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Comment Descartes tente de prouver la véra- ee

cité de Dieu. — Cette preuveest simple et brève : Un Etre parfait « n’est sujet à aucun défaut : d'où il est assez évident qu'il ne peut être trompeur, puisque la lumière naturelle nous enseigne que la tromperie dépend nécessairement de quelque défaut » ?).

96. Critique des thèses fondamentales de la méthode cartésienne. — I. Critique des preuves cartésienres de l'existence de Dieu : 1° Siles preuves cartésiennes de l’existence de Dieu dépendent d’un procédé démonstratf, la

2) Descartes résume en ces quelques lignes la preuve des deux vérités qui sont, selon lui, à la base de toute science certaine : « Et. toute la force de ’ argument dont j'aiici usé pour prouver l'existence de Dieu consiste en ce que je reconnais qu'il ne serait pas possible que ma nature fût telle qu’elle est, c'est-à-dire que j'eusse en moi l’idée d’un Dieu,si Dieu n'existait véritablement ; ce même Dieu, dis-je, duquel l’idée est en moi, c'est-à-dire qui possède toutes ces. hautes perfections dont notre esprit peut bien avoir quelque légère idée sans pourtant le pouvoir comprendre, qui n’est sujet à aucuns défauts, et qui n’a rien de toutes les choses qui dénotent quelque imperfection : d’où il est assez évident qu'il ne peut être trompeur, puisque la lumière naturelle nous enseigne que la tromperie dépend nécessairement de quelque défaut ». 3me Méd.

méthode aboutit à une contradiction ou tourne dans un cércie | Eneffet, les prémisses de la démonstration de l'existence

de Dieu sont-elles certaines avant que l'esprit se soit

démontré cette existence ? Dans ce cas, loute certitude ne repose pas sur la certitude de l'existence et de la véracité

de Dieu : là méthode aboutit à une contradiction.

Ces prémisses empruntent-elles leur certitude à la conclusion qu'elles doivent démontrer ? Dans ce cas, le cercle vicieux est inévitable et manifeste.

- D'ailleurs, les deux preuves que Descartes substitue aux

- preuves traditionnelles de l'existence de Dieu ne sont pas Ï

concluantes.

L'idée d'un Etre parfait, dit Descartes, ne peut nous venir

que d’un Etre parfait. Il faut s'entendre : Une idée parfaile

d'un Etre parfait aurait pour cause — si tant est qu'une pareille idée püt être causée — un Etre parfait, soit ; mais

une idée imparfaile telle que la nôtre, d’un Etre parfait, Sexplique suffisamment par l'activité intellectuelle d’un

être imparfait.

L'idée du Parfait renferme l’idée d'existence. Si à cette idée répond dans la nature un Être parfait, assurément Dieu existe, il existe de par son essence. Mais à notre idée du Parfait correspond-il dans la nature un Etre parfait ? Toute la question est là. Nous n'avons pas l'intuition de

l'existence de Dieu : nous avons donc à nous démontrer

cette existence. La supposer avant de la démontrer, c’est commettre une pétition de principe.

2° Si dans les preuves cartésiennes de l'existence de Dieu l’on veut ne voir que l'affirmation d’un fait : l'existence en nous d'une disposition naturelle à penser que Dieu existe, sorte de pressentiment de l’âme analogue à ce que saint

Thomas appelle quelque part une « ordination » de l’âme

vers l’Infini !), la méthode n’échappera pas, cependant, au cercle vicieux. :

1) Cont. Gent. 1,43 : «Intellectus noster ad infinitum in intelligendo

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En effet, il n’est pas évident sans preuve, ni que j'ai une

disposition naturelle à avoir Dieu pour premier objet de ma

pensée, n1 que cette pensée est la représentation fidèle d’une .

réalité existante. D'où la nécessité de démontrer deux choses : la présence en moi d’une disposition habituelle à

penser en premier lieu l’Infini, et l'infaillibilité de mon.

pressentiment naturel. Or, comment puis-je reconnaître les dispositions de ma nature, sinon par mes actes ?

Voici donc que je me fie, d’une part, à la sincérité de mes

actes parce que je me fie à la sincérité de ma nature, tandis que, d'autre part, je ne puis connaître la sincérité de ma nature qu'en passant par la preuve de la sincérité de mes actes. Cercle vicieux. ; - :

IT. Au surplus, la certitude que Dieu existe et qu'il est. l’auteur de mes facultés cognitives ne me rend pas immé-

diatement évidente l'impossibilité que je me trompe toujours. Il n'est pas immédiatement évident que l'Etre sans

bornes s'identifie avecla Perfection morale absolue, ni que

celle perfection soit incompatible avec mon impuissance à connaître le vrai. Car enfin, Dieu permet que je me trompe; est-il évidemment contraire à sa sagesse de permettre que je me trompe toujours ? Il est des cas où je me trompe. Comment les discerner de ceux où Dieu ne permet pas que je tombe dans l'erreur ?

Un critérium de vérité emprunté à la sagesse et à la bonté de Dieu laisse ces questions sans réponse.

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