‹ Crispin, rival de son maître, comédie en un acte en proseChapitre 7 sur 16 · I». CRISPIN RIVAL DE SON MAITRE · texte numérisé non relu

I». CRISPIN RIVAL DE SON MAITRE

- xabraNGHE, reprenant la lettre.

.* Ce n*esl point cela, monsieur. ^

M, O R O N T E, riant.

Voilà un médecin qiù loge dans le quartier de ses malades. ^ . ,

1 à' branche tire plusieurs lettres , et en lit les ' ■ adresses^

J’ai plusieurs lettres que je me suis chargé de rendre à leurs adresses. Voyons celle - ici,.,. Il ht.... A M- Bredouillet , avocat au Parlement , rue des Maùvaises-Paroles. Ce n’est point fencore cela ; passons à l’autre..,. Il lit..,. A M. Gourmandin , chanoine de... ouais je ne trouverai point celle que je cherche.. . Il lit.... A M. Oronte. Ah î voici la lettre ..de,, M. Orgon... Il la donne»... U l’a écrite d’une main si tremblante, que vous n’en reconnaîtrez' pas l’écriture.

V ■ ' £ “ - M. ORONTE

En effet , elle n’est pas reconnaissable.

L, A R R AJ^N C H E.

Xa goutte est un terrible mal ! Le ciel voua en veuille préserver , aussi bien que Mde. Orontç , Mlle. Angélique , Lisette i et toute la compagnie.

M. 0 R O N T E , lit.

Je me disposais à partir avec Uamis , mais la goutte m'en à empêché. Néanmoins , comme ma présence n'est point absolument - nécessaire à Paris , je n'ai pas troalu que mon indisposition retardât un mariage qui fait ma plus chère envie , et toute la consolation . de ma vie\llesse. Je. vous envoie /won fils ; servez-lui de père , comme à votre fils. Je treuverai bon tout ce que vous ferez.

De Chartes , ,

foire affectionné Set vi leur . 'ÔH G O N. '

” Que je le plains!.. . Mais qui est ce- jeune homme qu* a’aVance ? Ne serait-ce point Damis ? . ' '

lA B RANCHS.

C’e.st lui - même ; qu’en 'dites - vous , madame ? n’a-t-il'. V pas uR ail qui prévient eh s,a faveur ? . • ,

COMÉDIE

M. ORÔNTE , Madame OBONTE » ANGELIQUE t LISETTE, LABRANÇHE , CRISPIN. -,

- Mde. O K O w T ». , -i , -V '

Î 1 n’est pas mal fait , vraiment.

Labranche ?..

Monsieur. ' n < ' ^ , a-

Est-ce là M. Oronte , mon illustre beau-pèrft ' * , • r. A B B. A s c H ‘b. ^

Oui , vous le vojrez en proprç original.

Soyez le bien veno , mon gendre , embrasse z-moî, c R is PIN., embrassant M, Oronte^

Ma joie est extrême de pouvoir vous témMgner,Pex-' trêrae joie que j’ai de vous embrasser. Voilà sans doute l’aimable enfant qui m'est destinée ? . ' * l"*

. N'on , mon .gendre , c’est ma .femme ; voici ma fillo Angélique. ’ ,

Malpeste j la jolie famille ! Je ferai volontiers ma femnqe de l’une , et ma maîtresse de l'autre.

Mde. o R o h' T E. , « . ,

Cela est trop galant. 11 paraît avoir de l’esprit , Lisette ?.

Et du goût même*

c R I s B I Nf J

Quel air, quelle grâce, quelle noble fierté ! Ventre-bleu^ r B2. \

ao CWisPlN RIVAL DE SON MAITRE, > Madame , vous êtes toute adorable ! mon père me le disait bien ; tn verras Mde. Oronte , c’est la beauté la plus

piquante. *. >

Mde.*' O R O K T *.

,-Fi donc. . ' ;

La plus dësàg... Je voudrais , (bl-il , quelle fut , veuve y je l’aurais bientôt épousée.

• M . O R 0 N T * , riant»

Je lui suis , parbleu, bien, obligé.

„Mde. ORONTE.

Je 1 'estime infiniment ,* monsieur votre père ; que je suis lâchée qu’il n'ait pû venir ave^c vous !

