‹ Critères: de l'aptitude au vol en avionChapitre 30 sur 99 · STONES · texte numérisé non relu

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didat est normal, on peut se contenter de rechercher

rapidement l’état du champ de chaque œil par le pro-

cédé suivant : le candidat est placé à 35 centimètres de

observateur, face à lui; il regarde le milieu du visage

du médecin ; celui-ci, obturant d’une main l’un des yeux

du patient, présente l’autre main en dehors, en dedans,

en haut et en bas, en ayant soin que sa main reste tou-. Jours dans le plan vertical qui-le sépare du candidat et

en contrôlant lui-même si la main se trouve bien placée

à la périphérie de son propre champ visuel ; ce procédé

rapide consiste donc à déterminer son propre champ

visuel en même temps que celui du candidat, c’est-à-

dire à les comparer l’un à l’autre. fl est évident qu’il ne suffit pas de demander au candidat: sil voit la main

mais il faut s'en assurer, par exemple, en remuant deux

ou trois fois le pouce, et en lui demandant, de dire si. l’un des doigts a remué el combien de fois. :

S'il persiste le moindre doute au sujet de l'intégrité du champ visuel, il faut immédiatement pratiquer un exämen complet au périmètre.

Ce que nous venons de dire au champ du blanc s’applique aussi au champ des couleurs.

8° Vision binoculaire.— Nous avons vu, lors de l'étude de la détermination de l'acuité hyperñormale, qu'on péut

voir en vision binoculaire des objets plus fins que cela m'est possible pour lun ou Pautre œil examiné isolément. Ceci tient à ce que le léger astigmatisme existant toujours dans chaque œil est compensé par celui de Pautre œil; d'autre part, un objet vu en vision binoculaire. se détache toujours sur un fond plus clair qu’en

se

vision monoculaire, constatation qu'il est extrêmement facile de faire au diploscope. Fu

On demande au pilote d’avoir une bonne vision de chaque œil afin qu’en cas d’accident à un œil (blessure, projection de gouttes d'huile, pénétration d'une mouche

‘lorsque les lunettes sont relevées pour l’ atterrissage.…), il puisse avoir encore un bon œil lui permettant de conduire correctement son appareil; mais comme nous l'avons vu, Ja vision binoculaire augmente la valeur visuelle d’un individu.

Le diploscope de Remy est, à notre avis, le meilleur appareil pour l'étude de la vision binoculaire, car il l’étudie sans prisme, sans lentilles, sans miroirs ; c’est un simple écran percé de trous au travers desquels on regarde des lettres ; il ne dissocie pas les deux fonctions d’accommodation et de convergénce dont la synergie est obligatoire ; il permet enfin d'examiner la vision binoculairé non seulement dans la position primaire du regard (regard de face), mais encore, par des inclinaisons dans le sens horizontal ou dans le sens vertical de la têle du patient, dans les positions secondaires ou latérales du regard. |

Nous avons constaté que 96 0/0 des ati date ont une vision binoculaire parfaite; que 3 0/0 ont une vision binoculaire imparfaite c’est-à-dire qu’ils lisent bien toutes les lettres du test, mais qu’ils voient en diplopie la ou les lettres qui doivent être vues en binoculaire ; enfin 1 0/0 n’a même pas cette vision binoculaire imparfaite el ne possède que la vision simultanée.

L'absence de vision binoculaire vraie est compatible,

à mon avis, avec le pilotage d’un avion, à condition bien entendu qu’il n'existe pas de diplopie. Une diplopie momentanée peut entraîner un vertige à conséquences graves; ce n’est d’ailleurs pas le seul vertige d'origine visuelle; lorsque le pilote vire, l'avion tourne dans un sens par rapport à la terre immobile, tandis que l’ombre des haubans tourne en sens inverse sur les plans de l'appareil; de même, lors des acrobaties volontaires ou forcées, si l’on ne regarde pas où il faut, c’est-à-dire sa carlingue dans la vrille ou le looping, P’aile, interne dans Je, virage à la verticale, le retournement et la spirale serrée, il se produit un vertige, dont d’ailleurs la cause n’est pas uniquement visuelle, mais tient aussi à des modifications circulatoires labyrinthiques.

