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que cette assertion ait l'évidence d’un axiome. Nos moyens
de connaître ne nous permettent pas de sortir du sensible
et; dès lors, le suprasensible est, pour nous, Péquivalent de l’inconnaissable. ES Bi ts
Au surplus, et c’est le second argument des positivistes as POSTS ER l'examen de nos connaissances fait voir qu'elles se rédui-
sent toutes, en dernière analyse, à des expériences ue
culières et à des jugements empiriques. LT Enfin, éroisième argument — il est d’Auguste Comte — :
Le progrès de l'esprit humain coïncide avec l’adoption du …
mode de penser positif. L'histoire montre que « le mode e
de penser positif est le propre d'une intelligence arrivée à 2
la plénitude de son développement ». Fe.
125. Réponse au premier argument : La thèse fon- se damentale du positivisme est un postulat inévident. — Le débat que soulève le positivisme se rencontre donc
autour de cetle proposition essentielle : Le sensible A enferme toute la sphère du connaissable : l'homme doit
de par sa nature, ignorer ce qui n'est pas d'ordre empi- LS rique. SHC EE Cette proposition est un postulat que rien ne justifie. Que les premiers matériaux de toutes nos connaissances | nous soient fournis par l'expérience sensible, externe ou interne d’ailleurs, nous sommes loin d’en disconvenir ; nous nous allachons à soutenir la même doctrine en psychologie. | A Mais iln'est pas démontré que ces matériaux doivent |
garder indéfiniment les caractères de parlicularité et de
contingence qu'ils possèdent dans la nature et dans nos perceplions sensibles. Avec Aristote et tous les philosophes médiévaux, il est permis de soutenir que les matériaux
empiriques se trouvent soumis chez nous à une élabora-
tion mentale qui nous les fait voir, à part de leurs caractères individualisateurs, en un état abstrait. Chaque lois que nous nous demandons ce qu’une chose est, xt
éou, selon l'expression célèbre d'Aristote, nous voulons li 0
définir au moyen d’une formule abstraite ; l'être que quel-
Me que chose est, ro té 8ort elvou, est DESSeaRs l'esprit, à le tal | tbsirail. :
Les êtres se rangent en classes, les événements s ‘érigent en lois, les sciences générales da la nature se constituent, parce que l’être abstrait, considéré réflexivement sans ce qui, dans la nature et dun nos sensations, l'individualise, pire . rapportable à une série Ne de sujets qui 2 - où peuvent posséder, sous l'enveloppe de leurs = traits distinctifs, cette nature une que l’espril avait déga- . + .‘gée par traction.
“ L’axiome de la philosophie posilive : le sensible seul peut étre objet de connaissance, implique l'identité de l'être et de l'être corporel. | Or, cette identité n’est point évidente.
En effet, les idées d’éfre et d’éfre corporel n’ont pas une compréhension logique identique : il est évident, au con- ” - rare. que l’attribut corporel ajoute au sujet étre un carac- __ ère que l'être, comme tel, ne renferme pas. : . [y a donc une iutelleihilité qui appartient intrinsèquement à être, indépendamment de lintelligibilité de l être corporel.
- D'ou résulte manifestement cette inférence, que la pos- ; “ihuité intrinsèque d'êtres incorporels n’est pas à récuser priori, au nom de Fanalyse de nos concepts essentiels.
Sans doute, la possibilité intrinsèque d'êtres différents des corps n’est pas davantage affirmable a priori ; car, en
nds PRET À
fait, nos concepts doivent-tout leur contenu positif à l'ex-*
périence sensible, et l'expérience sensible n'atteint et ne peut atteindre que du corporel ; nous ne voyons donc pas la possibilité positive de limmatériel, ni, par conséquent, : sa positive intelligibilité.
Maislonne voit pas davantage l'évidente impossibilité A de l'immatériel, ni, par une suite nécessaire, l’évidente ë impossibilité d'une connaissance hyperempirique. Le débat sur la possibilité ou l'impossibilité de la mélaphysique est tout entier dans celte distinction. Ce débat ne peut être résolu a priori ; il est antiscientique de le trancher d’une négation,
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Notre prétention, à nous qui opposons la métaphysique à l’agnosticisme, est de partir des faits empiriques et de montrer que, sur le terrain même de l’expérience, la contradiction s’impose si l’immatériel n'existe pas.
Or, s'il existe, apparemment il est possible, et les droits
de la métaphysique sont assurés. nr
Le fin de non-recevoir que nous oppose l'agnosticisme positiviste est donc un flagrant déni de Justice.
Quiconque s'offre à fournir les preuves de l'existence dé l’immatériel, et, par voie d’'inférence, de sa possibilité, a le droit d'être écouté. Refuser de lui prêter attention serait du parti pris.
Nous tombons d'accord que l'immatériel n’est connaissable nide la même façon, ni par les mêmes procédés que le matériel ; si donc on se plaît à dire que la façon de se représenter qui convient aux choses matérielles mérite seule le nom de connaissance, évidemment l’immatériel est, par définition, inconnaissable.
Seulement, ce langage est arbitraire FÉ
Mais n’empiétons pas. Notre dessein n’est pas de prendre
ici l'offensive contre l’agnosticisme, mais de faire voir qu'il érige arbitrairement en axiome une affirmation inévidente. Revenons donc à l'examen de l’universalité des connaissances idéales.