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apparaître, disparaître, sans qu'il cesse d” être par certains côtés ce qu'il est: ces choses qui changent on les appelle des accidents, ce qui demeure a nom une substance ; en Callias se vérifient donc mes concepts de substance et d'accidents. Il agit, m'impressionne : en ses actions se trouve réalisé l’objet de mon concept d'action. :
Toutes ces notes abstraites d’éfre, de substance, d'action sont intrinsèquement unies aux traits individuels qui me servent à distinguer Callias des hommes qui l'entourent ; l'union des premières et des seconds est si intime que, spontanément, il ne me vient même pas à la pensée de les distinguer : spontanément, je serais plutôt enclin à confondre l'objet du concept et celui de la sensation : j'ai besoin de faire un effort d'analyse pour me convaincre, à l'encontre de la thèse matérialiste, qu'il s’accomplit simultanément en moi deux actes cognitifs, dont l’objet matériel est commun mais dont les objets formels sont différents, irréductibles l’un à l’autre !).
«Manifestum est, dit profondément saint Thomas, quod singulare sentitur propric et per se, sed tamen sensus esl quodammodo eliam 1pstus universalis. Cognoscit enim Calliam non solum in quantum est Callias, sed etiam in quantum est hic homo, el similiter Socratem in quantum est hic homo ?). Et exinde est quod tali acceptione sensus praeexistente, anima intellectiva potest considerare hominem in utroque. Si autemita esset quod sensus apprehenderet solum id quod est particularitatis et nullo modo cum hoc apprehenderet universalem LANGUts in particulart,
1) V. une belle page du P. Matiussi, La Scuola catlolica, 1903. Marzo, p. 243.
2) On ne s’est pas fait faute de détacher ces Le lignes de leur contexte original et d’accuser Aristote de sensualisme. Il eût suffi cependant de remonter à l'alinéa précédent pour y trouver le complément de la pensée du Stagirite. Il va de soi, disait-il, que la sensation n’est pas à elle seule la cause suffisante de la connaissance Near (Et principes ; une pareille connaissance suppose évidemment une âme qui soit en état de la recevoir : Tñ à: 97 OTAPYEL TOLMDTN 000
non essel possibile quod ex apprehensione sensus causaretur in nobis cognitio universalis » je
Et ailleurs : « Universalia sunt essentiae ipsorum particularium » ?).
Les lignes suivantes de Schopenhauer semblent écrites pour servir de commentaire à cette doctrine de saint Thomas : « Les choses sont avant tout objets de l’intuition, non de la pensée, et toute connaissance d’une chose est primitivement et en elle-même une perception sensible.
» Toutes les représentations concepluelles tirent leur contenu uniquement des représentations sensibles. Ceuxlà se rendent donc très mal compte du problème de la Connaissance qui le font consister dans les relations entre l’éfre et la pensée : la pensée n'est, en effet, en relation immédiate qu'avec l'intuition, c’est l'intuition qui est en relation avec la réalité... Les concepts, terme immédiat de la pensée, sont manifestement abstraits des sensations : aucun homme sensé ne peut mettre ce fait en doute» 3).
Voilà donc une première preuve de la réalité objective des concepts, — si, bien entendu, nous pouvons établir la réalité objective de nos sensations ; — nous avons conscience que l'intelligence frouve dans les données de l'expérience sensible son objet propre, la quiddité des
vla Güvaollar résyer roro. Paroles profondes que saint Thomas relève en ces termes : « Posset autem aliquis credere quod solus sensus, vel memoria singularium sufficiat ad causandum intelligibilem cognitionem principiorum, sicut PoSuerunt quidam antiqui, non discernentes inter sensum et intellectum ; et ideo ad hoc excludendum Philosophus dicit quod simul cum sensu oportet praesupponere talem naturam animae, quae possit pati hoc, id est, quae sit susceptiva cognitionis universalis, quod quidem fit per intellectum possibilem ; et iterum quae possit agere hoc secundum intellectum agentem, qui facit intelligibilia in actu per abstractionem universalium à singularibus ». Loc. cit., lect. 20.
1) I. Post. Anal., cap. XV.
2) De substantiis separatis, II.
