LES
re Si le doute est nn il laisse unes place
| Doi beau Ah, ant la facullé jusque ie sa 5208 seu être réel. - da Per
ee. citementle élore ci qu 1 ain Cat son dates me rs de a pris la précaulion de soustraire à l’action Rae Ses 5 sa crilique ses croyances morales et religieuses ? Quel m pouvait-il voir à contrôler méthodiquement la validit ses convictions morales et de sa foi religieuse ?2N av nous pas entendu saint Thomas d'Aquin mettre en quest ii par méthode, l'existence de Dieu et la survivance de l'âme dans une vie fulure ? Descartes en juge autrement. C'est. donc que, dans sa pensée, le doute n’est pas une simple fiction sans conséquences, mais une menace pour la posses-. sion réelle de la certitude et pour la paix de son âme. I écril, en effet : « Afin que je ne demeurasse point te en mes actions, pendant que la raison m obligerait del être à en mes jugements, el que je ne laissasse pas de vivre dès ei | lors le plus heureusement que je pourrais, je me formai une . morale par provision, qui ne consistait qu'en lrois ou quatre maximes, elc. | £
Sas 1 s
» Après m'être ainsi assuré de ces maximes, et les avoir
5 mises à part avec les vérités de la foi, qui ne toujours dé 5e les premières en ma créance, je jugeai que, pour le reste de mes opinions, je pourrai librement enÉrORrERQEEE de m'en.
défaire » 1). ; ; Ce és, e
5e Mais, dira-t-on, en a à l’auteur du Discours de la : 7 Mooa doute réel, ne méconnaissez-vous pas : ses sinten-
5 lions ? | |
* Absolument pas. Les intentions sont hors de cause. Elles ee relèvent de la Morale, non de la Critériologie. S ES
Mais encore, Discute ne déclare-t-il pas que son 1 doute, WE qui est bien done un état de son intelligence, - uñé =
1) Discours de la Méthode, VI, pp. 22 et 28.
fiction ? N'écrit-il pas : « Je voulus supposer qu'iln'y avait aucune chose qui fût telle que nos sens nous la font imaginer… ; je me résolus de feindre que toutes choses qui m élaient jamais entrées en l’esprit n'étaient non plus vraies que les illusions de mes songes » 1) ?
Eh bien ! non, Descartes ne feint pas seulement de douter. En réalité, il veut donner et se donne à lui-même des motifs de douter de tout ce qu'il avait jusqu’à présent, à Lort ou à raison, tenu pour certain : il se persuade qu'il doute parce qu'ilignore si les opinions qu'il a dans l'esprit sont vraies
ou fausses : dans cet état d'âme, il doit, comme les SCeptiques, suspendre son assentiment, ne juger ni vraies ni fausses ses opinions.
Mais il veut même renchérir sur les prétentions du SCeptique, el c'est ici que vient se placer sa fiction ; il se met résolument dans la supposilior que ses opinions sont toutes fausses : Je veux « supposer », dit-il, que les sens nous trompent, « feindre » que les choses que je prends pour réelles sont illusoires. Ceci n’est pas contenu dans les prémisses du sceplicisme. Fussé-je sous la dépendance absolue d’un génie malin, je ne serais pas justifié à ériger en thèse que je me trompe en tout et toujours “J'aurais à le craindre et ma crainte justifierait la suspension de mon Jugement, mais rien ne délerminerail ma raison à l’affirmer. Descartes s'adresse done au sceptique et lui dit : « Avec
vousJje consens, — dans l'espoir de poser sur d'inébranlables
assises la science cerlaine, — à regarder tout comme douteux, à ne me prononcer dogmatiquement sur rien ; bien plus, je prends de propos délibéré le parti d'aller plus loin que vous, je veux supposer que mes sens me font imaginer le contraire de ce qui est, feindre que mon esprit se repré- Sentecommeréel ce quiestirréel, comme objectd’expérience ce qui n'est qu'un rêve ».
Cette fiction voulue justifie le mot appliqué par Descartes à l'attitude qu’il se donnait vis-à-vis du sceptique : « doute hyperbolique ».
1) Discours de la Méthode, 4%e bartie, VI, p. 32.