‹ Critériologie généraleChapitre 38 sur 90 · OR T LIU RS · texte numérisé non relu

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Pensées sur la véritable estimation des forces vives (1747), La lerre a-t-elle subi quelques modifications dans son mouvement de rolation depuis son origine ? (article de revue 1754). Laterrevieillit-elle?(1754). Histoire universelle de la nature el théorie du ciel(1755), ouvrage qui prélude à l'exposition du système du monde publiée par Laplace en 1796. De igne, dissertation latine (1755).

L'apparition, en 1739, de l'ouvrage de Hume : Treatise on human nature fit époque dans la carrière philosophique de Kant. « Ce fut Hume, écrira-t-il, qui le premier interrompit mon assoupissement blue et donna à mes recherches dans le champ de la philosophie spéculative, une direction toute nouvelle ». Mais il ajoute ausitôt : « Je n'avais garde, sans doute, d'accepter ses conclusions ».

Le philosophe écossais ne voyait dans la nature que des phénomènes successifs, objets d'expérience sensible, il

reniait donc la science si l’on entend sous ce nom la connaissance du nécessaire et de luniversel ; puis, appliquant

à l’ordre moral son empirisme, il faisait de l'intérêt égoïste le mobile unique des actions humaines, supprimait la liberté et la responsabilité.

À ces négations dictées par un emploi mal compris de l'expérience, Kantopposedeuxfaits dominateurs : l'existence de la science, avec les lois nécessaires et générales qu'elle a pour objet ; l'existence de la loi morale, avec la liberté qu'elle suppose.

- Ses ouvrages les plus célèbres, la Critique de la raison D purell78letha Cut laraisonpratique(1788)

avec la Mélaphysique des mœurs (1797), constituent l’un une théorie critique de la science, les deux autres une théorie du devoir moral et des vérités qui en sont inséparables !).

Le

1) Kant s'inspirant de la classification des facultés de l'âme en facultés de connaître, de vouloir, de sentir, fit porter la critique sur Chacune d'elles. Il composa successivement : Xrilik der reinen theorelischen Vernunft ; Kritik der praktischen Vernunft ; Kritik der Urtheilskraft. La Critique du jugement a pour objet principal le - sentiment du beau; elle ne nous intéresse pas directement jet.

Les conclusions des deux critiques soulèveront, par leur rapprochement, un grave problème : Quels rapports la science a-t-elle avec la morale et la religion ? LHC

Selon Kant, le domaine de la première serait complèlement séparé de celui des secondes. Et ce philosophe, qui.

avait pourtant l'âme religieuse, ne s'en effrayait pas.

D'une part, en effet, la Critique de la raison spéculative.

pure aboutit à cette conclusion que les phénomènes qui se déroulent dans l'espace et dans le temps, suivant une loi ?

d'inéluctable nécessité, sont seuls susceptibles d’une con-

naissance proprement dite. Des actes qui, par définition, échappent à cette loi nécessilante, — tel l'acte moral — ;

un sujet qui, par définition, n'a pas qu'une existence Arr ; ménale, — telle une âme immortelle, capable de survivre aux conditions de cette vie terrestre — ; un être qui, par définition, est absolu, ne peuvent être l’obiet d’une connaissance scientifique. Mais si la science ne peut rien pour eux, elle ne peut rien contre eux. Désormais, entre la raison

du savant ou du philosophe et la conscience morale et religieuse, il n'y aura plus de conflit, parce que la critique dela raison pie fait voir qu'il y a, entre les deux, une cloison étanche. | |

D'autre part, la conscience morale el religieuse possède,

dans l'affirmation impérieuse et absolue du devoir moral, un

appui inébranlable. L'existence de la loi morale, avec son

caractère absolument obligatoire, est indéniable. Or, la loi

morale implique trois présupposilions, la liberté, la sur-

vivance de l’âme dans une vie future, l'existence de Dieu. L'affivmation de « l'impératif catégorique » et des « trois postulats de la raison pratique » forme l’objet du dogmatisme moral de Kant. Ris Plus tard, lorsque nous aurons étudié ex professo la Critique de la raison théorique, nous nous demanderons si

ses conclusions sont compatibles avec celles de la Critique

de la raison pratique. Question de logique et d’exégèse. Nous la réservons. En ce moment, nous voulons considérer à part, en sa teneur objective, le dogmatisme moral.

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