‹ Critique de combat (volume 2)Chapitre 9 sur 30 · PÉDAUQUE · texte numérisé non relu

PÉDAUQUE

Aimez-vous le blanc-mançor, les mots délicats et raffinés qui amusent l'estomac sansle nourrir? Aimez-vous les bulles de savon, qui s'irisent si joliment au soleil et qui crèvent sous le doigt dès qu'on veut les saisir ? Aimez-vous les livres où le fond a la consistance d'une pelure d'oignon, et la forme, l'éclat chatoyant d'une soie de nuance fine? Lisez alors le dernier roman que M. Anatole France a publié sous ce titre bizarre : La Rôtisserie de la ^eine Pédauque.

Sachez que la Reine Pédauque, c'est-à-dire la reine aux pieds d'oie, fut l'enseigne d'une rôtis-

supposé conter candi^lemcnt quelques parUcuIatés do son exisloncc.

Imaginez qu'il a pour maître, en la personne de Jérôme Coignard, un de ces abbés, comme il n'en manquai Ipas en ce temps-là, un abbé paillard, ivrogne, voire même tricheur et un peu voleur,

A» demeurant, le meilleur flla du monde,

bon catholique et bon helléniste par dessus le marché.

Supposez que le maître ot l'élèvesont employés comme traducteurs dieu un certain baron d'Astarac, grand cabbalistc et fou profond, Don Quichotte dos sciencesoccultcs, intimement convaincu qu'il communique avec les salamandres, esprits du feu, et avec les sylphes, esprits de l'air.

Figurez-vous qu'un jour les deux amis, compromis dans une débauche oii l'on a presque assommé un traitant, sont obligés de s'enfuir avec un gentiltiomme et une belle juive, sa maîtresse ; qu'en route le bon Jérùmo Coignard est assassiné par un vieux juif, oncle et amant de ladonzclle ; enfin que Tournebroche, aprîis cet incident tra-

giquc^ rentre au bercail et s'élève au rang de libraire dans sa rue natale...

Vous avez là toute la trame du récit et j'essaierais en vain de vous dissimuler qu'elle est assez mince.

C'est pour les aventures, pour le ton et pour la langue (à quelques mots près), un agréable pastiche du roman, tel qu'il fleurissait sous le règne de Louis XV le bien-aimé. L'auteur s'est plu à faire une amusante résurrection de la vie bourgeoise et populaire du vieux Paris.

Laveine gauloise n'y manquopas,naturelle ment. M. France manie même le style polisson avec une aisance qu'on n'aurait pas attendue d'un rédacteur du Temps, Il a retrouvé sans efFort apparent les allures gaillardes d'une époque où l'amour s'appelait la bagatelle.

Il a poussé le respect du passé jusqu'à reproduire en ses personnages des types connus. L'honnête Jacquot fait songer à Candide. L'abbé Coicrnardest cousin de Frère Jean des Entommeures et de Pangloss. Rabelais et Voltaire ont contribué à lui donner sa verve intarissable, sa bonhomie narquoise, sa robuste belle humeur.

Quand je l'entoiuls soutenir qu'un cul-de-ja*te a plus de chances de bonheur qu'un empereur, parce que ses désirs sont plus aisés à satisfaire, je me rappelle ce conte de Voltaire où les envoyés

■ ^UQ argumoQt quoje recommanao enpassant aux avocals de la bourgeoisie, désireux de déinonlrer aux pauvres les avantages do la pauvreté I)

Ailleurs, quand le digne abbé développe celte thèse que ramotirctla faim sont les deux pôles de la vie liumaîiio, je songe à certain cliapilro où il est prouvé que Messcr Gaslcr, vulgairenieiiE oummé l'estomac, est le maître du monde et l'inventeur de tous les métiers.

M. France a voulusans doute nous fournirainsî l'occasion, toujours bienvenue, de nous remémorer d'anciennes connaissances.

