‹ Critères: de l'aptitude au vol en avionChapitre 20 sur 99 · RE USE · texte numérisé non relu

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ces auteurs (GUILLAIN et AmBarp) montrent combien discutables peuvent être. les chifres obtenus, pour les réactions visuelles surtout, qui peuvent varier entre 17 et 20 centièmes de seconde chez les différents sujets et - suivant leur éloignement du cadran ». « Les réactions anormalement lentes » ; ajoutent-ils, « dépassant 25 centièmes de seconde @ et atteignant des chiffres supérieurs

s'observent chez les sujets asthéniés physiquement et PSY chiquement, chez les anciens commotionnés, chez ceux qui ont fait des chutes ayant déterminé des lésions cérébrales ou méningées, chez ceux qui ont eu des maladies graves. Ces réactions très lentes, comme l'ont signalé MM. Camus ét Nupper, sont réellement patholo-. giques et comportent une contre-indication au vol, mais il convient d'ajouter que, chez tous ces sujets, l'examen clinique neurologique ou somatique montre toujours la contre- indication au pilotage et ques dans ces cas, la recherche des réactions psycho- -motrices est un test confirmatif, mais nullement indispensable ».

« Les réactions visuelles comprises entre 20 et 25 cêntièmes de seconde sont médiocres, mais peut-on avec celte seule donnée éliminer un candidat où un pilote ? Nous croyons qu'il faut être très prudent avant de prendre de telles décisions, car nous avons vu des pilotes excellents ayant de telles réactions dites médiocres ; ‘de plus, dés réactions dites : médiocres, peuvent devenir très rapides par l'entrainement. Il convient dajouter que, dans le vol, les ‘mouvements que doivent exécuter : les pilotes en réponse aux excitations sensorielles com-

portent souvent un temps préalable de réflexion cons-

ciente et que des différences de réaction réflexe de quelques centièmes de seconde ne nous PER ayoir que peu d'importance ».

«Nous pourrions émettre les mêmes considérations au sujet des temps de réaction à l'excitation auditive (normalement 14 à 15 centièmes de seconde) ou tactile (normalement 13 à 14 centièmes de seconde) ».

« La détermination des temps de réaction Élément és chez les candidats à l'Aviation et chez les pilotes est utile au point de vue documentaire ; mais il ne fauttirer des chiffres obtenus que des conclusions très prudentes. L'examen psycho-physiologique des aviateurs doit comporter, nous semble-t-il, des tests plus complexes ; les réactions de discrimination sont plus utiles à préciser ; les effets de l'émotion sur le rythme respiratoire cardiaque, sur le tremblement, la vaso-motricité, plus importants à déterminer. MM. J. Cauus et H. Nerper ont d’ailleurs insisté avec raison sur lPintérêt et l'étude de l’'émotivité chez les aviateurs ; il convient de remarquer aussi que, dans les camps d’aviation, la psychologie des élèves, sans tests de laboratoire, est souvent très bien. appréciée par les instructeurs ».

On peut admettre la nécessité € d’un temps de réaction consciente » aux impressions reçues, temps qui permet de juguler linstinctive réaction réflexe, temps susceptible de se réduire par l’entraînement. Notre longue expérience du vol nous montre même que nos réactions de défense émotives et souvent mal coordonnées du début ont fait progressivement place à d’autres réac-

HO Et { tions conscientes, que l’entrainement a rendues plus rapides, naturelles et quasi-instinctives.

Les émotions diverses qu’a pu nous donner la guerre les ont r1rement modifiées, exception faite des derniers mois cependant, où, plutôt surmené, asthénié, nous étions devenu plus impressionnable, plus brusque et moins égal dans nos corrections pour lé maintien de notre ligne de vol. |

. Ainsi se trouve bien définie la valeur qu’il convient d'attribuer, dans la détermination de l'aptitude au vol, aux résultats obtenus par les méthodes d’examen préconisées dès 1916 en France par Camus et Nepper, avant de l’être dans les autres pays. | |

Nous ne nous attarderons donc pas à reproduire (après les descriptions qu'ils en ont données dans Paris Médical du 18 mars 1916 et lPAérophile du 1° février 1917) le dispositif de leur simple installation dans une des Salles du Centre physiothérapique du Grand Palais à Paris. hi d