5) Schopenhauer, Die Welt als Wille und Vorstellung ; Von der Erkennbarkeit des Dinges an sich, II, S. 215. Cfr, Volkelt. Erfahrung und Denken, Kap. V ; Hamburg, 1886.
choses ; elle lit, dans l’intérieur du fait, ce que la chose est, selon une expression familière à saint Thomas, qui attribuait à ce pouvoir de lire au dedans, inlus legere, l'étymologie du mot « intellectus ».
24 argument: Nous venons de voir que les notes conceptuelles génériques sont contenues dans les données des sens. L’essence spécifique est composée de notes dont chacune est contenue dans les données sensibles et dont la composition elle-même est continôment dirigée par elles.
La formation d’une essence spécifique est conditionnée par une suite de jugements qui rapportent tous à un même sujet d'expérience sensible les notes successivement abstraites par l'esprit.
Selon Kant, les impressions sensibles que nous éprouvons seraient la cause déterminante d’une fonction unitive de formes a priori (les calégories), avec les impressions éprouvées, et le produit de cette fonction unitive serait une construction phénoménale que nous appelons un objet intelligible, une essence intelligible. Nous pourrions bien, plus tard, décomposer l’objet en ses éléments et apercevoir alors les rapports qui les unissent, mais ce travail d'analyse serait le fruit de la réflexion et ne s’exercerait que sur des produits synthétiques préalablement élaborés. Donc il resterait toujours vrai de dire, que la première liaison des notes qui forment la compréhension d'un objet intelligible serait une œuvre toute subjective de l'esprit, sans aucune assurance que cette liaison se fait en correspondance avec les choses ; en conséquence, les objets intelligibles seraient dépourvus de garantie de réalité objective. La réflexion ne pourrait, du reste, rendre aux conceptions spontanées la valeur réelle qui leur ferait originairement défaut.
Or, cette interprétation dénalure le Rose de la conception de l’objet intelligible.
Certes, la formation d’une essence intelligible est une œuvre synthétique. L'esprit humain, dans ses premières démarches, ne saisit que fragmentairement ce qu’une chose est ; c’est la loi à laquelle le condamne son infir-
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milé native ; l'ajustement de plusieurs notes fragmentaires en’un tout est donc la suite inévitable du mode abstractif
de perception des premiers éléments intelligibles et, par de conséquent, la condition sine quâ non de la cognition d'une
essence.
Mais l'union de deux éléments d’un objet intelligible
présuppose leur comparaison, et cette comparaison engendre un jugement. Or, dans la comparaison se trouve impliquée l'intuition des termes comparés ; dans le jugement, l'intuition deleur compatibilité ou deleur non-compatibilité.
Et comme la synthèse totale d'un objet intelligible n’est que la somme des synthèses partielles de ses éléments, elle est le fruit de comparaisons et de jugements.
Or, qu'est-ce qui détermine l’esprit à opérer ces synthèses
partielles et, finalement, à fe grouper toutes en une synthèse totale ? s re Est-ce une loi subjective de l'esprit ?
Au contraire, c’est l'unité réelle de la chose sensible perçue par les sens extérieurs ou reproduite par le souve-
nir. L'esprit a conscience de se représenter, à l’aide de multiples notes abstraites, une chose qui, dans sa réalité concrèle, est une ; aussi a-t-il conscience qu'il doit les
unifier à nouveau en une même essence pour se former de la réalité une représentation fidèle. C’est donc bien le spectacle de l'unité de la réalité objective qui guide l éspnt |
dans la formation des essences intelligibles. Développons cette démonstration. | Supposons que, en présence d’une personne que je vois, je me forme le concept: un être subsistant, corporel, vivant, sentant, raisonnable. Avant d’unir les deux notes étre, subsistant, jai vu que
ce qui est subsistant est un étre ; avant nie ensuite aux
notes étre subsistant la note corporéité, j'ai compris qu'un corps est une substance et un être ; de même, les notes de vie, de sensitivité, de rationalité se sont révélées compalibles avec celles de corporéité, de subsistence et d'être, avant que ma pensée réunît celles-là à celles-ci.
PR au: DS ES HE EN F0 :