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rapprochées de la sensation banale d'engourdissement dû au froid. | - Dans la nacelle chaude du Spad, et jusqu'à 6.500
mètres, nous les avons très rarement éprouvées. - Nous avons toutefois pu les observer chez des aviateurs qui ont tenu l'air quatre heures ou plus pour un bombardement et qui ont dû fortement réagir contre la fatigue qui les gagnait. La tension nerveuse nécessaire à lPaviateur dans ce cas n’est pas étrangère à ces troubles. | | Quant au besoin impérieux d’uriner, ‘souvent impos-
Sible à satisfaire, qu'accusent de nombreux aviateurs,
nous l’avons éprouvé quelquefois, mais peu intense : il ne semblait le devenir qu'après la descente, dès le retour au sol. Pendant le vol horizontal à l’altitude maxima atteinte, exception faite de ces derniers troubles qui dépéndent surtout de la durée du vol, ces diverses sensations paraissent s’atténuer. La cause en est dans l’établissement d’un équilibre physiologique aux conditions ambiantes nouvelles, suivi d’une accoutumance rapidement acquise. Cependant, lorsque survient un incident quelconque, remous ou exercices divers, irrégularités de moteur, de suite reparaissent de légers troubles respiratoires et cardiaques, d’origine émotive el réflexe, disparaissant vite du reste. Nous n'avons jamais éprouvé de vertiges dans un vol horizontal normal, quelle que soit notre position, debout ou assis, dos en arrière ou en avant dans la nacelle.
Considérons à présent la descente. Les sensations variées qu’elle procure sont d'autant plus nettes qu’elle
est plus rapide, plus mouvementée. C’est dire qu'elles relèvent non seulement de la brève déséquilibration physiologique de l'organisme dans un milieu essentiellement et rapidement changeant, maïs aussi à un degré moindreil est vrai d’un facteur nerveux, émotif très net, que ne doit nier, à notre avis, aucun pilote. | Leur assurance peut être très grande ; n’empêche qu’à certaines périodes de la descente, qu’ils font presque toujours rapide, « fatigués qu’ils sont d’être en l'air et pressés de revénir au sol», l'angoisse peut étreindre les plus entraînés et une crainte soudaine développèr chez eux une émotivité réflexe indéniable. L'apparition ou l’exaltation de réactions anormales, dans les domaines circulatoires et respiratoires surtout, en est là conséquence. La respiration semble manquer un instant, après une brusque inspiration, contenue comme s’il y avait apnée, puis reprend rapide ; le cœur, momentanément ralenti, s'accélère à nouveau, précipite ses battements qui sont plus forts, palpite parfois. Dans une attitude crispée, inconsciemment adoptée, qui lui permet, sinon de gouverner du moins de maintenir son appareils le sujet attend ce qui va arriver. Puis tout rentre dans l’ordre, la cause de cette réaction ayant cessé d'agir. Ces troubles, qui s’atténuent d’ailleurs avec l’entrainement peuvent ne. durer que quelques secondes et ne pas influencer le vol, du moins lorsque le pilote a « laissé, faire » son appareil. Il n'en est plus de même si, très impressionnable, il réagit trop vivement, trop violemment | aux secousses reçues, autrement dit s’il se « secoue » luimême, Combien de fois, semble-1-il, devons-nous les in-
vs
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voquer dans les accidents dits « inexpliqués » ou mis sur le compte d’une « faute de pilotage » survenus à de bons pilotes, à bord d’excellents appareils. Ils ne sont que des manifestations paroxystiques des réactions normales occasionnées par la descente et que nous allons décrire.
Le pilote vient de dire de s’attacher,si ce n’est pas fait ; de ne rien craindre. Il réduit les gaz out coupe » l’allumage ; l’appareil s'incline en avant, la descente commence. Combien émotionnant est cet instant pour le novice surtout qui ne peut se récuser des sensations dont nous venons de parler. On est surpris de ne plus entendre le moteur aux bruits duquel on s'était vite habitué, au point parfois de ne plus être gêné par eux. D’autre part, la vue de l’appareil qui s'incline en avant et piqué vers le sol impressionne d'autant plus que les renseignements fournis par le sens musculaire viennent d’être brusquement inversés.
Et l’association de ces sensations neuves, auriculaires, visuelles, musculo-tendineuses, fait naître, du moins chez le passager qui né connait rien des intentions du pilote, moins la sensation de vertige que la crainte instinctive et momentanée d’une chute possible. Puis, très rapidement, l'adaptation se fait au nouveau mouvement et cette impression disparaît.
L’audition, redevenue un instant plus claire, par suite du ralentissement ou de l'arrêt du moteur, s’assourdit de nouveau; les sensations de plénitude et de tension auriculaires, et parfois de battements par salves, syn* . chrones au pouls et quelquefois douloureux réapparais-
. —2%6 — sent. Et cela avec d'autant plus'de précocité et d’intensité que la descente est plus rapide.