CrISPIN. '

Qu’il es't mortifié de ne poilvoir être de la noce ! Il sa promettait bien de danser la bourée avec Mde. Oronte.

lABHA'NCHE. •

Il vous prie d’achever promptement ce mariage , car il a une fiirieuse impatience d’avoir sa bru auprès de lui. .

M* ORONTE

Hé , mais toutes lés conditions sont arrêtées entre nous , et signées j il ne resté plus qu’à terminer la chose et compter la dot. V

c R I s P IN.

Coihpter la dct ? Oui , c’est fort bien dit. Labrancht ! Permettez que je donne une commission* à mon valet. Va chez le marquis.... bas.... va-t-en arrêter des chevau.c pour cette nuit , tu m’entends.... haüt..,. et tu lui diras que je lui baisa les mains.

l A » R A H G H b‘, sortant, ' '

’v vole.

M. O RO N.TE , Mdc., ORONTE, ANGELIQUE/ LISETTE, CRISP I, N. ' , '

Revenons à votre père ; je suis très-affligé de son indisposition'; mais', satisfaites , je vous plie, ma curiosité. Ditesmoi un peu de nouvelles de son procès.

c R 1 8 V i V ^ d’un air inqùîft, ••

Labranche ? . ' •

Vous êtes bien ému , qu’avez- vous ?

* CrISPIK. -

lias. Maugrebleu de la question!... haut.^. J’ai oublié de charger Labranche.<.. èos, H devait bien me parler de ce procès-là ! ' ' '

Il reviendra., Hé bien , ce procès a-t-il enfin été jugé ?

Gui , dieu mérci , l’affaire en est faite,

Et vous î’avez gagné ? ' . < '

Avec dépens. ’ -t .

• , M.' O R OjN TB.'

J’en suis ravi , je vous assure. ' ''

• " Mde. O R e K T E. '

Le ciel en soit loué. , ' ' ' ,

Mon père avait cette affaire à Vtrur ; il aurait donné tout son bien aux juges , plutôt que d'en avoir le deiaenti,

Ma foi , cette affaire lui a bien coulé de l'argent , n’estcc pas 7

Je vous en réponds ; niais hi justice est une '*i belle cliose, qu’on ne .sauvait trop l'uche 1er» , , ■

aa CRISPIN r'iVAL DE SON MAITRE ,

' ' Mde. O. » O H T

J’en conviens , mais malgré cela ce procès lui a bie« donné de la peine!

, Ah , cela n’est pas concevable ! U avait affaire au plus grand chicaneur, au moins raisonnable de tous les hommes.

Qu’appelléz-vous , de tous les hommes ? il m’a dit que Sft partie était une femme.

Oui, sa partie était une ..femme, d’accord ; mais cette femme avait dans ses intérêts un , certain vieux normand qui lui donnait des conseils ; c'est cet homme-là cjui a bien fait de la peine à mou père.... Mais changeons de discours; laissons-là les procès , je ne veux m’occuper que de mou Mariage , et que du plaisir de voir Mde. Oronte. ^

Hé bien , allons , mon gendre , entrons , je vais ordonxter les apprêts de vos noces.' - ■» '

’c R î s P I H , donnant la main à Mde, Oronte^ Madame? , ' ‘ ' .. T

'Mde. O R O R T E.

’V^ous n’êtes pas à plaindre ^ ma fille ; Damis a du mérite.

.-SCENE ' XI. i

A N G i L I Q U dS , L l'S 5 T T E.

ANGELIQUE

Hélas ! que vais-je devenir ? '

' ' LISETTE

Vous allez devenir femme de M. Damis , cela fi’est pas difficile à deviner. - .

ANGÉLIQUE

Ah î Lisette tu sais ines -sentimens- , montre-toi sensible à mes peines.' . < • . .

LISETTE', pleurant,

La paugre enfant l • ’ '

Auras-tu* la dureté- de m’abandonner a mon sort ?

LISETTE

Vous me fendez le cœur.

an ^ E'I’q^ Er. !

Lisette , ma chère Lisette ! • . • -n. ,

' LISETTE

Ne m’en dites pas davantage. Je suis si touchée , que je pourrais bien vous donner quelque mauvais conseil y et je vous vois si affligée , que vous ne manqueriez pas de le suivre. ^

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