Mais, puisqu'il nous fait repenser à Voltaire et & Rabelais, son œuvre ne serait-elle pas, comme les leurs, de celles qui disent plus qu'elles ne semblent dire ? Ne sied il pas do briser i'os, pour en extraire la substantilique moelle?

Opération difficile avec M. Anatole France 1 C'est un fantaisiste, un humoriste, un ironiste. (1 se reprend quand il a feint de se livrer, 11 a des pensées à douille et à triple fond, Jusqu'à quel point est-il sérieux? L'est-il jnèino jamais î

Nul no lo saurait dire, pas même lui peut-être.

Comment prendre sur le fait cette ironie subtile, qui circule, invisible et présente, d'un bout à l'autre de l'ouvrage? On peut affirmer, du moins, qu'elle n'est pas de nature à édifier les âmes pieuses. Ecoutez, par exemple, cette tirade de l'excellent abbé Coignard sur l'utilité de la pénitence in extremis,

« C'est là qu'il faut admirer l'économie de la* religion chrétienne qui fonde principalement le salut sur le repentir. Il est à remarquer que les plus grands saints sont des pénitents, et, comme le repentir se proportionne à la faute, c'est dans les plus grands pécheurs que se trouve l'étoffe des plus grands saints. . . La matière première de la sainteté est la concupiscence, l'incontinence, toutes les impuretés de la chair et de l'esprit. Il importe seulement, après avoir amassé cette matière, de la travailler selon l'art théologique et de la modeler pour ainsi dire en figure de pénitence, ce qui est l'affaire de quelques jours et parfois d'un seul instant, comme il se voit dans le cas de la contrition parfaite. »

Je doute qu'un catholique soit charmé de ce petit commentaire du catéchisme. Mais la raillerie de l'auteur va plus avant, témoin cette démonstration imprévue dé l'existence de Dieu : Un jeune

«ne échelle, une ItotlederoînlQuoilo suite ! quelle ordoonancel quel concours d'Iiarmonies préétablies I quel enchaînement d'effets et do causes I quelle preuve de l'existence deDieu t... Jomo réjouis de pouvoir ajouter celte démonstration profane aux raisons que fournit la théologie et qui sont, d'ailleurs, amplement suflisantes. »

Voyez-vous les irrévérences que M. Anatole Franco coule en douceur d'un air de chattemite ?

A. vous, maintenant, messieurs les- moralistes t Apprenez que la vertu est contre nature. A vous, messieurs les savants t Savez-vous qu'il est impossible de distinguer ce qui est naturel dcco qui ne l'est pas? — « Connaît-on assez l'universelle Isis pour discerner ce qui la seconde ou ce qui la contrarie ? »

Vous me direz que les deux opinions ci-dessus énoncées sont contradictoires. Peu importe ou plutôt tant mieux ! Heurter et briser l'une contre l'autre les opinions est le régal favori du professeur de néant, qu'est de plus on plus M. France.

Gardez VOUS d'ailleurs de vous indigner, de discuter, de vous passionner pour ou contre telle assertion îC*» nni ]k jniix (lo sc'-'olifino, fliverlissements dt' iii.iiiJ.iriii-UinMii.viî — Lc^ jd.c.Sj dit quelque part un des personiiajjes, ne peuvent guère « faire autre chose que d'agréables ^passantes. »

Cela pourrait bien être la devise de Tauteur et aussi la cause pour laquelle son ouvrage n'est que Tombre d'un roman philosophique.

Je Tai comparé tout à l'heure aux romans du xvni" siècle. Il en a le tour aisé, badin, moqueur ; mais qu'il est loin d'en avoir la portée lUn conte de Voltaire ou de Diderot avait un but, une idée maîtresse ; c'était un acte ; il forçait à réfléchir; il combattait un abus, un préjugé, une erreur. On sentait sous les mots une âme ardente,passionnée pour la justice et la vérité.

