‹ Crimes et délits dans la folieChapitre 17 sur 44 · FOLIE DU DOUTE ÔQ · texte numérisé non relu

FOLIE DU DOUTE ÔQ

Bien que chez ce malade on ne rencontre pas d'autre aberration mentale que le doute, il est bon de faire remarquer que Thérédité psychopathique se traduisait chez lui par d'autres stigmates ; par exemple, Thabitudeinvétéréedes pratiques solitaires à laquelle il attribuait lui-même sa psychopathie.

Les perversio7is sexuelles accompagnent encore la maladie du doute chez le troisième malade dont Griesinger donne l'observation. Il s'agit d'un prince russe, à antécédents héréditaires formels, épileptiquependant son enfance, que tourmentaient les interrogations les plus absurdes : « Pourquoi tel objet a-t-il telle dimension ? Pourquoi tel autre est-il de telle grandeur ? Pourquoi cette personne est-elle d'aussi petite taille ? Pourquoi n'est-elle pas haute comme la chambre ? Pourquoi les hommes en général ne sont-ils pas plus grands qu'ils ne le sont ? Gomment ne sont-ils pas aussi grands que les maisons ? Gomment est fait le soleil ? Pourquoi n'y a-t-il pas deux soleils et deux lunes ? » Dès qu'il faisait une tentative de rapprochement sexuel ses pensées surgissaient aussitôt avec la plus grande intensité et le frappaient d'une absolue frig idité.

La maladie du doute se présente souvent sous la forme de scrupules religieux exagérés.

Une jeune fille, dont parle Legrand du SauUe, éprouve dès l'âge de quinze ans des scrupules de conscience. « Elle a ri le jour de sa première communion ! Elle a dû aussi cacher un péché à son confesseur. Elle n'était donc pas en état de grâce?

Que peut-il en résulter? Qu'est-ce qu'un sacrilège? Comment racheter un sacrilège? Serait-elle pardonnée si pendant un an elle ne mangeait que du maigre? »

Une autre dont l'observation est due à Baillarger se tourmentait dès Tenfance avec une facilité incroyable pour ses confessions et ses communions surtout. Elle croyait toujours oublier quelque péché, et craignait que quelque parcelle de l'hostie ne vînt à tomber quand elle la recevait à la sainte table. Peu à peu, elle subit de très nombreuses aberrations mentales et devint unt pathophobe des plus complètes.

Le jeune Z.^. dès l'âge de treize ans, trois semaines après sa confirmation, était pris de scrupules de conscience; ce trouble se dissipa. Plus tard, à vingt ans, devenu masturbateur effréné, il s'interroge sur la question de savoir s'il doit se crever un œil pour être agréable à Dieu, et alors il commence à se questionner sur les attributs de Dieu, sur l'impossibilité de sa part d'accepter des sacrifices, sur l'inutilité des mutilations, sur le danger des vœux précipités, sur l'obligation de tenir ses serments, sur les devoirs de l'homme envers Dieu.

Selon la remarque de Baillarger, certains de ai ces malades éprouvent le besoin d'une affirmation " étrangère ; et il leur faut quelques paroles rassurantes pour dissiper momentanément la crise. Une ieune dame avait été poursuivie entre quatorze et dix-huit ans par la crainte d'avoir une mauvaise pensée : elle s'imposait aussitôt l'obligation de la rétracter. Lorsque cette prétendue mauvaise pensée survenait alors qu'elle était en présence de sa mère,

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