HO KO USAI
nous devons, soit des recueils imitant la Mangoua, soit des illustrations de romans ou d'histoires, et citerons seulement, en passant, quelques artistes qui, sans se rattacher aussi étroitement à Hokousaï que ses élèves directs, dépendent plus ou moins du mouvement qu'il a imprimé : Bumpo qui, dans sa Kangua, a représenté une foule de scènes humoristiques à l'état minuscule ; Bokousen qui, vers 1840, a publié un volume de personnages, dans les poses les plus grotesques et les plus bouffonnes; Matsugawa-Hanzan qui a laissé un recueil de scènes variées du genre de la Mangoua.
Tous ces recueils de dessins sont généralement précédés dîme préface ; chaque volume de la Mangoua et du Fugaku-Hyakukeï a en particulier la sienne. Je m'étais souvent dit que si on en avait la traduction, on v trouverait sans doute d'intéressants
renseignements sur l'art et les artistes japonais. C'était un vain espoir que j'ai dû abandonner lorsque le docteur Anderson m'a eu communiqué les traductions qu'il s'était fait faire de près de quatre-vingts d'entre elles. On ne saurait rien imaginer de plus vide et de plus fastidieux. Les [lettrés japonais ressemblent à leurs confrères d'Europe : la plupart n'ont aucune notion réelle sur les choses d'art et écrivent pour ne rien dire. J'en suis même arrivé à penser que ces introductions n'ont été mises en tête des volumes où elles se trouvent, que comme exemples de calligraphie. On sait, en effet, qu'au Japon une belle écriture est prisée à l'égal d'un beau dessin, et que les calligraphes prennent rang parmi les artistes. Il en est si bien ainsi, qu'à la fin d'une préface, après le nom du lettré qui l'a composée, figure généralement celui du calli graphe qui