— 236 — RENÉE
tention. Celui qui avouait quelques malaises durables où passagers, au sol ou en vol, celui chez qui on avait constaté des mauœuvres inexplicables en vol, était alors examiné en détail par les différents médecins spécia- Jistes. L'examen général des organes était pratiqué, la pression sanguine prise, l’état nerveux étudié. Les yeux, les oreilles étaient examinés. Quant à l’équilibre, il ne. semble pas qu ilait été étudié avec autant de soins qu’en / France et chèz nos alliés. L'épreuve statique yeux fermés (de RouBERG) la marche en avant et en arrière les veux fermés, (épreuve de BaBInsxy-WEiLi), l’épreuve calorique de Barany, étaient seules pratiquées. Les réactions psycho-motrices à l’aide du chronomètre d’ARSONvaL étaient mesurées pour la vue et l’oreilleen particulier. JT n'existait pas, ajoutent nos 2 pilotes, de fauteuil oscilant ou gyratoire. (Nous donnons cependant cette assertion sous réserve n’ayant pu Ja contrôler).
:L'aviateur ne satisfaisait-il pas l’examen, alors il était ‘dirigé sur un sanatorium ou un hôpital de montagne | principalement, où, au bout de 3 à 4 semaines de repos,
il avait généralement recouvré le calme et la santé. Une permission précédait encore son rétour soit à l’escadrille, soit en école où il pouvait se réentrainer quelques jours avant de regagner le front. a
Les mêmes dispositions étaient prises. à l'égard de tout aviateur qui venait se plaindre de malaises résultant du vol. Elles permettaient de découvrir les super- : cheries ou les plaintes justifiées. |
Un de ces pilotes est revenu il y à quelque temps du Bourget. Devant le personnel médical civil de ce Centre,
il y a subi les épreuves rigoureusement prescrites, avant d'entrer comme pilote civil d’une ligne aérienne internationale. Il est tout étonné du nombre, de la diversité et de la rigueur des épreuves qu’il a eues à subir ; des installations et appareils destinés à cet effet. Pilote-monileur dans une école d'aviation d'acrobatie, où, semble-t-il, le sens de l'équilibre doit être particulièrement déterminé, il n’a jamais entendu parler de pareilles dispositions pendant la guerre dans l'aviation allemande. Il ne croit pas non plus que, depuis l'armistice, il en soit pris de semblables à l'égard des pilotes des lignes aériennes allemandes actuellement existantes. « Je savais que l'on était sévère pour le recrutement et la surveillance des pilotes en France », ajoute-t-il, « mais je ne m’imaginais pas que ce le fut autant. En Allemagne autant que je sache l’on se montrait moins exigeant en tout cas, soit dans la détermination de l’aptitude des élèves, soit Surtout dans la surveillance de cette aptitude chez les pilotes en service ».
Tels sont les renseignements que nous avons pu recueillir, d'ailleurs confirmés par un de nos confrères médecin alsacien affecté quelque temps à une escadrille. Nous eussions aimé les donner plus précis, décrire avec détail les procédés et instrumentations employés à les déterminer. Mais la littérature sportive ou médicale allemande ne nous a rien révélé et. à notre grand regret nous ne pouvons faire, entre les méthodes employées par les Alliés d’une part, par les puissances centrales de l’autre, une comparaison plus précise et plus scientifique. D’après ce que nous en savons, et toute
ges ne à | Riu partialité écartée, elle n'eut certainement pas élé à l’avantage de l’organisation médicale des forces aériennes militaires de ces Puissances centrales pendant la grande guerre, a