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Réponse au deuxième argument : Les notions

idéales — Ilest inexact de dire que les notions idéales

sont des représentations collectives purement sensibles. La conscience atteste qu’il ya en nous des connaissances dont l’objet n’est pas identique à celui des sens ou de l'imagination : la notion d'homme, par exemple, ne se confond point avec la connaissance sensible ou imaginative de el ou {el homme, de Pierre ou de Paul. Cet homme que je vois de mes yeux ou que je me figure imaginative-

ment est lui, Pierre, Paul ; il n’est identifiable avec aucun.

autre. L'homme, au contraire, n’est pas {el homme plutôt

1) Cfr. Origines de la Psychologie contemporaine, 2ne éd,, ch, VII.

que tel autre, Pierre plutôt que Paul, il est Pierre ou Paul ou n'importe quel homme indifféremment.

La notion idéale, c'est-à-dire abstraite, a donc des propriétés objectives opposées à celles du percept et de l’image, et dès lors il y aurait erreur à confondre la première avec les seconds.

Peu importe, d'ailleurs, que les perceptions ou les images soient prises isolément ou collectivement ; car, groupés ou séparés, les objets des sens demeurent toujours empreints de leurs caractères individualisateurs, et sont dés lors inaptes à une généralisation.

La représentation sensible collective, celle d’une foule, par exemple, est simplement la conjonction de plusieurs perceptions ou images indistinctes d'objets semblables sous cerlains aspects, mais différents sous d’autres.

Or, le concept abstrait est attribuable distributivement dans un sens identique, à une multiplicité indéfinie de sujets.

À première vue, il peut sembler qu'il n’est pas impossible d'appliquer une image à une communauté d'objets ; l’image d’un tronc avec des branches, par exemple, semble une représentation unique de divers arbres. Mais il ya là une illusion ; nous prenons pour une image confuse, une succession ininterrompue d'images qui défilent devant l’imagination. I} suffit, en effet, de fixer l'attention sur n'importe quelle image de la série, pour voir émerger ses caractères individualisateurs propres, et saisir du même coup son inaptitude à représenter en son identité plusieurs objets différents !). |

laine a décrit en termes heureux cette différence de caractères de l’image et de l’idée : « Ainsi, dit-il, entre l'image vague et mobile suggérée par le nom et l'extrait précis et fixe noté par le nom, il y a un abîme. — Pour s’en convaincre, que le lecteur considère le mot myriagone et ce qu'il désigne. Un myriagone est un polygone de dix mille côtés. Impossible de l’imaginer, même coloré et

1) Cfr, Psychologie, 3° Partie, chap. I, n. 163.

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