Nous venons d'étudier les diverses épreuves que nous faisons subir aux candidats ; mais si nous les avons énu-

. mérées dans cet ordre, c’est pour que: le lecteur suive

, plus facilement cet exposé: Dans l2 pratique il n’est pas ‘possible de procéder ainsi, car il serait (out à fait illogique d’éblouir le candidat par lFépreuve à contre-soleil avant de le placer dans un espace obscur où sa rétine doit se mettre au repos complet. TEL

Voici l’ordre habituel suivi dans ces épreuves :

a) Examen à la chambre claire.— 1° Examen objectif de l'aspect général du candidat, des paupières, des voies lacrymales et de la conjonctive, de la cornée et de l'iris > recherche de la tension oculaire ; 3° détermination de l’acuité normale à éclairage normal ; 4° détermination de la vitesse de l’acuité normale ; 5° recherche de l’acuité

‘ hypernormale; 6° détermination de la vision des cou-

at de

leurs par le procédé de HOLGREN ou, si besoin, par les procédés complémentaires du disque de Newron, de la lanterne chromatoptométrique, ou des tests colorés sur

fond de contraste; 7° examen du champ visuel pour le blanc et les couleurs, par le procédé rapide indiqué, ou, si besoin, parle périmètre; 8° examen au diploscope de la vision binoculaire dans Ja position primaire, et dans les positions secondaires du regard,

. b) /ntroduction du candidat dans la chambre dadap-. tation. — Il y séjourne 10 minutes.

C) Passage du candidat de la chambre d'adaptation dans la chambre noire. — ° Examen de la vision nocturne avec l'appareil Re ;

2° Examen objectif au poste d'examen normal d’une chambre noire, (éclairage oblique, état, statique. el dynamique des pupilles, milieux lransparents et memnbranes profondes, réfraction approximative).

d) lietour dans la chambre claire, pour l'épreuve de la vision d’éblouissement ou à contre-soleil.

On voit done combien d'épreuves il faut faire subir au candidat si l’on veut se rendre un compté exact de la valeur fonctionnelle de son appareil visuel. On pourra penser qu’il faut un 1emps considérable pour examiner chaque sujet; mais avec deux infirmiers intelligents et entraînés, en faisant rég ulièrement entrer, les candidats eten les groupant par cinq dans la chambre d” adaptation puis dans la chambre noire, il est possible d'aller relativement vite (12 à 15 candidats par heure).

Toutes ces épreuves sont-elles indispensables. pour admettre ou refuser un candidat ? Certainement non, et

\ nous considérons comme épreuves éliminatoires ou fondamentales, la recherche de Pacuité normale du champ visuel, du sens des couleurs, ainsi que l’examen objectif des voies lacrymales, des membranes externes de l'œil, des pupilles et des membranes profondes. La vision binoculaire mé paraît très utile à l’aviateur, mais non tellement indispensable que son absence totale ou par-

tielle doive faire éliminer un candidat.

Parmi les épreuves complémentaires (c’est-à-dire ayant une valeur seulement documentaire), je place: la re--

cherche de la vision binoculaire, celle de la vitesse

d’acuité normale, celle de acuité hypernormale, celle de

l’acuité nocturne et celle de l’acuité d’éblouissement ou à

contre-soleil. Ces épreuves complémentaires ont pour but, non de nous dire si le candidat est suffisant et si nous pouvons l’accepter, mais si, pour l’une ou l’autre des fonctions visuelles, il est supérieur à la normale : nous inscrirons sur la fiche qui l'accompagnera | dans

toute sa carrière d’aviateur nos constatations sur ces

divers points ; le Commandement saura donc si élève est. plutôt un homme à vision diurne où à vision nocturne ;

il orientera dé préférence parmi les pilotes ou bombar-

diers de nuit ceux dont la vision nocturne est supérieure

à la normale; il classera parmi les pilotes de jour ceux

dont l’acuité à contre-soleil est satisfaisante et il por les affecter à la chasse si l’acuité est hypernormale et si

la vitesse d’acuité est d’une demi-seconde ou de 1/5 de

seconde : de même, il fera des observateurs de ceux

dont l’acuité est hypernormale.

Il est bien certain que-le Commandement, pour déci-

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der de la spécialité dans laquelle il devra pousser un élève, devra tenir compte de bien d’autres facteurs que du facteur visuel ; cependant les renseignements précis et multiples que le spécialiste lui aura donnés sur les diverses fonctions visuelles du candidat pourront être un guide fort utile dans cette décision ».