Dès qu’il voyait s’allumer une lampe électrique, qu’il entendait le son, qu’il sentait le contact, le sujet examiné, en agissant sur-une presselle reliée au chronomètre électrique de d’ArsoNvai, arrêlait le mouvement de l'aiguille mise en branle par l’examinateur à l'instant où il avait allumé la lampe, provoqué le son ou touché l’épiderme. Une dizaine de chacune de ces mesuralions était faite pour chaque sujet ; un graphique en donnait la représentation ; une valeur moyenne en était déduite

pour chaque individu. Sa comparaison avec celle, étalon, établie par un groupe de sujets parfaitement aptes ;

mode la comparaison des écarts des diverses réactions autour de la moyenne personnelle ou étalon faisaient déduire, compte tenu des réactions émotives, Paptitude ou la non aptitude au vol. Un pneumographe fixé au moyen d’an lacet entourait la poitrine, un doigtier d’HALLION el CoMrTE gantait un doigt, l'enregistreur dé VERDIN était placé à l’autre’ main, chaque appareil était relié par des tambours à des styles inscripleurs. Ces styles servaient à fixer sur un cylindre enregistreur les variations des rythmes cardiaque et respiratoire, de la régulation vaso-motrice, du tremblement, déterminée par une émotion vive et imprévue (tir d'un: coup de revolver, éponge d’eau froide sur la nuque par exemple). rt

Les chiffres étalon ainsi PRE par Camus et NEbper furent ainsi fixés :

1° Temps de réaction aux impressions visuelles : 19,2 centièmes de seconde.

Temps de réaction aux impressions tactiles : 13,9 centièmes de seconde : |

Temps de réaction aux impressions auditives: 14,4 centièmes de seconde ; *

2e Ecarts moyens des temps de réaclions aux impressions, variables suivant qu'il s’agit de bons ou mauvais candidats, d'aviateurs sains ou asthéniés. ve

Vers la même époque, et surtout dans la suite, les Docteurs, MauBLaNcC et RATIÉ au G. D. E. (Groupe de Divisions d’Entraînement) utilisaient les mêmes méthodes. Is les avaient perfectionnées tant dans l’ appareillage que dans la technique. Les sensations étaient déterminées de

: façon semblable ; mais les réactions, aulieu d'être luës par

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l’expérimentateur, s'enregistraient sur un -chronogräphe spécial très ingénieus sement construit par’ la Maison Ricaar»o sur les données du Professeur BROGA. Les résultats avaient donc chance d’être plus exacts; ils pouvaient être mieux aualysés et les graphiques obtenus pouvaient, ‘de plus, être conservés el utilisés plus tard en vue de comparaisons. Il y avait 1à un progrès évident que souli; gnèrentégalement ensuite les auteurs italiens (GemsLur entre autres) convaincus de ces méthodes. Les résultats étalons qu'ils donnentsont assez comparables à ceux obtenus par Camus et NEPPER, si l'on en juge par Îles chiffres suivants : ra NE PE 1° Moyenne de temps de réaction aux impressions Vi: suelles : : 19 centièmes de seconde | | Moy enne de Lemps de réaction aux Impr essionstactiles : 14,9 centièmes seconde ; Moyenne detemps de réaction aux impressions auditives : 14 centièmes de seconde ; | 2° Pour lesécarts, les chiffres moyens sont assez diffé. rents suivant qu'il s'agit d' aviateurs sains, fatigués, surmenés, intoxiqués, ele... :

Telles étaient les méthodes individuellement réconisées et inégaiement appliquées dans la recherche. de l'aptitude à V'aviation vers l'été 1917, époque à laquelle le général Duvar prit la Direction du Service Aéronautique au G. Q. G. Certaïns auteurs insistaient, nous ve: nons de le voir, sur la valeur déterminante des réactions psychomotrices (Camus, NePPER, BROCA, MaugLanc et Ra rit). D'autres, sur la valeur plus déterminante encore e des variations de là tension sanguine el du rythme cardio-

vasculaire (CrucHeT, FERRY, JoSué, Eriene, et RICHARD).

Ces opinions étaient le fruit de recherches personnelles

tentées par ces physiologistes car, à dire vrai, il n’exis-

tait pas dans l’Aéronautique un service médical nette-

ment constitué. Ce fut un des mérites du général DuvaL, dont les idées sont nettement affirmées dans la préface à

l'ouvrage de Ferry « Influences du Vol en Avion sur

la santé de l'Aviateur», d’avoir su créer et organiser ju-

dicieusement ce Service médical de l’Aéronautique.

