I». CRISPIN RIVAL DE SON MAITRE
- xabraNGHE, reprenant la lettre.
.* Ce n*esl point cela, monsieur. ^
M, O R O N T E, riant.
Voilà un médecin qiù loge dans le quartier de ses malades. ^ . ,
1 à' branche tire plusieurs lettres , et en lit les ' ■ adresses^
J’ai plusieurs lettres que je me suis chargé de rendre à leurs adresses. Voyons celle - ici,.,. Il ht.... A M- Bredouillet , avocat au Parlement , rue des Maùvaises-Paroles. Ce n’est point fencore cela ; passons à l’autre..,. Il lit..,. A M. Gourmandin , chanoine de... ouais je ne trouverai point celle que je cherche.. . Il lit.... A M. Oronte. Ah î voici la lettre ..de,, M. Orgon... Il la donne»... U l’a écrite d’une main si tremblante, que vous n’en reconnaîtrez' pas l’écriture.
V ■ ' £ “ - M. ORONTE
En effet , elle n’est pas reconnaissable.
L, A R R AJ^N C H E.
Xa goutte est un terrible mal ! Le ciel voua en veuille préserver , aussi bien que Mde. Orontç , Mlle. Angélique , Lisette i et toute la compagnie.
M. 0 R O N T E , lit.
Je me disposais à partir avec Uamis , mais la goutte m'en à empêché. Néanmoins , comme ma présence n'est point absolument - nécessaire à Paris , je n'ai pas troalu que mon indisposition retardât un mariage qui fait ma plus chère envie , et toute la consolation . de ma vie\llesse. Je. vous envoie /won fils ; servez-lui de père , comme à votre fils. Je treuverai bon tout ce que vous ferez.
De Chartes , ,
foire affectionné Set vi leur . 'ÔH G O N. '
” Que je le plains!.. . Mais qui est ce- jeune homme qu* a’aVance ? Ne serait-ce point Damis ? . ' '
lA B RANCHS.
C’e.st lui - même ; qu’en 'dites - vous , madame ? n’a-t-il'. V pas uR ail qui prévient eh s,a faveur ? . • ,
COMÉDIE
M. ORÔNTE , Madame OBONTE » ANGELIQUE t LISETTE, LABRANÇHE , CRISPIN. -,
- Mde. O K O w T ». , -i , -V '
Î 1 n’est pas mal fait , vraiment.
Labranche ?..
Monsieur. ' n < ' ^ , a-
Est-ce là M. Oronte , mon illustre beau-pèrft ' * , • r. A B B. A s c H ‘b. ^
Oui , vous le vojrez en proprç original.
Soyez le bien veno , mon gendre , embrasse z-moî, c R is PIN., embrassant M, Oronte^
Ma joie est extrême de pouvoir vous témMgner,Pex-' trêrae joie que j’ai de vous embrasser. Voilà sans doute l’aimable enfant qui m'est destinée ? . ' * l"*
. N'on , mon .gendre , c’est ma .femme ; voici ma fillo Angélique. ’ ,
Malpeste j la jolie famille ! Je ferai volontiers ma femnqe de l’une , et ma maîtresse de l'autre.
Mde. o R o h' T E. , « . ,
Cela est trop galant. 11 paraît avoir de l’esprit , Lisette ?.
Et du goût même*
c R I s B I Nf J
Quel air, quelle grâce, quelle noble fierté ! Ventre-bleu^ r B2. \
ao CWisPlN RIVAL DE SON MAITRE, > Madame , vous êtes toute adorable ! mon père me le disait bien ; tn verras Mde. Oronte , c’est la beauté la plus
piquante. *. >
Mde.*' O R O K T *.
,-Fi donc. . ' ;
La plus dësàg... Je voudrais , (bl-il , quelle fut , veuve y je l’aurais bientôt épousée.
• M . O R 0 N T * , riant»
Je lui suis , parbleu, bien, obligé.
„Mde. ORONTE.
Je 1 'estime infiniment ,* monsieur votre père ; que je suis lâchée qu’il n'ait pû venir ave^c vous !
