‹ Critériologie généraleChapitre 61 sur 90 · UE SANT AM · texte numérisé non relu

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III. Les principes mélaphysiques sont-ils synthétiques a priori ? Le principe de causalité, notamment, l’est-il ?

Tel qu'on l'énonce vulgairement : « Il n'y a pas d'effet sans cause », ce principe est une tautologie, car effet (aliquid effectum) signifie une chose « effectuée », € produite » par une cause efficiente, productrice.

Kant propose de dire : « Tout ce qui arrive a sa cause », en d'autres mots, « fout ce quicommence à exister » demande une cause,

Cet énoncé n'est pas assez général : il restreint arbitrairement l'application du principe aux choses dont l'existence est temporelle. Or, il n’est pas évidemment impossible qu'il y ait des êtres indépendants d’une cause et dont l'existence

n'aurait pas de commencement dans le temps. Saint Thomas admettait la possibilité intrinsèque de créatures « ab aelerno ». Le commencement temporel, la « novitas essendi », ainsi que s'exprime Suarez, est, pour nous, l'indice ordinaire de l'existence d’une causation, mais n’est point un élément formel de la dépendance causale.

Nous exclurons donc du principe la notion de temps pour ne garder que la notion de contingence et nous dirons : Un être dont l'essence n’est pas l’existence demande nécessairement, lorsqu'il existe, une cause de son existence « ou, plus brièvement, l’existence d’un être contingent demande une cause ».

Ainsi énoncé, le principe de causalité est analytique : Pour établir qu’il l’est, nous ferons voir que l’on ne peut le ner sans nier le principe de contradiction.

Soit un être contingent E que, de fait, je suppose existant. Cet être E peut être envisagé comme une essence non existante puisque, par hypothèse, il est contingent. Néanmoins, en fait, l'être E existe.

Cela posé, de deux choses l’une :

Ou nous disons que l'essence E est, dans les deux cas, formellement et sous tous les rapports, le méme être, et alors nous ne pouvons échapper à la contradiction, car nous disons qu'un être, formellement le même être, n'existe pas et existe : la contradiction est flagrante. ; |

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Ou nous disons que l'essence E n'est pas, dans les deux cas, aux deux points de vue, formellement la même : cela revient à dire que, à un premier point de vue l'essence E est l'essence toute seule (essentia nuda), landis que, au : £ second point de vue, l'essence E n'est plus considérée seule, mais soumise à une influence autre que l'essence (essentia qualenus substat influxui extrinseco) : ainsi nous à évitons la contradiction, mais aussi nous affirmons le prin= cipe de causalité. M ro.

Car, si l’essence de E n'a l'existence qu'à la tondition d’être soumise à une influence autre qu’elle-même, l’existence de E dépend nécessairement d’une cause efficiente.

Bref, impossible de nier le principe de causalité sans nier le principe de contradiction : le principe de causalité est. analytique. He LR

Encore une fois, cependant, il s’agit de bien s'entendre. Le principe de causalité n’est pas analytique dans l'accep= lion étroite mise en circulation par Kant. En effet, le

prédicat du principe de causalité : dépendant nécessaire ment d'une cause efficiente n’est pas compris dans le concept essentiel du sujet : être contingent. Celui-ci est un F0 terme absolu, celui-là un terme relatif. Or, un prédicament ne se déduit pas d'un autre prédicament : une relation ne Fes peut se déduire d'une notion absolue et, dès lors, le prins®" 2 cipe dé causalité n’est pas analytique dans l’acception kan* / " tienne du mot. Re SRE Lorsque nous revendiquons pour le principe de causalité le caractère analytique, nous voulons dire qu'il formeune proposilion dont le rapport est par lui-même connaissable, indépendamment de toute considération étrangère aux deux termes de la proposition ; ce rapport est par luimême connaissable, parce qu'il y a entre le prédicat et l'essence du sujet une connexion intrinsèquement nécessaire. < | LÉ RHRISS

Le principe de causalité est donc une proposition nécessaire el connaissable par elle-même, au sens aristotélicien et scolastique de cette expression. FALTPÈESS

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