accusation, on fit entrer La Jaunisse. : --

Àdrienne la reconnut aussitôt et tressaillit.

— Dans quel pays avez-vous trouvé cet enfant? demanda le juge en désignant Criquet.

— A Vieuxbourg.

Adrienne poussa un cri et se précipita vers Criquet.

— Mon enfant! mon enfant! exclama-t-elle.

Elle allait le prendre dans ses bras, l’étreindre; L’amour maternel triomphait du dégoût que lui avait inspiré d’abord le pauvre être rachitique et disgracié.

Mais une affreuse pensée lui traversa l’esprit. Elle le repoussa avec épouvante.

— Horreur ! fit-elle, il a guidé l’assassin dé son père.

L’interrogatoire de La Jaunisse acheva d’éclairer le juge. Bradacier avait commis le meurtre. Mais quel rôle avait joué -VL de Noirégent dans ce lugubre drame? Evidemment il avait été l’instigateur du crime, mais d’une façon si machiavélique, si détournée, que la justice ne pouvait l’atteindre.

Adrienne, Denis et Jacques furent relâchés après six mois de détention préventive, de souffrances physiques et morales. Et, malgré leur acquittement, ils étaient flétris à jamais par cette injuste accusation, tandis que M. de Noiregent, le premier auteur du crime, celui qui l’avait si astucieusement inspiré, restait honoré comme le modèle de tous les dévouements et de toutes- les vertus.

Le procès continua à traîner en longueur. On craignait un scandale, qui porterait, atteinte à la considération de la famille de Corbière.

Sous cette raison spécieuse, que de sombres histoires, quelles vengeances terribles restent ignorées!

Or, voici ce qu’avait fait M. de Noiregent;

Une famille le gênait. Il l’avait moralement anéantie; et si Adrienne, dont l’existence était pour. lui un danger et une soulïrance, vivait encore, elle ne devait son salut qu’à un incident fortuit, une méprise. Car c’était elle que le haineux personnage avait voulu frapper. : ;

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