CrISPIN. '
Qu’il es't mortifié de ne poilvoir être de la noce ! Il sa promettait bien de danser la bourée avec Mde. Oronte.
lABHA'NCHE. •
Il vous prie d’achever promptement ce mariage , car il a une fiirieuse impatience d’avoir sa bru auprès de lui. .
M* ORONTE
Hé , mais toutes lés conditions sont arrêtées entre nous , et signées j il ne resté plus qu’à terminer la chose et compter la dot. V
c R I s P IN.
Coihpter la dct ? Oui , c’est fort bien dit. Labrancht ! Permettez que je donne une commission* à mon valet. Va chez le marquis.... bas.... va-t-en arrêter des chevau.c pour cette nuit , tu m’entends.... haüt..,. et tu lui diras que je lui baisa les mains.
l A » R A H G H b‘, sortant, ' '
’v vole.
M. O RO N.TE , Mdc., ORONTE, ANGELIQUE/ LISETTE, CRISP I, N. ' , '
Revenons à votre père ; je suis très-affligé de son indisposition'; mais', satisfaites , je vous plie, ma curiosité. Ditesmoi un peu de nouvelles de son procès.
c R 1 8 V i V ^ d’un air inqùîft, ••
Labranche ? . ' •
Vous êtes bien ému , qu’avez- vous ?
* CrISPIK. -
lias. Maugrebleu de la question!... haut.^. J’ai oublié de charger Labranche.<.. èos, H devait bien me parler de ce procès-là ! ' ' '
Il reviendra., Hé bien , ce procès a-t-il enfin été jugé ?
Gui , dieu mérci , l’affaire en est faite,
Et vous î’avez gagné ? ' . < '
Avec dépens. ’ -t .
• , M.' O R OjN TB.'
J’en suis ravi , je vous assure. ' ''
• " Mde. O R e K T E. '
Le ciel en soit loué. , ' ' ' ,
Mon père avait cette affaire à Vtrur ; il aurait donné tout son bien aux juges , plutôt que d'en avoir le deiaenti,
Ma foi , cette affaire lui a bien coulé de l'argent , n’estcc pas 7
Je vous en réponds ; niais hi justice est une '*i belle cliose, qu’on ne .sauvait trop l'uche 1er» , , ■
aa CRISPIN r'iVAL DE SON MAITRE ,
' ' Mde. O. » O H T
J’en conviens , mais malgré cela ce procès lui a bie« donné de la peine!
, Ah , cela n’est pas concevable ! U avait affaire au plus grand chicaneur, au moins raisonnable de tous les hommes.
Qu’appelléz-vous , de tous les hommes ? il m’a dit que Sft partie était une femme.
Oui, sa partie était une ..femme, d’accord ; mais cette femme avait dans ses intérêts un , certain vieux normand qui lui donnait des conseils ; c'est cet homme-là cjui a bien fait de la peine à mou père.... Mais changeons de discours; laissons-là les procès , je ne veux m’occuper que de mou Mariage , et que du plaisir de voir Mde. Oronte. ^
Hé bien , allons , mon gendre , entrons , je vais ordonxter les apprêts de vos noces.' - ■» '
’c R î s P I H , donnant la main à Mde, Oronte^ Madame? , ' ‘ ' .. T
'Mde. O R O R T E.
’V^ous n’êtes pas à plaindre ^ ma fille ; Damis a du mérite.
.-SCENE ' XI. i
A N G i L I Q U dS , L l'S 5 T T E.
ANGELIQUE
Hélas ! que vais-je devenir ? '
' ' LISETTE
Vous allez devenir femme de M. Damis , cela fi’est pas difficile à deviner. - .
ANGÉLIQUE
Ah î Lisette tu sais ines -sentimens- , montre-toi sensible à mes peines.' . < • . .
LISETTE', pleurant,
La paugre enfant l • ’ '
Auras-tu* la dureté- de m’abandonner a mon sort ?
LISETTE
Vous me fendez le cœur.
an ^ E'I’q^ Er. !
Lisette , ma chère Lisette ! • . • -n. ,
' LISETTE
Ne m’en dites pas davantage. Je suis si touchée , que je pourrais bien vous donner quelque mauvais conseil y et je vous vois si affligée , que vous ne manqueriez pas de le suivre. ^