Les 5'et 13 septembre 1917, il provoque la réunion, au Sous-Sécrétariat d'Etat de l’Aéronautique, des médecins qui s'étaient particulièrement attachés à l'étude de la physiologié du vol ainsi que de quelques pilotes spécialement qualifiés. (Colonel Grrop, commandant Dorsé- MAINE, D'S Garsaux et FERRY aux Armées, D Josué, Neprer à l’intérieur, Savornin représentant le G. Q. G., LEMAIRE, le Sous-Secrétariat d'Etat).

En vue de l'admission, du maintien, de la récupération du Personnel navigant, il fut admis « 1° qu’une première sélection serait opérée par un examen médical complet des intéressés, conformément aux prescriptions ministérielles en vigueur, comprenant, en outre, l’étude la plus exacte possible de la tension artérielle ; 2° que pour éviter, en l’état actuel, l'élimination peut-être trop précipitée d’une appréciable quantité dé candidats, uniquement ‘basée sur les seules données de la méthode Camus et NePPER, il y aurait intérêt à expérimenter cette méthode avec plus d'extension dans les Ecoles de Juvisy, Pau, Avorb; non séulement sur les candidats, mais encore sur les pilotes confirmés, avant et après le

vol, et en toutes circonstances de fatigue et de repos. pa

3° qu’un personnel médical qualifié et spécialisé, serail, utilement constitué et rendu fixe, à cet effet, aussi bien aux armées qu’à l’intérieur et qu ail serait mis au courant des méthodes à appliquer: » ee

Le 17 Sepl. 1917, le docteur Ferry, lors médecin pilote à la 3° Armée fournit un rapport très documenté sur l’organisation éventuelle du Service médical de PAéronautique aux Armées, rapport qui contribua dans une large mesure à inspirer plusieurs des notes successives de la Direction de l'Aéronautique .

La note n° 21632 du 19 octobre 1917 définissait : 1° La constitution dela Commission d’Armée chargée d’examiner, bi-mensuellement, les candidats pilotes et, 2 les attributions respectives de Chacun de ses membres.

La note n° 24.845 du 19 mai r918 (complétée des additifs n° 11.260 du 7 août 1918 ; n° 25341 du 16 août 1918) la plus importante et la plus complète, définiséait le but, l’organisation, le fonctionnement du Sérvice médical de l’Aéronautique ; la nature des examens à faire

. Subir pour la détermination de l'aptitude première ou persistante au vol; le matériel nécessaire à cet éffet dans

les différents centres créés. Elle fixait les atiributions du personnel des différents groupements médicalement

* constitués. Elle donnait un premier modèle de fiche mé- , ;

dicale du Personnel navigant qui devait suivre l’avia-

teur dans ses déplacements et contenir les résultats des

examens périodiqués subis ou des incidents divers sur-

vénus dans la carrière de l'intéressé. Cette fiche, sur

double grande feuille, était du modèle indiqué au chapitre IL, type I.

Elle n’était pas, on le voit, des mieux disposées ; la place y manquait pour inscrire différentes notes intéressantes. Celle cartonnée (Chapitre Il, type IT) en usage quelque temps après au G. D. E. était assurément mieux conçue et plus pratique. Elle était aussi plus complète puisqu'elle mentionnait les réactions d'équilibre étudiées par Broca, aussi intéressantes à relenir à notre avis que les psycho-motrices de NEPPER.

L'application de cette importante circulaire marque . une étape importante dans l’évolution de la médecine de l'Aéronautique. Elle fut suivie de la nomination au Commandement d’Armée, d’'Escadre, de Bombardement et de Chasse, de cliniciens et physiologistes consommés, .

Leur nombreuses recherches furent, pour lPétude du ‘« Mal des Aviateurs » el pour la sauvegarde de la santé de notre Personnel navigant aux Armées, du plus salutaire effet (Rapports au G. Q.G. D'Ferry 3° Armée, EX MARTIN-SISTERON, 2 Armée).

En même temps au Sous-Secrétariat d'Etat du Service de Santé, à la suite des vœux émis et précédemment rappelés, à la suite de cette circulaire des Armées, s’élaborait le projet de création de l'important centre coordinateur médical de Longvic-Dijon. Le Professeur Guic- LAIN de Paris, fut placé à sa tête le 22 septembre 1918. [ groupa autour de lui différents spécialistes qualifiés, préparant ainsi de fructueuses recherches enfin pratiquement utilisables. L’Armistice du 11-novembre 1918 rendit plutôt éphémère l’existence de ce.centre presque aussitôt

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