Ici rien do pareil. C'est dans le même cadre uà esprit tout autre. Une ironie nonchalante, un détachement poli et dédaigneux, un air de dire aux gens : — Si vous saviez comme tout m'est égal I — et même contre l'Eglise, qui paraît seule directement visée, des hardiesses rétrospectives, attardées, trop vieilles aujourd'hui pour avoir besoin d'être voilées.

redoutable fermentation donl va sortir l'avenir sont dévorés d'angoisse ou d'espérance, à tout le moins d'une curiosité infinie. Une foule do questions nouvelles, en toMt cas renouvelées, soUicitont l'attention do l'observateur, convient l'écri- Tain à se lancer dans le bouillonnement do la vîo contemporaine.

M. France paraît ne rien voir, ne rien sentir. Il s'enfuit .du temps présent ; il s'abstrait de ce qui intéresse la multitude inélégante. Il se réfugie dans des époques et dans des sujets où il soit loisible d'arrondir des périodes, de ciseler des phrases, voire même d'aiguiser des épigrammos, sans courir le risque d'exciter un sentiment trop vif, d'éveiller une colère, une indignation, ou encore de toucber à des idées chargées de poudre.

Gomme îl a un gentil brin de plume, il réussit à trousser lestement des anecdotes, à esquisser des scènes humoristiques, à filer de sinueuses conversations, à mélanger, suivant une formule qui est à lui, rénidilion plaisante avec la grâce moqueuse, la naïveté voulue avec un grain d'attondrissement. Je vous le dis, M. France est UD homme heureux !

Il a débuté, vers la fia de TEmpire, parmi les impassibles et les olympiens du Parnasse contemporain. Là régnait sans conteste la théorie de Tart pour l'art, une théorie charmante pour les gouvernants qui craignent l'action dissolvante de la pensée. Il était convenu que la politique, la philosophie même, devaientêtre réservées à des spécialistes. La littérature interdisait de parti pris les problèmes brûlants du moment. Elle se conGnait, comme on a dit d'Alfred de Vigny, dans une espèce de tour d'ivoire, d*oùles profanes devaie U être le plus possible écartés.

M. France en est resté à ses premières amours. Les besoins du public et, j*ose le dire, de Tart luimême ont eu beau changer autour de lui. Il en est toujours aux fantaisies aimables, savamment énîgmatiques et archaïques, aux histoires dénuées, non certes de valeur littéraire, mais d'un sens précis, profond et actuel.

C'est son droit d'écrivain de choisir ses sujets où il lui plait et je ne veux pas le lui contester. Mais je no saurais m'empêcher d'exprimer un regret. M. France a le talent de dire joliment les choses : quel dommage qu'il ne l'emploie pas plus souvent à dire quelque chose I

Septembre 1893.

TH. ZiEGLKR : LA QUESTION SOCIALE

Si nous parlions on peu socialisme I Le socialisme ost à l'ordre du jour: il le sera plus encore cet-hiver. Les bons bourgeois, qui ne lisent rien quo leur journal bien pensant; les gens du monde, qui n'aiment que les romans piincnlcis et les pièces à femmes, sont atteints ilans leur quiétude. Peutêtrc vont-ils se Jiro qu'il serait temps de faire enlin connaissance avec cet inconnu qui fait tant parler de luil

Voici précisément sur la grosso question du jour un livre qui a pour auteur un homme grave, un professeur de pliilosophio à l'Université de

Strasbourg. Il nous est présenté en français pai* un autre professeur de philosophie, M. Palantc. C'est assez rassurant pour les timorés, quoique M. Jaurès ait fortement compromis les professeurs de philosophie en devenant socialiste.

M. Ziegler ne l'est pas. Mais il n'a pas tout à fait échappé à la contagion. Si je voulais préciser la dose de socialisme que contient son œuvre, je vous rappellerais le mot du Normand :

— Pour une année où il y aurait des pommes, il n'y en a pas. Pour une année où il n'y aurait pas de pommes, il y en a.

Il me fait penser encore à une vieille chanson du xviii® siècle. Lise dit à Colin : — Je veux bien t'avouer que tu es le plus gentil berger du hameau; je veux bien te promettre de ne danser qu'avec toi; je veux bien t'accorder un baiser... Mais, Colin, je ne veux pas, je ne veux pas t'ai>mer.

