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2) Rép. aux 4n°s obj., II, 292.
ment, en faisant distinction des choses que nous concevons, en effet, fort clairement d'avec celles que nous nous ressou-
venons d'avoir autrefois fort clairement conçues. Cars x
premièrement, nous sommes assurés que Dieu existe, pour
ce que nous prêlons notre attention aux raisons qui nous
prouvent son existence ; mais après cela, il suffit que nous
nous ressouvenions Un conçu une chose clairement pour être assurés qu'elle est vraie, ce qui ne suffirait pas si nous ne savions que Dieu existe et qu'il ne peu: être … trompeur » !). . fa
Mais cette distinction est en désaccord avec les premières déclarations de la Méthode. Celles-ci nous disaient AN cune affirmation n’est indubitable, tant que nous n'avons pas la certitude de l’origine divine de notre nature ; la connaissance actuelle des premiers principes end disait alors Descartes, pour être cerlaine, la-certitude de notre divine origine. « Dubitamus etiam de üis principuis. quae hactenus putavimus esse per se nota » ?). D'ailleurs, puisque
la mémoire est faillible, le souvenir d'avoir connu que Dieu | existe est faillible ; s’il l’est, il ne peut nous garantirinfailli-
blement que la An que nous avons conçue clairement est vraie.
N'ya-t-il donc pas moyen nd soustraire la Méthode cartésienne au cercle vicieux ? La vérité de l'existence de Dieu est-elle bien, dans la pensée intime de Descartes, la conclusion d’une an ?
Ne serait-elle pas l’objet d'une intuition ? M. Émile Faguet le croit. « Descartes se dit : Y a-t-il une autre intuition qui soil aussi lumineuse, aussi évidente, ae impérieuse et inévitable que le Je pense, donc je suis ?.. Oui, il se dit : J'ai l'idée de l'infini. Cette idée ne me vient pas du fini, car
que de l’idée de fini nous tirions celle de l'infini, cela n'est pas raisonnable. Donc nous avons une idée de l'infini qui
ne nous vient de rien. Qu'est-ce à dire? Car enfin, nous
1) Rép. aux dmes objections.
2) Principia Philosophiae, \.
l'avons. Ne serait-ce pas que l’idée de l'infini est une intuilion, comme le Cogito? Oui, c’est cela même. |
» Or, du moment que nous avons l’idée de l'infini, infini est. Car qu’un être borné conçoive le sans bornes, cela n'est pas possible. S'il le conçoit, ce n'est pas quil l’invente, c’est qu'il le reçoit. Si nous avons l’idée de l'infini, c’est qu’elle nous vient de l'infini même et donc il existe » fs
Mais encore, une intuition ne se démontre pas, elle se constate. Or, Descartes ne démontre-t-il pas que rien de fini ne peut produire en notre âme l’idée de l'infini ?
Il serait peut-être plus exact de dire que le point d'appui des deux démonstrations de Descartes, qui d’ailleurs se complètent, est un pressentiment de l'Infini.
L idée de l'Infini n’est pas innée en nous à l’état, d'idée acluelle, elle est une disposition habituelle à penser spontanément l’Infini ; je pense actuellement l'Infini parce que ma nalure est incilée, par ses défauts mêmes, à appeler un complément. L’infini comble le vide de mon âme. Celui qui a creusé ce vide en moi et par sa réalité le comble, apparemment existe.
N'est-ce pas ainsi qu’il faut comprendre ces paroles : « J'ai en quelque façon plutôt en moi la notion de l'infini que du fini, c'est-à-dire de Dieu que de moi-même, car comment serait-il possible que je doute et que je désire, c’est-à-dire qu'il me manque quelque chose et que le né suis pas tout Parfait, si je n'avais en moi aucune idée d’un étre plus parfait que le mien, par la comparaison duquel je connaîtrais les défauts de ma nature » ? =)
On ne déduit pas de l’objet de l'idée du parfait l'existence
1) Revue des Cours et des Conférences, 3 déc. 1903.
2) Médit. 3me, I, 281. Si l'on adopte cette interprétation, on ne refusera plus à Descartes le droit de se former, au moyen de perfections empruntées aux créatures, son idée actuelle de l’Infini : «Je ne
puis comprendre l'infini, mais il suffit que je juge que toutes les choses que je conçois clairement, et dans lesquelles je crois qu'il y a quelque perfection et peut-être une infinité d’autres que j'ignore sont en Dieu formellement ou éminemment, afin que l'idée que j'en ai soit la plus vraie, etc.,. ». Méd. me F 28
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de Dieu, on la tire de l'idée subjective du parfait, ou, plus exactement, de la facilité naturelle avec laquelle l'esprit pense avant loule autre chose, qu'il y a un être parfait et, dès lors, nécessairement existant. “a
N'est-ce pasle sens que suggère cette déclaration : «Certes, si mon esprit n'était prévenu d'aucuns préjugés, et que ma pensée ne se trouvât point divertie par la Frot continuelle des i images des choses sensibles, il n’y aurait aucune chose que je connusse plus tôt, ni plus facilement quelui. Car y a-t-il rien en soi de plus clair et de plus manifeste que de penser qu'il y a un Dieu, c'est-à-dire un être souverain et parfait en l’idée duquel seul l'existence nécessaire ou éternelle est comprise, par conséquent qui existe !) ?