Dans cès conditions mêmes, nous y reviendrons plus loin, ces battements par salves peuvent accompagner, voire précéder des sensations erronées touchant à l’équilibration. ;
C’est ainsi qu’au cours de descentes rapides en spiralés sèrrées de même sens, à droite et surtout à gauche, sur Spad-bi ou mono place 220 HP, moteur très ralenti, nous avons eu plusieurs fois, comme pilote, l'impression tactile ou plutôt kinesthésique générale d’une vitesse insuffisante au rétablissement ou au maintien de la ligne de vol. Nous. poursuivions donc le «piqué » malgré la dureté naissante des commandes imprécises au toucher ; malgré aussi les sifflements plus aigus des tendeurs sous l'influence du vent et que l’oreille, non accommodée,percevait plus ou moins étouffés ! Seule la considération du compte-tours ou de l’indicateur de vitesse à ce moment, contrôle visuel précis et si important dans la sécurité en avion, en nous fixant sur la suffisance, voire sur l’excès de notre vitesse, nous incilait.à redresser l'appareil qui, parfois « grimpait » alors très fort, ou faisait aisément une « chandelle ». :
Ces impressions fâcheuses, erronées, qui, si elles naissaient au voisinage du, sol, pourraient amener certains pilotes à ne pas « redresser » assez 1ôt dans la crainte de « chuter » par perte dé vitesse, ne disparaissent pas aussitôt la reprise de la ligne de vol. On conçoit aisément le danger qui peut en résulter !
La lenteur relative d'établissement de la compensa-
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tion tympanique nécessitée par l’augmentation rapide de la pression extérieure, et de la compensation labyrinthique correspondant aux variations dé la pression artérielle cranio-cérébrale expliquent ces troubles auriculaires. La preuve, c'est que le choc auriculo-ympanique produit par la déglutition pendant la descente et qui résulte du rétablissement brusque de légalité des pressions sur les deux faces du tympan les fait momentanément et. partiellement disparaitre. Le sifflement aigu qui résulte de la vibration des tendeurs qui haubanent les ailes, seul ou associé aux bruits du HMEUT fonctionnant au ralenti, en hâte simplement l apparition ou en aggrave les manifestations subjectives. 2;
Ces sensations, qui durent pendant toute la descente, semblent même devenir plus intenses au cours des pre-’ mières minutes qui suivent l'atterrissage.
La céphalée disparait à une altitude plutôt inférieure à celle de son apparition. <
La respiration retrouve son rythme rornals cé retour progressif n’est pas complet à l’atterrissage comme le prouvent nos observations, ce qui témoigne d’une lenteur d'adaptation.
Le cœur bat plus fort, des palpitations apparaissent parfois si la descente se précipite et notamment si elle se fait en spirales à grands pas et court rayon, l’appareil étant très incliné. Vraisemblablement d’origine émotive, elles sont accompagnées d’une sensation de serrement des tempes, de cuisson de la face qui est
rouge et dont les conjonctives oculaires sont injectées. ë
on
Le pouls redevient plus lent, plus égal, plus ampleet
mieux frappé. :
Nous n’avons jamais éprouvé de tendance au sommeil, ni de torpeur au cours de nos descentes.
Le vertige ne se produit pas dans une descente normale. Certains mouvements inhabituels peuvent cependant les provoquer. C’est ainsi que dans une descente rapide en spirales serrées au-dessus d’un bois (obus n° 11) nous avons éprouvé deux défaillances consécutives en tournant très vite la têle pour regarder successivement les extrémités des ailes de notre biplan et le sol au-dessous de nous, animé d’une rotation folle en sens inverse. De courte durée, elles ont disparu en levant les yeux vers le ciel et ne se sont pas reproduites dans
d’autres vols et dans des circonstances semblables. La.
« vrille » peut leur donner naissance, quelquefois chez le pilote peu entrainé, ou surpris, plus souvent chez
l'observateur, toujours surpris, et qui ignore si, et:
quand elle s arrêlera.
Nous avons plusieurs fois provoqué ces sensations de vertige Chez nos passagers (L. G. entre autres, sportsman cependant confirmé) au cours de descentes simplement spiralées très serrées, moteur très ralenti, sur Spad biplace. De
Des impressions visuelles et vestibulaires discordantes,
qui n'existent pas au cours d’un wol normal, expliquent > EXT
cette altération de l'équilibre.
Après l’atterrissage qui procure toujours une certaine appréhension, très justifiée du reste, et ‘indépendamment des phénomènes précités qui disparaissent assez
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rapidement, fait suile une excitation nerveuse passagère mais très manifeste. Elle se traduit :
1° Psychiquement par une satisfaction intense et un enchantement du voyage; *
2° Sur l'appareil sensitivo-moteur : par un tremblement menu des extrémités et des fibres musculaires (impossibilité fréquente de réaliser des mesures sphygmomanométriques sur des passagers et surtout des pilotes venant d’atterrir) ; par de l’incoordination légère des mouvements qui paraissent ‘incerlains, imprécis ; par une sensation de grande légèreté à la descente de l’appareil, analogue à celle qu'éprouvent les cavaliers lorsqu’ils mettent pied à terre, et accompagnée parfois de titubation, à type ébriéuse, cérébelleuse, vite disparue ;
‘3° Sur l’appareil cardio-vasculaire, par des battements de cœur vile calmés:"par des congestions locales visibles surtout au niveau des extrémités, de la face, des yeux notamment, dont les conjonctivites sont injectées. Jamais nous n’avons observé de nystagmus ;
4° Sur les autres appareils par une envie impérieuse d’uriner, souvent injustifiée, et coexistant avec des douleurs lombaires, produites par là position souvent peu confortable dans la nacelle ; par une exaltation de l’appétit.
Tous ces phénomènes disparaissent assez vite, excep-
tion faite des bruits subjectifs auriculaires qui persistent un temps dont la durée varie avec la forme et la position du moteur (trois à quatre heures avec les fixes à l’arrière, une demi-heure à une heure avec les rotatifs à
l’avant). a