Ainsi, M. Ziegler veut bien reconnaître qu'il existe un mal social d'un\3 profondeur effrayante; que le système actuel est condamnable, parce qu'il obhge les individus à être injustes; que l'idéal serait la défaite de l'individuaUsme égoïste par le socialisme, le triomphe du bien général sur l'intérêt privé.

Il parle en termes très vifs de ces personnes

trouver dans un concert ou dans un café côte à côte avec leur couturière ou lourcoiffeup. 11 a des pages émues sur le droit des pauvres aux jouissances élevées de la vie, sur la trisfe coiiditionoù le travail do l'atelior réduit les fommes et les enfants du poupltî. Il so prononce vertement contre ceux qui croient voir un remède à la misère dans la bienfaisance, mal nécessaire, qui n'est que le palliatif d'un autre mal. En vérité, la moitié du volume pourrait èlre signée d'un socialiste.

Mais dans l'autre moitié, M. Ziegler répète avec énergie en s'adressant aux socialistes de son pays : Non, non, je no veux pas être des vôtres. — Et pourquoi celle répulsion? Parce que leur socialisme est, dit-il, tout extérieur et superliciei; qu'il borne ses vœux à la conquête du bien-être; qu'il ne va pas jusqu'à comprendre qu'une réforme morale et mentale doit être le prélude d'une transformation de la snciélé.

Tenez! M. Pierre Laflilte, le grand prêtre de la petite chapelle positiviste, formulait à Paris, il y a quelques jours, presque dans les mômes termes, une excommunication semblable contre le socialisme.

M. Zieglor, pour eu revenir à lui, a écrit tout

78 GUITIQUE DE COMBAT

son livre pour établir celte vcrito : Améliorez d'abord les hommes, si vous voulez améliorer le régime social.

On ne saurait contester les bonnes intentions de Tauteur, 11 voudrait arriver à une entente entre ouvriers et patrons, à une réconciliation du travail et du capital. Il rêve un souverain qui serait Tinitiatcur dos réformes et, en attendant (comme il ris(]uorait d'attendre longtemps), il insiste sur la nécessité do propager parmi les hommes l'esprit de sacrilîce et de solidarité, condition nécessaire de leur bonheur futur.

Ce n'est pas nous qui lui reprocherons d'attacher une importance extrême à la réforme intérieure, de rendre aux forces morales la part considérable qui leur revient dans l'évolution des choses humaines. Il y a beau temps qu'avec Taccroissement pour tous des jouissances et du bienêtre corporel, avec ladilfusion plus égale et plus large du savoir, nous réclamons le relèvement et l'ennoblissement des consciences.

Pourtant nous avons deux critiques graves à formuler contre l'ouvrage de M. Ziegler.

tains groupes ou dans certains pays, le socialisme ait ou le caractère étroit et sec que lui attribue M. Zioglor, Il se peut que quelque théoricien excessif, comme il s'en trouve dans toute école, lui ait donné pour but unique le bien matériel de riiumanité ou encore ait restreint à tort le nom de travailleurs aux travailleurs manuels.

Mais il n'y a point de pape infaillible du socialisme ; point do Bible, où ses doctrines soient pétrifiées, cristallisées en dogmes immuables. Elles évoluent comme tout ce qui vit. Elles se corrigent, se complètent, se perfectionnent chemin faisant. Elles se modilient, suivant l'esprit de chaque génération, suivant le génie de chaque peuple.

. Or, M. Ziegler ne semble pas se douter des n mues intellectuelles » par où a passé le socialisme; ce moraliste bien intentionné est enmôme temps un historien mal informé.

Je no suis pas du tout certain que l'esprit social, l'esprit do justice et de fraternité, manque au socialisme allemand autant que le prétend le professeur de Strasbourg. Maïs je suis bien certain que le socialisme français, fidèle à son origine ol à ses traditions, no sépare pas dans ses

espérances ramélioratioa morale et ramélioratioa matérielle des sociétés humaines.