F) Autres fonctions à étudier. Résumé

D’autres fonctions, pensons-nous, sont encore à étudier, de très près aussi, lors de la détermination de l’aptitude au vol, nous voulons parler des fonctions cardioréno-vasculaires, vaso-motrices, de la valeur de la tension sanguine normale, de ses fluctuations sous l’influence du vol. Il est vrai que leur étude sera surtout intéressante et fertile en résultats chez les pilotes en service plus ou moins intensif pour déterminer le maintien ou la récupération de leur aptitude au vol.

Cest l’avis de Ferry, qui, dès 19r6, établit l’imporportance de cette étude, qui la soutient dans ses successives publications, observations diverses et auto-observations à l’appui. Rattachant les malaises du premier temps du «Mal des Aviateurs » à des manifestations d'intoxication rénäle,ceux du second temps à une autointoxication plus forte ou plus prolongée productrice d'insuffisance surrénale, il estime que chez ces aviateurs, asthéniés ou non, l’étude des fluctuations de la tension sanguine, des réactions cardio-réno-vasculaires concomittantes doit servir de critérium.

C’est aussi l'avis de Josur, qui a examiné et surveillé

le cœur de nombreux aviateurs évacués pour s'y reposer sur la Maison de convalescence de Viry-CHaTiLLON (1). L'Asthénie des Aviateurs est, pour lui aussi, due à l’insuffisance surrénale, et se caractérise entre autres SYmp- : 1ômes par le maintien d’une-tension artérielle basse. CrUcHET, ViLLEMIN, TARA, reconnaissent également celte impérieuse nécessité, et lui accordent sur.les méthodes psycho-physiques, une importance primordiale. - Il en est de même de Ertenxe el RicHaRD, de PREvOST, qui ont constaté l’existence d'une dilatation cardiaque inégalement prononcée chez les sujets ayant un passé plus ou moins long d’aviateur actif.

Garsaux, à son tour, à la suite demesurations faites dans la chambre à dépression atmosphérique de St-Cyr, montre quel parti il y aurait lieu de tirer des expérimentations en cloche pour la détermination de Paptitude.

Plusieurs sujets observés par lui, ne présentant clini-

quement que des troubles cardiaques à peine appréciables, ont mal supporté la raréfaction en cloche refroidie, sans ou même avec inhalation d'oxygène. Il y aurait là, croit-il, un excellent moyen de déceler ainsi l’insuffisance du myocarde et de la régulation vaso-motrice de cerlains candidats et de dépister également une fatigue insoupçonnée de l'appareil circulatoire, un trouble léger des réactions vaso-motrices. C’est uüe méthode bonne assurément, mais qui a les désavantages de ne pouvoir être utilisée partout ; l’installation d’un caisson pneuma-

(1) Mise à la disposition de l’Aéronautique par le Dr Sénatêur Moucix.

tique suffisamment spacieux pour permettre l’expérimentation ést en effet fort complexé, délicate et coû-

. teuse El ces difficultés sont exirémement regrettables

car Sy aurait grand intérêt, à notre avis, à faire « passer par la doche » tous les sujeis à examiner.

Nombreuses,en somme, sont ies opinionsémises aussi

bien en France que dans les pays étrangers, sur les tests d'aptitude à l'aviation. Pour déterminer cette aptitude, pense Gauzaiwx, Ex Chef du Centre médical de Dijon « il ne faut pas se contenter de guslques tests isolés mais il faut qu'un examen médicéi ei physiologique soit fait, car seul fl permet de reconnaître les troubles latents pourant éventuellement étre la cause de graves dangers ».

Coordonnant, groupant ce qui fut fait avant et depuis sa nomination en juillet 1918 à ce poste de Dijon ; « je crois 2 dit-il 3 l2 Société de Biologie de 1919, « que, dass un Centre médical d'Aviation, six groupes d’examens faits par des spécialisies compétents s'imposent : 19 Examen de médecine générale ; # Examen radiologique 5 3° Examen de neurologie ; 4° Examen physiologique ; PExamen oi0-rhino-Jaryngologique ; 6° Examen oplhiahmologique. J'ajouterai, pour certains cas, l'utilité d’un examen supplémentaire sur la résistance à la dépression dans une cloche pneumatique, telle que celle de Ja Section technique de Aéronautique de StCyr ».

« L'examen de médecine générale à pour but de faire consaître les antécédents du sujet #t l’existence de cer-

14ines maladies qui peuvent avoir une influence sur Vap-

fitude du voi. 1 est incontestable, pour prendre quelques

exemples, qu'il ne faut pas admettre comme pilote uw

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