Par malheur, M. Ziegler passe absolument sous silence le socialisme français. Je me trompe : il cite une fois le Germinal de Zola, et c'est tout. Il n'a pas l'air de soupçonner que de ce coté-ci des Vosges des penseurs socialistes ont, avant lui et aussi nettement que lui, mis en lumière la nécessité de refondre les cœurs, et les intelligences autant que les institutions.

Est-ce de sa part dédain, légèreté, excès de chau* vinismc ou simplement défaut d'information? Je pencherais pour cette dernière hypothèse et je dirais même volontiers que la faute de cette omission ne doit pas lui être imputée tout entière.

Je la mettrais en partie au compte de la critique française, qui n'a pas rempli son premier devoir de vulgarisatrice. Supposez que M. Ziegler ait lu la Reoiie des DeuxMondeSy le Temps, les Débats, et c'est là ce qu'on lit le plus à l'étranger, quand on veut être renseigné sur la Franco pensante. Ajoutez-y, si vous le voulez, le Journal des économistes. Croyez-vous qu'il ait pu d'après cela se représenter le mouvement d'idées si intense qui ai^ite les profondeurs du monde socialiste? Ce mouvement-là, les grands seigneurs de la presse bourgeoise ont daigné parfois le railler et le déna-

patait être un homme de bonne foi : Feuilletez donc seulement la collection de la Bévue socialiste; vous aurez la surprise, et, je l'espère pour vous, le plaisir d'y retrouver exprimés à chaque numéro les principes et les sentiments qui soutchera à votre âme de moraliste.

L'autre critique que Je lui adresserai porte sur la thèse même qu'il soutient.

M, Ziegler reproche aux socialistes de dire : Transformons le régime social et nous transformerons du même coup l'humanilé. Et, renversant la proposition, il écrit à son tour : Transformez d'abord l'humanité et vous transformerez le régime social.

N'en déplaise à l'honorable professeur, les doux afiirmations me semblent également justes... et incomplètes. Il faut non les opposer, mais les réunir et les corriger l'une par l'autre.

Le changement moral est tour à tour effet et caiiso du changement social, et par suite, comme on dit en géométrie, la réciprotfue est vraie.

La Révolution française, pour ne prendre qu'un

exemple, fut précédée d'une longue métamorphose des croyances et des mœurs. La Révolution accomplie eut, en revanche, pour résultats d'innombrables changements dans les coutumes, dans lès idées, voire même dans les goûts littéraires et artistiques.

Tantôt l'homme s'adapte au milieu social où il vit : tantôt il Tadapte à ses besoins ou à son idéal. Il y a ainsi dans l'évolution humaine une série de modifications qui vont et viennent de son entourage à l'homme et de l'homme à son entourage. Il faut être aujourd'hui par trop simpliste pour constater les unes sans apercevoir les autres.

Quant à savoir lesquelles sont logiquement antérieures, c'est l'éternelle question jadis débattue dans les écoles : L'œuf naît-il de la poule ou bien la poule de l'œuf?

M. Ziegler, par réaction contre ceux qui ont vu surtout l'influence du dehors sur le dedans, ne voit plus guère que l'influence du dedans sur le dehors. C'est cette vue exclusive que je condamne.

S'il a raison dans son affirmation, les socialistes n'ont pas tort dans la leur. Et je puis résumer ainsi ma critique : Oui, la question sociale est une question morale; mais elle n'est pas seideme U une question morale ; elle est aussi une question d'or-

en plus entre los membres de I4 société les chances du développement intégral 1

Ces réserves laites, le livre de M. Ziegler peut rendre un double service. Aux bourgeois, qui s'atrêtent effarouchés au bord du socialisme, il offre des théories qui contiennent déjà beaucoup de la chose sans arborer le nom. Aux socialistes, qui pourraient se croire en possession d'un système définitif et parfait, il rappelle le danger qu'il y aurait peur eux à s'enfermer dans des formules trop étroites et trop rigides.

Septembre 1893,

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